La ville d'Epernay est bien connue pour être la capitale mondiale du champagne, et risque bien d'être connue aussi pour son death métal représentée avec le groupe Nebulizar. Leur nouvel album intitulé "Apprehension", commence par une intro de 47s avec des chants de moines tibétains, et dès les premières notes du groupe sur la 2ème piste "A Distant Area", on sait ce que l'on écoute, du Death ... et du très bon. Avec cet album, Nebulizar vous prend et vous retourne dans tous les sens, et même les personnes qui ne sont pas fans de death métal, pourraient bien être conquises. Les influences et les références sont très vastes chez eux, et le résultat est juste incroyable. Déjà qu'avec leur premier ep très prometteur sortir en 2018 "Near Death Experience", certaines sonorités nous faisaient penser parfois à du Cure ou du Killing joke. Et sur ce nouvel opus certaines parties de chant, tenues par Guillaume (guitare) et Robin (basse), nous font penser à du Serj Tarkian de SOAD ou à du Till Lindemann de Rammstein. Mais il serait bien regrettable de s'arrêter à de si simples comparaisons, car Nebulizar a bel et bien son ADN, et le prouve dans un superbe album de 9 titres, sortie chez Klonosphère aujourd'hui. Avec Apprehension, Nebulizar est tel un char d'assaut, prêt à partir à la conquête du métal en France avec ses 9 titres chargés dans son canon, et ça va faire mal.
jeudi 12 novembre 2020
[INTERVIEW] Nebulizar : Le bon death, c’est des gars sympas qui sont méchants sur scène !
mardi 13 octobre 2020
Live Report: POGO CAR CRASH CONTROL Release Party Trabendo 16 septembre 2020
Jean O de R.A.N.
dimanche 4 octobre 2020
Live Report : WE HATE YOU PLEASE DIE au Trabendo le 17 Septembre 2020
La Terrasse du Trabendo nous a encore une fois fait plaisir
en accueillant un des groupes les plus prometteurs de la scène garage/punk/rock
alternatif française, les Rouennais de We Hate You Please Die. Même si leur nom
au premier abord n’inciterait pas à les fréquenter, ils font partie des jeunes
groupes français à découvrir absolument si vous ne les connaissez pas encore. Armés
d’un premier album intitulé fort à propos « Kids are Lo-fi » sorti en
octobre 2018, les Rouennais ont déjà participé à Rock en Seine en 2019, et ont
déjà foulé un sacré nombre de salles renommées comme La Boule Noire et La
Maroquinerie à Paris, La Laiterie à Strasbourg, le Rex à Toulouse et d’autres. Ayant
loupé leur passage à La Boule Noire en février, nous étions bien décidés et
confiants de les voir de nouveau sur une scène parisienne. Le COVID19 s’étant
malencontreusement invité en 2020, nos certitudes avaient bel et bien disparues
jusqu’à l’annonce de leur passage sur la terrasse du Trabendo, concert organisé
par le Supersonic dans le cadre de leurs soirées Take Me Out.
| TAPEWORMS Trabendo 17/09/2020 crédit photo Rock Alternative News |
Nous rejoignons donc le Trabendo en ce jeudi 19 septembre,
avec un temps quasi idéal, il fait chaud mais pas trop, le ciel est dégagé… Pas
encore trop de monde au moment de notre arrivée, le public arrivera plus tard,
après la première partie pour un bon nombre, et la terrasse affichera complet
finalement. La première partie est assurée d’ailleurs par Tapeworms, trio
lillois qui délivre une musique qu’on pourrait apparenter à du shoegaze s’il
fallait les classer dans un genre. Le chanteur nous avoue que cela fait 7 mois
qu’ils n’ont pas joué ensemble. Cela peut expliquer un petit sentiment
d’inachevé qui se dégage du set. L’ensemble est sympathique, certaines
compositions sonnent de façon intéressante, mais on reste sur sa faim, pas
totalement convaincus. C’est peut-être aussi lié au chant qui ne se dégage pas
assez de l’ensemble musical, même si cela est probablement volontaire compte
tenu du style de musique, ou ne semble pas tout le temps juste. Un set agréable
mais pas totalement convaincant donc.
| We Hate You Please Die - crédit photo Rock Alternative News |
| We Hate You Please Die - crédit photo Rock Alternative News |
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Nous aurons droit à un petit plantage de Raphaël, qui sous le coup de l’émotion de retrouver le public ce soir, nous présente la chanson « Barney » et finalement nous envoie « Vanishing Cops », un titre moins connu mais bien intéressant tout de même. Mais le groupe rouennais ne fait pas que des titres qui bougent et nous font pogoter, leur son est plus riche que ça, c’est ce qui les rend aussi intéressants. On ondule de plaisir sur « Figure It Out » et son rythme presque lancinant, avec une basse qui vous vrille positivement les tripes. Un titre qui finit dans un crescendo, une apothéose, quasi cacophonique mais tellement belle ! A la fin on se dit « putxxx que c’est bon ça ! ».
