dimanche 25 septembre 2022

Live Report : Pearl Jam live Lollapallooza Paris 2022



Après de longues années d’absence sur le sol français, Pearl Jam avait annoncé son retour pour le Lollapalooza Paris 2020… une édition bien évidemment reportée par 2 fois à cause de la pandémie. La dernière apparition du groupe de Seattle sur une scène française date de 2012 pour le Main Square Festival. La tournée de 2018 avait scrupuleusement évité la France, ce qui conduit une bande d’hurluberlus, dont les membres de Rock Alternative News, à lancer une pétition relayée par quelques médias musicaux. Mais en vain, aucune date française ne fut ajoutée lors de cette tournée. C’était donc avec une impatience exacerbée que les fans français attendaient l’occasion de faire entendre leur voix et leur amour pour ce groupe. Et le jour J arrive enfin, en ce 17 juillet 2022, au Lollapalooza Paris, choix un peu étrange tant la programmation des dernières éditions étaient éloignées du rock. Mais les fans ne pouvaient pas bouder leur plaisir d’un nouveau concert en France, même si beaucoup d’entre eux avaient assisté aux précédents concerts européens.



C’est donc après les très bons sets de White Reaper et Highly Suspect, puis ceux de Phoebe Bridges et Maneskin, que nous retrouvons enfin Pearl Jam. Et c’est avec « Why Go » un des titres de l’album « Ten », le premier du groupe, que le concert débute. Cet album aura d’ailleurs la primeur ce soir puisque c’est 6 titres de cet album de 1991 qui seront joués. L’album « Yield » sera lui aussi à l’honneur avec 5 titres joués. Seules deux chansons représenteront le dernier album en date « Gigaton », « Dance of The Clairvoyants » et « Who Ever Said » qui seront jouées l’une à la suite de l’autre au milieu du set. 




Les titres les plus emblématiques font partie de la setlist, l’objectif est probablement de plaire au plus grand nombre lors d’un festival. Mais ce qu’il y a à retenir d’un concert de Pearl Jam, ce n’est pas la setlist, mais l’énergie et l’enthousiasme du groupe à monter sur scène. Et l’enthousiasme et l’énergie, il y en a eu à revendre. Pearl Jam a littéralement tout donné, comme à son habitude pourrait-on dire, mais cette énergie, cette envie, ont une saveur particulière pour le public français. Pearl Jam n’est pas venu faire de la figuration mais est bel et bien venu faire plaisir à ses fans français, et ça, ça vaut de l’or car on aurait pu douter de leur attachement au pays du fromage et du vin. Pour ceux qui nourrissaient quelques doutes, Pearl Jam les a balayés tout de « Go ».




Mike est survolté, bondissant, virevoltant, en pointant et semblant s’adresser régulièrement une personne du public, ça fait toujours plaisir à celui qui en est destinataire. Il nous fait aussi un peu de Jimi Hendrix en jouant avec la bouche, et nous assène ses solos bien sentis comme autant de preuves d’amour. Eddie donne aussi tout ce qu’il a, ce qui lui vaudra malheureusement de perdre sa voix, ce qui l’empêchera d’assurer quelques concerts suivants. Le set progressivement monte en puissance et en émotion. Eddie devient de plus en plus bavard, pour les bonnes causes. Pour l’Ukraine tout d’abord avec une petite diatribe contre Trump et Poutine, pour l’environnement ensuite, après avoir arrêté la chanson « Given To Fly » pour que la sécurité s’occupe d’une personne qui ne se sentait pas bien. Et c’est aussi pour ça que le public aime Pearl Jam, bien que la musique soit probablement la raison principale. Le concert est passé à un nouveau niveau d’intensité, les musiciens, Mike en tête, mais aussi le public de plus en plus pris par l’émotion avec des chansons comme « Jeremy », une des plus belles du groupe de Seattle. Pour le rappel, Eddie, toujours à l’écoute et bienveillant, rend hommage à Thierry Macaire un fan de la première heure et membre de la Pearl Jamily France, et qui, étant hospitalisé, n’a malheureusement pas pu venir au Lollapalooza. Encore un beau geste, avant d’entamer un des hymnes du groupe « Alive ».



