mardi 18 octobre 2022

[INTERVIEW] Edelweiss : "Ces dernières années ont été mouvementées, autant individuellement que collectivement"



Mais que se passe t'il en 20 ans? Pas mal de choses vous allez me dire. Mais 20 ans, c'est le temps qu'il aura fallu au groupe Edelweiss pour renaître de ses cendres et gagner en maturité et revenir avec 2 nouveaux titres et 2 concerts donnés cette année dans la ville de Reims. Entretien exclusif avec le quintette pour cette première interview en 20 ans.


Salut Edelweiss, comment allez-vous ? 

EDW : Ça va bien et toi ? Merci déjà pour ta demande, on ne s'attendait pas trop à être interviewés de suite à notre reformation, ça nous fait bien plaisir.

Le projet vient de renaître après 20 ans de silence. Qu'est-ce qui vous a donné l'envie de remonter le groupe après tout ce temps et que s'est-il passé pendant ces 20 années ? Était-ce un besoin collectif de remonter le groupe ou est-ce que l'un d'entre vous a dit : "Hey, et si on remontait le groupe ?"

Phil : C'était comme une histoire d'amour pas finie.

Jool : Pendant 20 ans, il y a en a qui ont fondé des familles, d'autres qui ont fait des projets musicaux hors métal. Mais l'envie a toujours été présente en fait, quand on se revoyait de temps à autres, on discutait toujours des compositions de malade qu'on jouait à l'époque. Nico a toujours été dans la composition depuis, et de temps en temps on recevait une petite musique à écouter avec une bonne tarte à chaque fois.

Nico: De remonter le groupe, c'est d'être restés sur notre faim après une rupture rapide du groupe en 2001. Ça a repris d'un coup avec une discussion entre Ju et moi puis on a sollicité les autres exactement comme ça "Hey, et si on remontait le groupe ?"

Phil : Moi j'ai pas eu le choix.

Ju: Je suis revenu de Los Angelès en lâchant tous mes projets death metal de Floride ... .  Et Nicolas Toury est devenu Gérard Tappa, oui, le seul membre qui n'est pas le même qu'à l'origine du groupe.




Comment se sont passées les retrouvailles et les premières répétitions ?

Ju : Beaucoup d'envie de se retrouver.

Nico : Déjà engagé avec des compositions à travailler, et ça s'est trouvé dans cette période de pandémie qui nous a libéré du temps aussi.

Jool : On a pu rejuger du travail à faire aussi pour se remettre dedans.

Phil : Bien excité de repartir dans l'aventure avec les potes.

Vous avez donné 2 concerts sur Reims depuis le début d'année. Comment ça c'est passé après toutes ces années ? L'énergie du groupe était-elle la même qu'il y a 20 ans ?

Nico : La grosse patate de remonter sur scène avec ce groupe 20 ans après, beaucoup de monde et un peu d'appréhension quand même. On sent tout de même qu'on a eu besoin de se roder un peu, ce qu'on a tout de suite ressentis sur le deuxième concert d'ailleurs.

Jool : Des automatismes qui reviennent sur les relations entre chacun en live, des regards et des attitudes aussi.

Ju : Et notre premier concert avec Mortuary, c'est pas rien de faire la première partie d'un groupe comme ça. 

EDW : Ça nous a fait vraiment plaisir d'avoir été soutenus comme ça par le public, nos amis et nos proches pour cette première prestation, Un gros merci au passage.

Nico : D'autant qu'on a revu des tronches qu'on n'avait pas vues depuis 20 ans pour certains, les mêmes qu'on voyait au Tigre à l'époque.


D'gé, Phil et Nico sur la scène des Outlanders de Reims, mars 2022.

Vous avez enregistré plusieurs titres au début de l'année dans le cadre de la sortie d'un ep. Comment se sont passées les sessions d'enregistrement, le mix et le mastering alors ? 

EDW : Nous faisions de l'autoproduction avec nos moyens de l'époque, qui n'était pas non plus un poste cassette au milieu du groupe ...mais c'est sûr qu'il a fallu tout réapprendre pour les conditions actuelles, notamment la préparation primordiale à 120% et la durée d'enregistrement qui peut vite coûter très cher. Y a eu du bon et des bonnes surprises, et d'autres moments plus difficiles qui nous serviront pour l'enregistrement de notre futur support.




Comment se passe la composition d'un titre chez Edelweiss ? 

