dimanche 5 juin 2022

LIVE REPORT: PETER HOOK & THE LIGHT au Bataclan le 25 mai 2022

 

Crédit photo Jean O Rock Alternative News

Peter Hook, l’emblématique bassiste des groupes Joy Division et New Order, avait choisi le Bataclan pour le concert parisien de sa tournée « Joy Division A Celebration ». Une tournée qui est passée par douze villes en France tout de même. Nous ne savons pas trop à quoi nous attendre. Nous avions comme souvenir, le concert de Peter Hook & The Light de janvier 2019 à La Clef à Saint Germain en Laye, avec un Peter Hook généreux mais un peu enrobé, qui soufflait un peu pendant le set. Ceci étant nous avions passé une bonne soirée. Notre attente pour ce nouveau concert n’allait donc pas au-delà du plaisir de revoir le sympathique Hooky. Mais nous aurions dû imaginer que le choix de la salle n’était pas innocent et Peter Hook et ses compères avaient bien l’intention de se donner à fond pour ce concert.

Crédit photo Jean O Rock Alternative News

En première partie, c’est un groupe anglais, dont le leader vient de Salford près de Manchester, qui ouvre la séance. Et qui le fait de la plus belle manière en faisant une très belle reprise de « Ceremony », le titre charnière entre Joy Division et New Order. Peter Hook & The Light, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, enchaîne alors 5 titres de New Order, première surprise, sans « Blue Monday ». Vous l’aurez compris, ce sont les titres de New Order qui feront office de première partie, le reste du concert étant dévolu aux chansons de Joy Division. Hooky a l’air en forme, il a dû se remettre au sport, il est sharp aujourd’hui et affiche une belle vigueur. Après ces 6 premières chansons, le groupe se retire pour un petit quart d’heure, puis revient et entame un « Atmosphère » des plus atmosphériques pour nous mettre complètement dans l’ambiance. Car l’heure est maintenant à la célébration de Joy Division, après la petite mise en bouche avec New Order. Ce n’est un secret pour personne, Peter Hook est aujourd’hui plus intéressé par la période Joy Division que New Order. C’est l’intégralité de « Unknown Pleasure » qui suit donc cette mise en condition. Et tous les titres sont là pour mettre le public en joie. C’est d’ailleurs le cas ce soir. L’enthousiasme du public croit de façon exponentielle au fur et à mesure que le set se déroule. Et c’est communicatif, Peter Hook et ses acolytes sont en grande forme ce soir et font montre du même enthousiasme que le public. Peter Hook parade avec sa basse, la brandit régulièrement comme l’arme fatale d’un post-punk dont il fut un des premiers créateurs. Comme il a repris le chant, et que celui-ci n’est pas forcément son point fort ce qui le force à se concentrer dessus, Peter Hook ne joue pas toujours de son instrument. Il est secondé par Jack Bates qui n’est autre que son fils. Cependant dès qu’il prend son instrument en main, on reconnaît tout de suite sa patte si caractéristique. Après nous avoir enchantés avec les chansons si emblématiques de l’album « Unknown Pleasures », un nouveau break nous permet d’échanger nos premières impressions de ce concert avec nos voisins. Nous sommes tous d’accord que nous avons tous un plaisir fou à réécouter ces fabuleux titres qui avaient sonné la transition du punk rock vers ce que nous appelons aujourd’hui le post punk. Peter Hook et ses Light nous offre le plaisir coupable de la nostalgie pour les plus anciens, et du rêve d’une époque qu’ils n’ont pas connue pour les plus jeunes. Car le public est bigarré, rassemblant nombre de personnes aux cheveux gris, des quarantenaires, des trentenaires, mais aussi de jeunes adultes arborant les T-Shirts Joy Division, ce qui montre bien le regain d’intérêt depuis une quinzaine d’année pour les groupes pionniers du post punk.