Le concert se terminera finalement sur « Baba O’Riley » une reprise des Who. Le public est aux anges après ce merveilleux concert, surtout qu’Eddie avant de quitter la scène, lui a donné rendez-vous à l’année prochaine. Cette promesse n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd, et c’est donc le cœur léger et rassasié que nous quittons l’enceinte du Lollapalooza.


Regardez le concert du Lollapalooza dans son intégralité ici (montage vidéo réalisé par Meg Alex de la Pearl Jamily France)




Setlist :

1. Why Go

2. Mind Your Manners

3. Interstellar Overdrive (Pink Floyd)

4. Corduroy

5. Daughter

6. Satan's Bed

7. Even Flow

8. Dance of the Clairvoyants

9. Who Ever Said

10. Wishlist 

11. Not for You

12. Given to Fly 

13. Untitled

14. MFC

15. Amongst the Waves

16. Jeremy

17. Do the Evolution

18. Black

19. Go

20. Porch

Rappel:

21. Alive

22. Baba O'Riley (The Who)



Jean O de R.A.N.

dimanche 18 septembre 2022

Nick Cave & The Bad Seeds, le sorcier Australien a encore réussi à nous envoûter à Rock en Seine.


Un concert de Nick Cave est une expérience unique qui se renouvelle à chaque fois. On le vit de l’intérieur tout comme de l’extérieur. Car Nick Cave s’adresse à chacun de nous, aux choses enfouies en nous, qu’il va chercher grâce à ses chansons et qui ressortent à l’occasion du concert. Nick Cave n’est pas seulement un chanteur, c’est un artiste qui sait parler à votre âme. C’est parce qu’il a été capable de fusionner ses talents de prêcheur avec une sensibilité à fleur de peau qu’il est capable de vous transmettre. Il s’adresse à chacun de nous, nous envoie des vibrations pleines d’amour afin de recevoir en retour celles du public. C’est cathartique pour lui, surtout depuis la disparition de ses deux fils dans des circonstances tragiques. Et le miracle s’est de nouveau produit en ce soir de ce vendredi 26 août sur la Grande Scène de Rock en Seine. On a toujours un peu peur que la magie des concerts précédents ne se reproduisent pas. Mais c’est sans compter sur l’abnégation, le don de soi, dont fait preuve Nick Cave à chacun de ses concerts, sans jamais décevoir.



Le concert commence donc sur les chapeaux de roue avec « Get Ready For Love », un message on ne peut plus clair sur les intentions du chanteur. Et dès ce premier titre, Nick Cave nous annonce à quelle sauce nous allons être accommodés, avec un mélange de fureur, de sensibilité et d’élégance. Fureur avec une version rageuse de « From Her To Eternity », un crescendo apocalyptique de « Jubilee Street », ou la tempête de « Tupelo ». Pendant ces chansons, Nick Cave est déchaîné, jetant son micro à terre, renversant les pieds de micro ou les chevalets. Mais après ces moments d’une rare incandescence, Nick Cave se fait poignant sur des titres comme « Waiting for You » ou surtout « I Need You » issu de l’album , composé au moment du (premier) décès de son fils, où l’intensité émotionnelle est à son paroxysme. Cette bouffée d’émotion du chanteur est communiquée sans filtre au public qui en ressort lui-même tout retourné. C’est la magie de Nick Cave de pouvoir passer dans ces différents registres émotionnels en embarquant toujours avec lui son public. La rage, la fureur, la tristesse, la ferveur, comme un seul homme, le public suit. Mais Nick Cave n’est pas seul, les Bad Seeds sont là aussi, solides comme des rocks, suivant, avec leurs instruments, l’imprécateur dans tout son cheminement sur scène. Warren Ellis en tête bien sûr, notamment sur les titres de l’album « Carnage » composés avec Nick Cave, mais aussi les fidèles Thomas Wydler, Martin P. Casey, et Jim Sclavunos, ainsi que le guitariste George Viejstica, assurent le show de leur côté aussi.



