dimanche 20 novembre 2022

LIVE REPORT : The Cure live à la Halle Tony Garnier de Lyon 07.11.22



Lyon … première date française de la Lost World Tour 2022, la tournée de The Cure. Nous ne pouvions manquer ces retrouvailles avec l’un des groupes les plus emblématiques des années 80, mais qui a su perdurer avec brio jusqu’à aujourd’hui, distillant son style de musique si particulier sans faiblir. Souvenez-vous, leur dernier passage en France était à Rock en Seine en 2019, un concert inoubliable pendant lequel Robert Smith avait semblé réaliser l’importance de l’amour de son public français. Ce qui l’a probablement convaincu de programmer pas moins de 8 dates en France pour cette après pandémie. Souvenez-vous aussi, en 2021, de cette annonce terrible de Simon Gallup de quitter le groupe. Heureusement les choses sont rentrées dans l’ordre depuis. Heureusement, oui, car The Cure aurait perdu, avec le départ du bassiste, un de ses piliers les plus emblématiques. Donc tout va bien et c’est donc d’un pas léger, et pressé, que nous investissons la Halle Tony Garnier de Lyon. Dans la configuration de ce soir, il y a une fosse or, et bien que ce ne soit pas trop notre tasse de thé, on l’apprécie car cela nous permet de nous installer à la barrière sur le côté droit de la scène.




La première partie est assurée par les écossais de The Twilight Sad qui nous offrent un très bon set malgré un début perturbé par le malaise d’un des spectateurs. Le chanteur, James Graham, demandant avec son accent écossais à la sécurité d’intervenir, tout en continuant de chanter le premier titre de leur set de 45 min. Oui on ne fait pas dans la demi-mesure ce soir, la soirée va durer jusque près de minuit ! 




C’est donc un peu après 21h, que le groupe arrive sur scène sous les acclamations du public. Robert Smith arrive en dernier et avant de se mettre en place derrière son micro, arpente le bord de la scène d’un côté à l’autre, faisant face au public en le saluant. Il semble content d’être là et d’être accueilli si chaleureusement. Quelqu’un lui offre une petite peluche qu’il pose délicatement sur la scène. Pendant ce temps les autres musiciens ont entamé le premier titre du concert « Alone », un des nouveaux morceaux du futur prochain album. Après cet instrumental de plusieurs minutes, Robert Smith commence à chanter, et sa voix est claire, elle a toujours cette intonation d’adolescent. Le temps n’a visiblement pas d’emprise sur la voix de Robert Smith et c’est tant mieux. Et le groupe nous emmène donc dans son voyage musical de plus de 2h35. Et après la nouveauté, une des valeurs sûres du groupe avec « A Picture of You » qui emporte tous les suffrages. Puis retour au milieu des années 80, en pleine New Wave, avec « Shake Dog Shake », suivi de « A Night Like This ». Et malgré les années, ces titres continuent de nous transporter dans cet univers si particulier des The Cure. Nous n’avons plus physiquement le look gothique, mais dans la tête, l’esprit de ces années reste bien ancré. Un pur plaisir donc, d’autant que l’interprétation actuelle est parfaite. Retour à l’album « Disintegration », une de leurs meilleurs albums il est vrai, avec la superbe « Lovesong » dont on ne se lasse pas. Après ce retour à cette demi-décennie 80s, un saut dans les œuvres actuelles du groupe avec un nouveau titre, encore une fois très beau, « And Nothing Is Forever » avec une belle et longue introduction instrumentale, pendant laquelle Robert Smith fait un peu le chef d’orchestre. C’est ensuite le feu, enfin à la sauce The Cure bien sûr, avec «39 » et « Burn » dans une ambiance rougeoyante. J’en profite pour souligner, qu’outre le son impeccable que nous offrent les musiciens et les techniciens de la tournée, les light shows et les visuels sont eux aussi à la hauteur, mettant sans cesse en perspective la musique, le spectacle est complet. Simon Gallup, le bassiste, sautille moins que lors du dernier Rock en Seine, mais sa promène comme à son habitude sur la scène. Et il a aussi quelques rapprochements touchants, et rassurants pour l’avenir, avec Robert Smith, les relations semblent au beau fixe !