Crédit photo Jean O Rock Alternative News

Le retour sur scène du groupe commence par la lecture d’un message de Peter Hook qui rend un vibrant hommage à Ian Curtis, le chanteur de Joy Division, disparu il y presque tout juste 42 ans, mais aussi aux victimes du Bataclan il y a plus de six ans. Le message de Peter souligne avec justesse qu’il est heureux de constater que ces événements terribles ont fait place à la joie et le plaisir retrouvé de la musique dans cette salle mythique. Et cette fois-ci, pour cette 3ième partie de concert, c’est au tour de l’album « Closer » d’être joué en intégralité. Et ce sont à nouveau de superbes interprétations que Peter Hook & The Light offre à une assemblée totalement conquise. Peter Hook met tout son cœur et son énergie à relever le défi de combler l’absence de Ian Curtis. C’est vrai qu’on aimerait que celui-ci soit parmi nous au Bataclan, car il est tout de même irremplaçable. Mais le groupe s’en sort finalement très bien. Petite déception cependant, sur « Passover » Peter Hook ne joue pas de basse 6 cordes comme sur l’enregistrement. Il ne joue pas du tout d’ailleurs, laissant Jack Bates assurer l’intégralité des riffs de basse. C’est pourtant un des titres préférés de Peter Hook… Après le dernier titre « Decades », un des meilleurs de Joy Division même s’il n’est pas le plus joyeux, joué avec une présence beaucoup plus importante de la guitare ce qui n’est pas désagréable, au contraire cela rejoute encore plus de puissance au morceau, le groupe quitte de nouveau la scène.


Crédit photo Jean O Rock Alternative News

C’est maintenant le rappel. Et Peter décide de nous offrir un final aux accents punks, en nous servant les premiers morceaux de Joy Division, comme « Failures », titre résolument punk. Il faut dire que Peter Hook aux débuts de Joy Division ne jurait que par des titres rapides et joué fort, dans la plus pure tradition punk. C’est Martin Hannett, l’ingénieur du son, et Ian Curtis qui avaient apporté le son plus « trafiqué » qui fera le succès des deux albums de Joy Division. Depuis Peter a reconnu le génie et l’intérêt de ces mixages. Mais là, on le sent heureux de reprendre les titres plus crus de leurs débuts. Second titre emblématique de cette période, le controversé (à l’époque) « Warsaw » qui commence par « 3 5 0 1 2 5 Go ! » le matricule donné à Rudolf Hess (!). C’est bien sûr l’ébullition dans la fosse où les pogos vont bon train. C’est ensuite « Transmission » le premier succès de Joy Division, puis « Love Will Tear Us Apart », le dernier succès qui vont clore la soirée de 2h20 tout de même. Les regards des spectateurs se croisent et sans se parler, tout le monde est unanime, Peter Hook & The Light viennent de nous faire revivre des moments, certes nostalgiques, mais tellement bons ! Carton plein, Hooky, avec cette tournée ! L’hommage a été à la hauteur, et a dépassé les attentes que nous pouvions avoir. Et dire qu’on avait un peu hésité à revenir… les regrets auraient été de ne pas être venus !


Crédit photo Jean O Rock Alternative News

Setlist:

1. Ceremony

2. Age of Consent

3. Regret

4. True Faith

5. Crystal

6. Temptation

Part 1

7. Atmosphere

8. Disorder

9. Day of the Lords

10. Candidate

11. Insight

12. New Dawn Fades

13. She's Lost Control

14. Shadowplay

15. Wilderness

16. Interzone

17. I Remember Nothing

Part 2

18. Atrocity Exhibition

19. Isolation

20. Passover

21. Colony

22. A Means to an End

23. Heart and Soul

24. Twenty Four Hours

25. The Eternal

26. Decades

Rappel:

27. Failures

28. Warsaw

29. Transmission

30. Love Will Tear Us Apart

 


Jean O - Rock Alternative News



jeudi 26 mai 2022

LIVE REPORT : FOALS au Zénith de Paris le 16 mai 2022

 



En prenant le ticket dans la pile de billets de concert en attente, on réalise avec stupeur que ce concert que nous nous apprêtons à aller voir, était prévu il y a plus de 2 ans. Les derniers concerts de Foals à Paris, au Bataclan et à Rock en Seine en 2019, avaient été exceptionnels. On espérait bien que le groupe n’ait pas perdu de son énergie avec ces deux années chaotiques en termes de concerts. Nous arrivons un peu en avance et constatons que la file d’attente n’est pas très importante. Il semble que la pandémie ait tout de même réfréné l’ardeur du public. Le Zénith n’est pas complet ce soir…

En première partie nous découvrons le jeune groupe anglais de Brighton qui ouvre la séance, Egyptian Blue. Le son là où nous sommes placés n’est pas très bon, le volume des voix pas assez fort, sans doute un problème de balances, ce qui ne nous permet pas d’apprécier le groupe à sa juste valeur. En effet celui-ci a l’air intéressant et le set nous donne tout de même envie de faire plus ample connaissance avec la musique du quatuor britannique. A suivre donc…