Nick Cave a sa façon de personnaliser son concert pour le public présent, en dédiant la magnifique chanson « O’ Children » à un des jeunes présents ce soir-là, ou après avoir demandé le prénom à une spectatrice, lui dédit la chanson suivante. Il aime choisir des personnes du public et s’adresser à elles personnellement, autant dire que chacun espère que ça tombe sur lui, car la décharge de bonnes vibrations qu’émet Nick Cave toute la soirée est alors décuplée pour l’heureux sélectionné. Mais le reste du public n’est pas oublié, les premiers rangs notamment, lorsqu’il s’abandonne à eux, agrippant les mains et basculant dans le public, le corps bandé comme un arc (pour avoir soutenu Nick Cave pendant certains de ces moments, je peux vous dire que les muscles sont bandés afin de tenir penché mais bien droit tout en tenant le micro).




Le chanteur est redevable au public, il n’a de cesse de le répéter, mais aussi aux musiciens de qualité qui l’accompagnent dans son show. Ses compères des Bad Seeds bien sûr, mais aussi des autres musiciens qui sont présents le temps de la tournée ou même d’un concert. Ce soir il rend hommage au trio de choristes qui, depuis le début de la soirée, donnent le meilleur d’eux-mêmes, en les ramenant sur le devant de la scène et en s’agenouillant devant eux le temps d’une chanson.



C’est pour tout cela qu’on adore Nick Cave, son talent, son respect, son élégance, ses contradictions, et surtout sa capacité sur scène de vous transmettre tous ces sentiments, sans qu’on sache vraiment expliquer comment cette alchimie opère, tant elle s’adresse au plus profond de notre âme, ou peut-être à chacune de nos cellules. Nick Cave est probablement un sorcier en fait…




Après un rappel de seulement 2 titres, les organisateurs n’en autorisant pas plus, le public sort de son envoûtement, conscient d’avoir vécu une expérience unique.

Setlist:

  1. Get Ready for Love
  2. There She Goes, My Beautiful World
  3. From Her to Eternity
  4. Children
  5. Jubilee Street
  6. Bright Horses
  7. I Need You
  8. Waiting for You
  9. Tupelo
  10. Red Right Hand
  11. The Mercy Seat
  12. The Ship Song
  13. Higgs Boson Blues
  14. City of Refuge
  15. White Elephant

Rappel:

  1. Into My Arms.   
  2. Vortex


Jean-O de R.A.N 

jeudi 8 septembre 2022

[INTERVIEW] Ytso & Wayne : "on adore mettre notre musique en image"



"It's Nothing, Is It?". Non, le premier ep de Ytso & Wayne n'est pas rien et il est même carrément sublime pour un premier essai de ces deux jeunes parisiennes bourrées de talent et inspirées par des groupes comme Radiohead et consor. Elles viennent de nous envoyer un ovni de 6 titres le 5 juillet dernier en total autoprod' dans le paysage musical et qui s'aligne parfaitement aux côtés de géants tels Massive Attack ou Archive dans votre discothèque. Entretien exclusif avec Ytso pour en savoir un peu plus sur ce projet.


Salut comment allez vous ? 

On s'apprête à sortir un nouveau clip donc ça va plutôt bien.

Vous venez de sortir votre magnifique premier ep 6 titres "It’s Nothing, Is It" le 5 juillet dernier alors que votre premier single  "The Night Of Nights" est sorti en 2020. Que s'est-il passé pendant ces 2 années qui séparent le single de l'ep ?

Après la sortie de The Night of Nights, on a décidé de prendre le temps de réfléchir au projet, de faire le tri dans toutes les démos qu'on avait enregistrées pendant le confinement, on a aussi travaillé sur de nouveaux morceaux. Mais c'est surtout qu'on a fait le choix d'un projet 100% DIY, et qu'on est que deux, donc inéluctablement tout prend davantage de temps. Au final ce temps a été bénéfique, car cet Ep ressemble exactement à l'idée qu'on s'en faisait.



Comment est né ce projet alors ?
 

Nous nous connaissons depuis 15 ans, nous jouions à l'époque dans deux groupes de rock différents, et nous avons alors partagé de nombreuses scènes ensemble. Il y a une dizaine d'années, j'ai (Anne-Claire/Ytso) envoyé à Vanessa (Wayne) une démo d'un morceau en anglais que j'avais composée, sur laquelle elle a fait quelques arrangements, le résultat était vraiment super mais la vie a fait qu'on a continué nos chemins musicaux séparément. Pendant le confinement de mars 2020, j'ai réécouté cette démo qui m'a à nouveau beaucoup enthousiasmée, et j'ai immédiatement demandé à Van si elle voulait qu'on finisse enfin ce morceau. Bien sûr elle était partante. C'était Life for Sale. On était tellement heureuses du résultat qu'on s'est dit "pourquoi s'arrêter à un titre" ? et au final on s'est lancé dans la composition d'un EP entier, et l'aventure Ytso & Wayne a commencé !