We Hate You Please Die - crédit photo Rock Alternative News
Et ils vont continuer à y mettre tout leur cœur dans ce set avec notamment « Melancholic Rains », sur laquelle Raphaël exprime toute la diversité de son chant, avec son changement de tempo, le calme annonçant la tempête d’un véritable hymne punk. Ils prennent du plaisir à rejouer devant un public conquis, ça se voit. Raphaël nous lâche un « Putain c’est bon …. Et bientôt ça ira mieux » avant de se reprendre et de réaliser qu’il n’en sait rien finalement, parce que c’est sa première pandémie ! Eh bien nous non plus on n’en sait rien, alors du coup on profite de l’instant présent avec toute l’intensité qu’une longue frustration a provoquée. Le set se termine en beauté avec un titre de leur dernier EP sorti il y a quelques mois « Coca Collapse », enchaîné avec « DSM6 » pour finir sur le titre éponyme du nom du groupe, dont Raphaël nous laisse toute liberté d’interprétation (pour ma part je ne peux m’empêcher de penser que c’est en l’honneur de Donald Trump, mais bon…), « We Hate You Please Die ». Final extraordinaire, Raphaël se laissant complètement submerger par l’émotion, après un petit crowdsurfing dont nous ne parlerons pas trop en ces temps de pandémie, et Mathilde massacrant joyeusement et consciencieusement ses cymbales à la fin du titre.
| crédit photo Rock Alternative News |
Un set plein de fougue et de sincérité qui nous aura amenés aux sommets du plaisir de la musique live qui nous manque tant en ce moment, et nous aura conforté dans la certitude que We Hate You Please Die a un potentiel énorme et ne devrait pas tarder à complètement exploser sur la scène indé, grâce à la richesse de ses compos et ses performances live extraordinaires. A la revoyure les amis et longue vie à vous et au rock’n roll que vous continuez à perpétuer de bien belle manière !
| We Hate You Please Die - crédit photo Rock Alternative News |
Setlist
Rita Baston
Got the Manchu
Street of Rage
Structure
Kill Your Buddy
Minimal Function
Vanishing Cops
Barney
Figure It Out
Luggages
Terminal
Melancholic Rain
Coca Collapse
DSM6
We Hate You Please Die
Jean O de RAN
jeudi 24 septembre 2020
[INTERVIEW] Alista : "Je voulais juste me faire plaisir en faisant la musique que j'aime"
RAN : Salut Julien comment tu vas ?
jeudi 10 septembre 2020
[Interview] Baptizein, musicien et intermittent du spectacle : "dès l’annonce prise par le gouvernement, j’ai pris ça comme un coup de massue"
16 mars 2020, la France se confine face au Covid 19 qui s'abat sur le monde. Les gens doivent rester chez eux pour leur sécurité, et celles de leurs aînés. Tous les rassemblements, quels qu'ils soient, sont interdits jusqu'à nouvel ordre. L'activité musicale est frappée en plein coeur, car pour vivre, elle doit se produire live, devant un public. Nous avons donc, posé quelques questions à Baptiste Béthune alias Baptizein, artiste ardennais, mais aussi intermittent du spectacle, comme beaucoup d'autres dans ce milieu.
RAN : Salut Baptiste, comment tu vas depuis la dernière fois que l'on c'est vu, sur L'Ardenn' Rock Festival* l'année dernière ?
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| Baptizein sur scène lors de l'Ardenn'Rock Festival en 2019. Photo : Dark Room |
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| Photo prise lors du DJ set de La Cartonnerie. Photo : Insta Baptizein |
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| Baptiste et moi, lors de l'émission Totalement Rock de mars 2018. Ma première émission enregistrée. |
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| Ben lors de l'éditon 2019 de l'Ardenn'Rock Festival. |
dimanche 6 septembre 2020
Live Report : Bandit Bandit et Cheap Teen live au Trabendo le 20.08.20
Le temps a suspendu son vol le 7 mars 2020. En tout cas pour moi. C’est le dernier concert, au 1999 à Paris, les Anglais de King Nun. Après les Américains d’Algiers le 5 mars. Ensuite, eh bien une succession d’annulations avant que tout ne soit figé en ce funeste 17 mars. Enfin, figé si on peut dire. Le virus balaye tout sur son passage, en tout cas dans le monde du spectacle et donc des concerts. Inexorablement les reports et les annulations se succèdent. On commence à en savoir un peu plus, enfin on apprend en marchant je dirais, sur ce satané virus présenté au départ comme un petite grippette. Et on commence à comprendre que le printemps et l’été qui auraient dû être riches de beaux concerts et festivals vont se transformer en une désespérante et déprimante disette !