21 h approche et le public commence à s’impatienter. On remarque que la scène est légèrement surélevée : sur la scène originale du Zénith, est installée une autre scène d’une cinquantaine de centimètres, probablement pour le light show se dit-on. La suite nous donnera raison. Le groupe arrive sur scène sous les acclamations du public qui semble vouloir se dépenser sans compter ce soir. Yannis Philippakis, le leader et chanteur du groupe, nous confirme sa joie et son plaisir de retrouver Paris après deux années d’attente. Du coup, le concert commence sur les chapeaux de roue, Yannis se donne à fond et, dès le second titre, il est totalement en sueur. C’est le signe que le concert va être réussi normalement ! Et les musiciens, Yannis en tête, ne vont pas ménager leurs efforts, délivrant un set d’une incroyable énergie.



Le public est lui aussi à fond, ne boudant pas son plaisir à retrouver ce groupe qui ne déçoit décidément jamais sur scène. La setlist propose des titres du dernier album en date comme « 2am » gorgée d’énergie positive et fantastiquement entraînante malgré les paroles, des titres de l’excellent double opus précédent « Everything Not Saved Will Be Lost », et des titres des premiers albums, y compris le tout premier comme « Olympic Airways » et « Two Steps, Twice » qui clôturera le concert. Une setlist destinée à mettre le Zénith en transe à n’en pas douter. Et c’est plutôt réussi, le public saute, chante, fait des circle pits, se donne à fond. Il faut dire que tout au long du set, Yannis et ses comparses ne seront pas en reste et donneront tout. Ce qui manque en ce début de concert, c’est que Yannis vienne au contact du public.



C’est enfin le cas après une bonne moitié du concert, alors que souvent c’est dès le second titre. Mais Yannis nous fait le plaisir de descendre de scène et se déplace dans la zone de sécurité entre la barrière et la scène, pour checker avec le public et tenter parfois une petite percée au sein de celui-ci, chose pas très aisée ce soir ! Pas de crowd-surfing cependant de la part de Yannis, mais ce n’est pas grave, son énergie communicative est suffisante pour mettre la salle du Zénith en surchauffe. Après quatorze titres et un rappel de trois chansons, le concert s’achève, et le groupe remercie chaleureusement le public. Les musiciens quittent la scène, mais Yannis reste seul avec sa guitare, il semble ne pas avoir envie de partir. Après quelques petits riffs supplémentaires, il pose sa guitare, vient remercier le public une dernière fois et s’éclipse derrière la scène. Nous sommes tous en sueur, heureux d’avoir passés une soirée mémorable, comme les musiciens ont eu l’air heureux aussi d’ailleurs de retrouver le public parisien. Nous voilà rassurés, Foals n’a en rien perdu de son aura et de son énergie en concert, malgré ces deux années compliquées. Je dirais même que le plaisir d’être sur scène semble encore plus grand. A la prochaine Foals, car finalement on ne se lasse pas de vos concerts !



Setlist :

1.       Wake Me Up

2.       The Runner

3.       Mountain at My Gates

4.       2am

5.       Olympic Airways

6.       My Number

7.       Black Gold

8.       Life Is Yours

9.       In Degrees

10.   2001

11.   Late Night

12.   Spanish Sahara

13.   Providence

14.   Inhaler

Rappel:

15.   Black Bull

16.   What Went Down

17.   Two Steps, Twice

  

Jean-O  de Rock Alternative News


dimanche 13 février 2022

[INTERVIEW] : Grunge Pop Records ... the grunge revival is coming.


When we mention the name of Seattle we immediately think of this grunge scene from the late '80s to the mid' 90s with bands like Nirvana, Soundgarden, Mudhoney, Tad, Melvins and many more. Since the mid-90s and especially since the disappearance of Kurt Cobain, the eyes and especially the ears of the whole world have turned to other countries where new musical waves emerged such as England and its Britpop or California and its Indie-Hipster sound. But since the loss of our late Chris Cornell, it is true that this nostalgia for the '90s is back in fashion and a great bunch of guys have just launched a new label at the start of the year in the Emerald City, and they are determined to bring grunge back to the forefront. Its name: Grunge Pop Records. We caught up with one of them to find out more about their determination to revive the grunge machine that is well over thirty years old but still so enjoyable to listen to for all the old-timers who knew the '90s.







Hi Grunge Pop Records how are you in Seattle right now?

It’s raining. Actually we run this label from all over world. Because of COVID, we decided to not have an actual office so all of our staff can work from their homes in whatever city or country they are in, and this has worked well for everyone it seems.