Musicalement vos titres sont très forts et vos vidéos sont magnifiques, mêlées avec des fonds de paysages urbains et quelques effets stroboscopiques avec un grain d'image de caméra en super 8. Serait-ce une photographie de notre époque que l'on voit dans vos clips ?

C'est drôle parce que le premier clip, de The Night of Nights, a également été monté pendant le confinement, à un moment où on ne pouvait pas filmer grand chose. Le clip est donc composé de plein de rush qu'on avait dans nos téléphones, ou que nos amis nous ont gentiment envoyés, ce qui donne cet effet vintage, image d'archives qu'on aime beaucoup.



C'est vous qui réalisez vos clips ?

Oui, car ça correspond à notre éthique DIY, et puis on adore mettre en image notre musique.

De quoi parlent vos textes ? Quels sujets abordez-vous dans vos chansons ?

Il n'y a pas de thématiques particulières, par exemple Life for Sale est une chanson anti-capitaliste, alors que My Young Ghost parle de la nostalgie d'une jeunesse qui s'éloigne, et The Night of Nights est une déambulation nocturne dans une ville qu'on s'apprête à quitter...

Votre ep mélange des titres acoustiques et des titres plus rock indie. Comment se passe la composition des titres chez Ytso & Wayne vu que vous êtes un duo ? Utilisez vous des machines ou des ordinateurs pour vous accompagner ? 

La réalité de ce projet fait qu'on a été obligées dès le début de composer à distance, donc souvent le processus est le même, je compose une démo que j'envoie à Van qui fait un premier arrangement et ensuite on fait quelques aller-retours mais en général le morceau est rapidement terminé parce qu'on est toujours musicalement sur la même longueur d'onde. Hormis les guitares et la basse qu'on enregistre sur de vrais instruments et qui servent aussi à créer des textures, le reste est numérique.




Quelles sont vos influences musicales ? Avez vous des groupes phares ? Quand on vous écoute, on pense tout de suite à des groupes comme Massive Attack ou Archive par exemple.

Ce qui est bien c'est que nous avons les mêmes influences musicales, Radiohead et Oasis étant nos deux groupes phares. Après, nous écoutons surtout du rock alternatif, du post-punk, de la folk. Des artistes comme Julian Baker, BRMC, Fontaines DC, Chelsea Wolf ou Foals font partie de nos influences.

Qu'est ce que vous écoutez en ce moment ? 

En ce moment Van écoute des vieux tubes des années 90, et moi j'écoute du post-punk allemand...On peut vous donner des reco si vous voulez !




Êtes vous plus supports physiques ou digital pour l'écoute de la musique ? 

On préfère les supports physiques qui ont plus d'âme et de charme, mais l'époque fait qu'on est toujours branchées sur Spotify ou Deezer...

On peut trouver votre ep sur toutes les plateformes de streaming habituelles mais aussi sur Bandcamp où on peut se le procurer pour le télécharger en toute légalité et surtout vous soutenir financièrement. Est-ce qu'une sortie physique est au programme ?

Malheureusement pas au programme pour l'instant...

Quel sera la suite de l'aventure alors ? 

Le clip de Strange Bird doit sortir prochainement, suivra le clip de My Young Ghost... nous avons prévu de cliper tous les titres de l'EP ! Nous sommes également déjà en train de travailler sur notre prochain EP qui avance bien !

Merci à vous d'avoir répondu à cette interview.

Avec plaisir ! 






Suivez Ytso & Wayne sur Instagram, Facebook et Bandcamp.