Dans ce contexte morose, l’annonce du Supersonic associé au Trabendo, pour un concert de Bandit Bandit en extérieur sur la terrasse du Trabendo nous a fait chaud au cœur. Souvenez-vous, le concert prévu au Point Ephémère le 24 mars avait été reporté au 16 juin pour finalement être annulé. Cela faisait donc chaud au cœur de se dire qu’on allait finalement les retrouver en 2020, qu’on n’avait pas à attendre 2021 pour ça, merci le Supersonic et le Trabendo ! Il faut dire que leur prestation en première partie de Last Train au Trianon le 6 novembre 2019 nous avait totalement convaincu de continuer de suivre le groupe. Bandit Bandit, c’est tout d’abord un duo composé de Maëva et Hugo (par ailleurs membre de l’excellent groupe Kursed), aussi en couple à la ville, qui ont été rejoints par Ari et Anthony.
La première partie est assurée par Cheap Teen un groupe tendance punk de Maison Alfort en région parisienne. Et c’est la bonne surprise de la soirée. Nous avions un peu écouté ce qu’ils avaient fait précédemment, du punk énergique, efficace et agréable, mais rien de révolutionnaire en fait. Le bassiste arbore un T-shirt des Idles, ce qui est plutôt de bon augure. Et nous découvrons en effet des compositions beaucoup plus sophistiquées que les titres comme « Mainstream Music » ou « No ! Of Course » de leur premier EP. L’énergie est toujours là, l’influence punk aussi, mais les titres sont plus construits avec des changements de rythmes intéressants, les sonorités des guitares sont plus recherchées. Une évolution bienvenue qui situe maintenant les Cheap Teen dans le paysage des groupes hexagonaux intéressants à suivre.
Après cette excellente entrée en matière, les 3 musiciens de Bandit Bandit arrivent sur scène sans Maeva et entament l’intro du titre « Néant » avec ses basses bien lourdes qui prennent aux tripes. Au bout presque 2 minutes Maeva arrive enfin sur scène et nous envoute tout de go avec sa voix suave. Comme d’habitude Maeva ne fait pas que chanter, elle exprime sa musique par son corps tout entier. C’est une véritable transe qui nous transporte dès ces premières minutes de concert. Il faut dire que le rythme martelé par Anthony y est aussi pour beaucoup. C’est presque tribal, une sorte de rituel venu du fin fond des âges. Nous sommes entrés dans une autre dimension il nous semble. C’est d’ailleurs le titre de la chanson qui suit. Tout est programmé pour nous emmener dans ce voyage musical ! La température continue de monter. Est-ce la chaleur de ce début de soirée ? Est le virus qui nous a rattrapés ? Mais non suis-je bête, c’est le titre « Fever », qui porte bien son nom, issu de l’EP sorti il y quelques mois, qui est responsable de cette montée en température. Décidemment cette alchimie entre le stoner rock, incontestablement présent au niveau des guitares, et quelque chose de plus « chanson française », au sens noble, comme le faisait Serge Gainsbourg, fonctionne à merveille. Le groupe aussi fonctionne parfaitement ensemble sur scène. Bien sûr le couple, à la ville et sur scène, formé par Maeva et Hugo, est quasi fusionnel sur scène, mais l’alchimie est elle aussi évidente avec Ari le bassiste/guitariste et acolyte d’Hugo dans le groupe Kursed, et Anthony le batteur, ancien élève d’Hugo à la guitare. Maeva est déchaînée sur scène, on dirait un félin surexcité, comme un chat qui se serait pris la patte dans une prise électrique. C’est animal, sensuel, sexy aussi, mais jamais vulgaire malgré la tenue plutôt courte qu’elle porte ce soir. Après « Siamese Love », viennent ce qu’on pourrait appeler les deux hits du groupe avec tout d’abord « Maux » qui décrit si bien le couple formé par Maeva et Hugo, et son rythme lancinant toujours aussi fascinant, suivi de « Pixel » toujours aussi pêchu.
Changement de style et d’atmosphère avec une nouvelle chanson « La Marée », duo de Maeva et Hugo, avec juste la guitare d’Hugo, qui s’inscrit plus dans la chanson française. Le set se conclut avec « Désorganisé » et « Nyctalope » avec ses changements de rythme et son crescendo qui se termine dans le fracas et les convulsions libératrices. C’est « Tachycardie » qui est joué en rappel, et nous terminons donc le concert dans les spasmes et les soubresauts, en totale communion avec les musiciens totalement habités par leur musique.
Un excellent concert qui nous aura fait un bien fou. Merci encore au Supersonic et au Trabendo de nous avoir offert ce très beau cadeau. Et merci aux deux groupes de ce soir, Cheap Teen et Bandit Bandit de nous avoir livré de si belles prestations. On en a totalement oublié l’obligation d’être masqués. Obligation que nous aurions d’ailleurs souhaité voir respectée avec plus de rigueur par le public ….
Setlist :
Néant
Dimension
Fever
Siamese Love
Maux
Pixel
La Marée
Désorganisé
Nyctalope
Rappel:
Tachycardie
Jean O de R.A.N.




