Nous avons ensuite droit à un retour aux sources avec « The Hanging Garden », « Push » et surtout un « Play For Today » sur laquelle le public chante la ligne de synthé avec ferveur, faisant esquisser un sourire à Robert Smith. Superbe moment de communion d’un public avec son groupe favori ! On enchaîne alors avec ce qu’on pourrait presque appeler LE HIT, en tout cas c’est le mien mais je ne suis pas le seul visiblement vu l’engouement du public, « The Forest ». Et là ça sautille dans tous les sens ! C’est fou comme certaines chansons semblent intemporelles et suscitent des années après leur sortie, toujours autant de plaisir et d’émotion. Quelques accords, une ligne de basse sobre, épurée, une ligne de chant imparable… la simplicité et pourtant tant de richesse musicale ! On ne va pas raconter tout le concert, titre après titre, même si on a envie de parler de chacun d’entre eux, mais rappelons-nous qu’il a duré plus de 2h30.  Mais le set continue sur cette belle lancée, jusqu’au titre de fin de set, qui porte bien son nom d’ailleurs, « Endsong ». C’est encore un nouveau titre, peut-être du prochain album, et c’est encore une réussite, un titre un peu planant, avec une guitare extra distillée par Reeves Gabrels.




Le premier rappel, car il y en aura deux, est consacré à « Pornography » sauf le premier titre. Robert Smith nous explique que cela devient compliqué de constituer les setlists, car ils ont tellement de chansons qu’ils aimeraient jouer que c’est toujours une torture pour l’esprit. Mais il a choisi de débuter par une nouvelle chanson, « I Can Never Say Goodbye », dédiée à son frère décédé en 2019. Et en effet le tempo est lent, la partie de piano est simple et très belle, la ligne de basse de Gallup entêtante, les solos déchirants de Gabrels, et la voix tourmentée de Robert Smith qui nous envoie ses émotions en pleine face… ça vous retourne ! Le second rappel voit débouler les hits du groupe (bon les titres précédents l’étaient aussi pour beaucoup d’entre eux). Robert Smith les introduit en expliquant que c’est pour lui étrange d’interpréter de vieux titres écrits il y a quarante ans, et de penser à l’homme qu’il était à cette époque qui ne pensait pas qu’il pourrait encore les jouer à l’âge qu’il a aujourd’hui. Il s’interromps finalement ayant du mal à exprimer réellement le sentiment qui l’envahit. Et ce n’est pas moins de sept titres qui s’enchaînent pour ce second rappel, excusez du peu ! C’est bien évidemment encore plus le délire dans la fosse ce dernier round étant certainement le plus pop du show de ce soir (voir la liste dans la setlist plus bas). Robert Smith a pour l’occasion dégainé sa fameuse guitare acoustique à étoile. Le concert se termine bien sûr sur « Boys Don’t Cry ». Les musiciens quittent la scène sous l’ovation du public, mais Robert Smith joue un peu les prolongations en arpentant la scène pour saluer le public. Il reprendra le micro pour remercier encore et encore, visiblement touché par l’accueil chaleureux du public lyonnais, il semble ne pas vouloir quitter la scène. Il nous dit merci, et au revoir, mais surtout il ajoute un « see you again » qui nous met en joie, The Cure ça continue ! Mais pour ce soir, c’est terminé, les 2h40 de show sont passées sans qu’on s’en rende compte. Ce premier concert de la tournée sur le sol français est incontestablement une réussite, The Cure nous aura encore une fois embarqué dans leur univers si particulier avec un set impeccable musicalement parlant, une scénographie magnifique, et une émotion réelle, un vrai partage entre les musiciens et le public. On en redemande !





Setlist :


Alone

Pictures of You

Shake Dog Shake

A Night Like This

Lovesong

And Nothing Is Forever

39

Burn

The Hanging Garden

Push

Play for Today

A Forest

Want

The Hungry Ghost

From the Edge of the Deep Green Sea

Endsong


Rappel 1:


I Can Never Say Goodbye

Cold

A Strange Day

One Hundred Years


Rappel 2:


Lullaby

The Walk

Friday I'm in Love

Close to Me

In Between Days

Just Like Heaven

Boys Don't Cry



Jean-O de RAN

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