Gian, septembre 2022.

lundi 29 août 2022

LIVE REPORT : ARCTIC MONKEYS LIVE ROCK EN SEINE 2022


En ce jeudi 25 août, premier jour du festival Rock en Seine, la Grande Scène a été chauffée toute l’après midi avec le set finalement assez convaincant de Gayle, les grimaces et la capacité de mobiliser son public de Yungblud, puis la guerre déclenchée dans le pit des pauvres par les fameux IDLES. Il faut dire que, même si la météo a aussi participé, c’est la concentration du public, probablement à cause du golden pit, qui a maintenu un haut degré de température devant la scène. Pendant et après le set des Idles, nous étions tellement serrés les uns contre les autres qu’il était difficile de respirer. Plusieurs fans des Arctic Monkeys ont même dû jeter l’éponge avant l’arrivée de leur groupe préféré. Les conditions proches de la scène n’étaient donc vraiment pas idéales mais les fans étaient prêts à endurer cela pour assister au retour des Arctic Monkeys en France (avec la pandémie leur dernier passage date de 4 ans tout de même).




C’est donc devant un public chaud bouillant, totalement acquis, que les Arctic Monkeys débarquent sur scène et tout commence avec le fameux riff de “Do I Wanna Know“. Bon choix de premier titre qui permet au public de retrouver rapidement ses marques, car une partie de celui-ci avait été un peu déboussolé par le dernier album. Commencer par un des titres phares de l’album AM est une bonne idée. Et ce choix de se mettre tout de suite le public dans la poche est poursuivi avec “Brianstorm“. Bon, ce n’était pas vraiment indispensable, car le public était déjà acquis comme nous l’avons dit, mais cela a permis d’assurer un démarrage en trombe du concert.  “Snap It Out“ qui suit, bien que faisant partie de l’album emblématique AM, ne fait en revanche pas partie des grands hits du groupe. Et nous aurons droit en effet ce soir aux hits, mais aussi à d’autres titres peu joués en live comme « That’s Where You’re Wrong » ou « Potion Approaching ». La prise de risque s’arrêtera là, car pour le reste on pourra regretter qu’Alex Turner ne communique pas plus avec son public et ne s’investisse pas plus dans sa prestation. Il est vrai que l’évolution musicale du groupe l’a plus amené à être un crooner qu’un embraseur de foule. Cela étant, comme le prouve Nick Cave on peut être les deux à la fois. Mais on apprécie à sa juste valeur le plaisir d’être là, avec une scène qui vaut le coup d’œil et une prestation de qualité, même si certaines critiques ont été formulées sur la qualité du son. Etant fan du groupe on adore tout de même ! Le moment de la nouvelle chanson arrive enfin, il n’y en aura qu’une ce soir, avec “I Ain't Quite Where I Think I Am”.  Elle fait suite à “Tranquility Base Hotel + Casino” et ”Why'd You Only Call Me When You're High?”, la partie calme du set. Et on comprend pourquoi car cette nouvelle chanson est plutôt soft, avec ses guitares wah wah très 70’s, où Alex Turner se fait de nouveau très crooner, et dont la vois nous fait penser au Bowie de l’époque de Young Americans. Nous aimons bien mais reste à savoir comment les fans de la première heure vont apprécier cette évolution… La fin du set est faite pour eux d’ailleurs, avec un enchaînement des succès des premiers albums ou de “AM“. Le rappel est aussi sans trop de surprise avec “Arabella“ et “R U Mine“ qui terminent le concert comme cela avait été le cas en 2018 au Zénith. Nous aurons donc assisté à un excellent concert tout en ayant le sentiment d’une petite frustration de ne pas avoir un peu plus de folie sur la scène. Cependant, concernant le public, rien à redire, il a été au rendez-vous de belle manière et il a incontestablement mis l’ambiance qui a un peu manqué de la part du groupe. Mais on ne va tout de même pas se plaindre et on ne boudera pas le plaisir de retrouver un groupe comme les Arctic Monkeys après ces deux années de frustration !





Setlist :

Do I Wanna Know?

Brianstorm

Snap Out of It

Crying Lightning

Teddy Picker

That's Where You're Wrong

Potion Approaching

The View From the Afternoon

Cornerstone

Pretty Visitors

Tranquility Base Hotel + Casino

Why'd You Only Call Me When You're High?

I Ain't Quite Where I Think I Am

Do Me a Favour

From the Ritz to the Rubble

I Bet You Look Good on the Dancefloor

Knee Socks

505

Rappel:

One Point Perspective

Arabella (Black Sabbath's "War Pigs" outro

R U Mine?