Nico : Chacun travaille dans son coin sur les propositions de composition que je fournis et ça permet d'arriver en répétition avec le plus gros du travail fait. Cette méthode tient surtout du fait de la distance de chacun qui fait qu'on ne peut pas se rendre disponible chaque semaine. C'est le gros point positif de l'évolution musicale par internet ; sans ça on n'aurait jamais pu renaître.

Phil  : La structure est là et je pose le chant par dessus.

EDW : Il n'y a pas de contraintes à tenir non plus sur les compositions fournies, on respecte la structure dans un premier temps, on joue suivant nos capacités respectives, et en répétition physique, on ajuste pour que ça le fasse. On gagne beaucoup de temps aussi comme ça.


Fin des sessions d'enregistrement au studio Le Chalet de Reims, janvier 2022.

On sent quand même avec les 2 premiers titres disponibles sur votre Bandcamp que vous venez des années 90's avec "un son à l'ancienne". Est-ce important pour vous d'avoir un son "particulier" comparé aux groupes de métal actuels ? 

EDW : Pour être transparents, on a bien été surpris du son de cet enregistrement, on s'attendait à quelque chose de plus moderne et énorme, et on s'est retrouvé avec un produit très intéressant qui reflétait notre état d'avancement avec la reprise du groupe. 

Phil : Disons que notre son nous donne un côté plus garage comparé aux sons actuels. Le son s'est énormément professionnalisé et est devenu très accessible à condition de connaître la recette.  

Ju : On s'aperçoit aussi de cette évolution en concert : c'est vrai qu'avant tu jouais dans un bar , tu déposais le matos, la balance entre nous , à la limite un peu de reprise de grosse caisse et ça allait. Aujourd'hui c'est plus contraignant sur la propreté de ce qui sort si tu veux être à la hauteur, et du matériel, et de l'humain à engager pour y arriver.

Nico : C'est vrai que le matériel a bien évolué aussi pour les amplis et les effets , il nous faut réapprendre de ce côté là aussi et sans se dénaturer non plus car on est bien fan de ces années métal 90's.

Ça doit changer des démos que l'on enregistrait il y a 20 ans avec le poste placé au milieu du groupe ? 

EDW : Ça n'a pas été évident pour nous, c'était la première fois que Edelweiss allait en studio pro. 





On sait très bien qu'un groupe de métal ne va pas écrire et chanter des chansons sur des sardines dans une boîte de conserve. Quels sont les termes abordés dans vos compos, et sous quels angles vous les abordés ?

Phil : L'humain et ses contradictions avant tout. 

EDW : Il y a de l'imaginaire, du ressenti et du vécu...Ces dernières années ont été mouvementées, autant individuellement que collectivement. Du coup c'est une matière première qui alimente assez facilement les textes qui sont une espèce d'exutoire à tout ce bordel. Mais dans le désordre, on va retrouver de joyeuses thématiques comme la perte, l'absence, les conflits intérieurs, la dépendance, le totalitarisme…Pour les détails, faudra lire les paroles !

Pour vous, quel est le but d'un groupe de métal en général ? 

EDW : Prendre du plaisir avant tout et partager les émotions avec le public, on kiffe trop monter sur scène, c'est vraiment notre but premier; la scène c'est trop bon !


Ju derrière ses fûts lors du concert chez les Outlanders de Reims, mars 2022.

Quels sont vos projets à venir ?

EDW : On travaille nos compositions pour finir notre set , et faire du concert en 2023.  On cherche des dates pour l'an prochain, c'est vraiment notre but premier. On a déjà sorti notre merch en DIY (T-shirts, hoodies, sérigraphies...on aime être autonomes sur ce point.), donc idéalement on aimerait finir l'année 2023  avec un enregistrement sur les compositions arrivées à maturation avec ces concerts. Nous avons une dizaine de compositions à déposer.

J'ai posé cette question aux membres de Nebulizar (autre groupe de métal originaire de la Marne,  interview à retrouver ici ), quelle différence il y a entre le bon et le mauvais métal alors ?

EDW : Le bon métal, c'est pas dur (enfin si un peu quand même), c'est quand tu écoutes du Edelweiss pardi ! Blague à part, c'est trop subjectif comme question, car évidemment chacun est libre d'aimer ce qu'il veut. Peut-être que le meilleur métal est celui qui te procure le plus d'émotions, comme pour n'importe quel style de musique ou d'autres formes d'arts.


Merci Edelweiss d'avoir répondu à cette interview.


De gauche à droite : Phil (Chant), Ju (batterie), Jool (basse), Nico (guitare) et D'gé (guitare)




Retrouvez Edelweiss sur : 




Gian, octobre 2022.

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