You just launched a new grunge label, what made you want to start this new project? Who are the founders of the label?

We were there from the start of the original grunge explosion and looked at what’s being pushed to the youth today - and it wasn’t as good as the bands that Sub Pop and other labels released back in the glory days of grunge. So we just said it was time to bring back that LOUD, DISTORTED, UNDERGROUND ROCK; and search for bands that have that new grunge noise. And we searched and searched and listened to hundreds of bands. And then we started finding ones that blew our minds. As for the label founders, we remain anonymous as most of the staff. The only public knowledge is that we hired Bruce Pavitt as our label advisor and A&R consultant. For someone that doesn’t know who he is, he is the founder of Seattle’s legendary Sub Pop Records and he discovered and signed Nirvana, Soundgarden, Mudhoney, Tad, etc etc along with partner Jonathan Poneman. Bruce’s vision changed the whole world, not just the music landscape. He’s a living legend and it’s the hugest honor to have him involved in these two positions for Grunge Pop Records.




Thanks to the internet your label does not only focus on groups in Seattle and its region, but on the whole world. How do you go about recruiting them?

There’s no secret to finding great bands. You just have to have your ears on the street and spend hours listening to lots of bands until something blows your mind. We spend approximately two hours each morning listening to demo submissions. We’ve received about one thousand submissions since we started not even a year ago.




What advice will you give so that a group can sign with you?

Their music has to be as great as any great band from that original Seattle era. We’re not looking to introduce a new genre of rock, we just want to bring back the realness of that era. Our label’s mission is to be the “new sound of rock” and to see our bands become the mainstream “rock” sound as compared to what’s on the top of the global charts now, which is predominantly solo artists that go by a band name moniker and their music is over-produced rap style garbage to our ears. We only want real rock bands that write their own music and can bring back the name of rock as it should be. The youth are finally getting bored with rap and more and more are listening to bands like Nirvana and they’re open finally to finding new bands that carry that grunge flame. The youth never got to be part of the ‘90s grunge scene and this is there chance to be a part of a new movement that they can call their own.




How many bands do you have on your label so far?

We have ten bands at the moment since starting in March of 2021.





Still no French band in sight?

We’re open to any band from any country. We just haven’t found a French band yet that is as great as Nirvana or Soundgarden, but it’s all possible. Any recommendations?

I'll send you some bands then.




The first album of the label to be released is that of Prince Of Lilies, and it was produced by Steve Albini? How does it feel to have his label's first album to be produced by legendary Steve Albini?

It’s very cool since Albini stands for real bands making real music. He’s a living legend who has become synonymous with the words “utter respect”.




When we talk about Seattle, we obviously think of the whole wave of the ‘80s and early ‘90s with Nirvana, Mudhoney, Mother Love Bones, Melvins, Alice In Chains ... Do you think that a scene as rich and impactful than that of the '90s can resurface after all these years, but especially with a new burst of freshness?

Yes. It won’t be the same because people have closed minds to accepting something new unless it’s forced down their throats non stop, but there are scenes growing bigger each day all around the world that are revolving around that original grunge Seattle sound. Even BritGrunge is become a reality with the grunge revival being strongest out of the UK at the moment.




A British journalist named Everett True from Melody Maker magazine had heard in the '80s that a scene was forming in Seattle and he came directly to see if what he was hearing from England was true. In addition to being blown away by the bands of the time, what also marked him was the public who went to the concert. Are the public still as crazy and present at each concert as in the '80s?

Oh yes. But only in the DIY underground shows or at underage shows that allow the youth to come. In the USA, most venues are 21 and over so the youth can’t see live bands, but the house parties and shows that allow underage kids go wild. Extremely wild like back in the day.




What are your goals for 2022?

To see the mainstream music industry, from radio to press, put real rock bands on top and to see our bands be on the top of the charts globally where they belong. Our bands have some songwriters that deserve massive recognition and they are great live too. We expect that in a few years some of our bands will be the biggest bands in the world and headlining major festivals.




Is a concert coming up with the label's bands in Seattle? And why not invite a band from the '80s' and ‘90s like the Mudhoney or the Melvins for example?

It’s all happening. We’re talking with those bands to include some of our bands on their tours and things are happening.




Do you have contact with all these bands of the time?

We can contact most any band out there. It’s who you know in this business unfortunately but it’s good for us too I guess.




Thank you for answering my questions. Long live Grunge Pop Records. Grunge Is Not Dead.

Thank you Gian, it was a pleasure to answer your questions. The grunge revival is coming.




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Gian, february 2022.