Jean-O de R.A.N.

dimanche 24 juillet 2022

Les Nouveautés RAN



Étant en vacances "radiophoniques", je ne pouvais m'empêcher de vous partager quelques nouveautés sorties en ce beau mois de juillet qu'il ne faut absolument pas rater !!!


BAR II




Le duo liégeois des Bar II nous ont sortis ce 1er juillet un nouveau single 2 titres "Fake It" qui serait moins stoner que le dernier titre "Let You Down" sorti en novembre 2021, mais le groupe se rapprocherait plus des groupes comme Arctic Monkeys à l'écoute du titre éponyme du single "Fake It" et on attend bien évidemment la suite avec impatience. Bref, Bar II est un groupe qui ne vous laissera pas indifférent et je vous conseille de le suivre de trés près. 







Ytso And Wayne




En juin 2020, le duo Ytso And Wayne avait sorti un titre plus que prometteur "Night Of The Nights" dont j'étais tombé littéralement amoureux avec des influences à la Massive Attack et un ep devait arriver à la suite de ce premier titre mais ce foutu Covid a bien sûr mis son nez là-dedans et a fait repousser la sortie du premier ep du duo parisien que j'attendais tant. Et voilà que ce 5 juillet est enfin sorti "It's Nothing, Is It?" ep 6 titres de 30mn et comme prévu, c'est une véritable pépite que nous avons là qui prendrait peut-être tout son sens à l'écouter seul pendant une belle nuit d'été. Nous croisons bien évidemment les doigts pour une sortie physique de l'ep pour faire vibrer les cellules de nos platines.







Sick Joy

Sick Joy, groupe anglais découvert avec Pierre (ancien animateur de Guerrilla Radio et Bring The Noise sur Oui FM) et son émission Les Nouveautés Rock qu'il anime tous les jours sur sa webradio RSTLSS, et je lui dis encore merci. Donc encore une bien belle découverte et le groupe a fait la première partie de Pearl Jam à Londres juste avant la sortie de son premier album "We're All Gonna Fucking Die" qui est sorti le 7 juillet et il pourrait vous faire penser à du Royal Blood avec certains riffs de quelques titres, mais le titre où j'ai vraiment flaché sur le groupe est "Talking To The Drugs".





Veuve Scarron 



2 albums bien pechus comme j'aime sont sortis le 15 juillet, et vu que c'était jours de fête nationale en France je vais commencer par vous parler du premier album de Veuve Scarron. Après avoir sorti 3 singles depuis le début de l'année, voilà que Mat, ancien chanteur de screamo se lance avec son nouveau projet du nom de Veuve Scarron avec 9 titres noise/grunge qui s'enchaînent à la perfection et qui s'alignent aux près de groupes comme God Damned ou Nitro Roger avec une belle énergie et on sent que derrière ce premier album, l'expérience d'anciens groupes est là, mais surtout un véritable amour de la musique.





Stereotyped 




Du côté de l'Angleterre et surtout du label Grunge Pop Records, les petits gars du groupe Stereotyped (qui doivent avoir une moyenne d'âge de 20 ans à tout péter) viennent de nous envoyer en pleine tête leur premier album "Delusions Of Strange" résolument grunge comme à la fin des années 80's à Seattle mais là nous sommes 2022 et on commence plus à parler de brit-grunge avec les groupes issus de ce label plus que prometteurs. Le groupe venant de Manchester n'a pas peur sortir des sentiers battus avec des titres qui frôlent ou dépassent les 5mn qui vous font oublier le temps passé avec un premier album de 50mn qui passent comme une lettre à la poste pour tous les vieux fans de grunge de la première heure comme moi. 






Nebula 

Vendredi dernier est sorti le nouvel album de ZZ Top "Raw" qui reprend des titres du trio avec le regretté Dusty Hill en version dépouillé mais aussi le nouvel album de Ben Harper mais aussi un énième album de Ty Segall. Mais celui qui a retenu mon attention est l'album "Transmission From Mothership Earth" du groupe Nebula sorti sur le prestigieux label italien Heavy Psysounds Records. Le trio créé fin 90' et venant de Los Angeles nous envoie une nouvelle dans l'espace avant son rock psychédélique gorgé de grosse fuzz et d'effets qui vont vous mettre en apesanteur pendant les 40mn de l'album. 






Cam Cole 

Cam Cole, qui est un one man band muni de sa guitare et de sa batterie réduite nous a offert récemment son concert donné à Seattle en téléchargement gratuit via ses réseaux et revient d'un voyage de près de 2 mois aux States et a profité de ce voyage pour nous enregistrer pour l'instant 2 covers de groupes issus des 70's, voici "Iron Man" de Black Sabbath et "California Dreamin'" des Mamas And The Papas repris par ce jeune prodige anglais.




Gian, juillet 2022.

dimanche 5 juin 2022

LIVE REPORT: PETER HOOK & THE LIGHT au Bataclan le 25 mai 2022

 

Crédit photo Jean O Rock Alternative News

Peter Hook, l’emblématique bassiste des groupes Joy Division et New Order, avait choisi le Bataclan pour le concert parisien de sa tournée « Joy Division A Celebration ». Une tournée qui est passée par douze villes en France tout de même. Nous ne savons pas trop à quoi nous attendre. Nous avions comme souvenir, le concert de Peter Hook & The Light de janvier 2019 à La Clef à Saint Germain en Laye, avec un Peter Hook généreux mais un peu enrobé, qui soufflait un peu pendant le set. Ceci étant nous avions passé une bonne soirée. Notre attente pour ce nouveau concert n’allait donc pas au-delà du plaisir de revoir le sympathique Hooky. Mais nous aurions dû imaginer que le choix de la salle n’était pas innocent et Peter Hook et ses compères avaient bien l’intention de se donner à fond pour ce concert.

Crédit photo Jean O Rock Alternative News

En première partie, c’est un groupe anglais, dont le leader vient de Salford près de Manchester, qui ouvre la séance. Et qui le fait de la plus belle manière en faisant une très belle reprise de « Ceremony », le titre charnière entre Joy Division et New Order. Peter Hook & The Light, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, enchaîne alors 5 titres de New Order, première surprise, sans « Blue Monday ». Vous l’aurez compris, ce sont les titres de New Order qui feront office de première partie, le reste du concert étant dévolu aux chansons de Joy Division. Hooky a l’air en forme, il a dû se remettre au sport, il est sharp aujourd’hui et affiche une belle vigueur. Après ces 6 premières chansons, le groupe se retire pour un petit quart d’heure, puis revient et entame un « Atmosphère » des plus atmosphériques pour nous mettre complètement dans l’ambiance. Car l’heure est maintenant à la célébration de Joy Division, après la petite mise en bouche avec New Order. Ce n’est un secret pour personne, Peter Hook est aujourd’hui plus intéressé par la période Joy Division que New Order. C’est l’intégralité de « Unknown Pleasure » qui suit donc cette mise en condition. Et tous les titres sont là pour mettre le public en joie. C’est d’ailleurs le cas ce soir. L’enthousiasme du public croit de façon exponentielle au fur et à mesure que le set se déroule. Et c’est communicatif, Peter Hook et ses acolytes sont en grande forme ce soir et font montre du même enthousiasme que le public. Peter Hook parade avec sa basse, la brandit régulièrement comme l’arme fatale d’un post-punk dont il fut un des premiers créateurs. Comme il a repris le chant, et que celui-ci n’est pas forcément son point fort ce qui le force à se concentrer dessus, Peter Hook ne joue pas toujours de son instrument. Il est secondé par Jack Bates qui n’est autre que son fils. Cependant dès qu’il prend son instrument en main, on reconnaît tout de suite sa patte si caractéristique. Après nous avoir enchantés avec les chansons si emblématiques de l’album « Unknown Pleasures », un nouveau break nous permet d’échanger nos premières impressions de ce concert avec nos voisins. Nous sommes tous d’accord que nous avons tous un plaisir fou à réécouter ces fabuleux titres qui avaient sonné la transition du punk rock vers ce que nous appelons aujourd’hui le post punk. Peter Hook et ses Light nous offre le plaisir coupable de la nostalgie pour les plus anciens, et du rêve d’une époque qu’ils n’ont pas connue pour les plus jeunes. Car le public est bigarré, rassemblant nombre de personnes aux cheveux gris, des quarantenaires, des trentenaires, mais aussi de jeunes adultes arborant les T-Shirts Joy Division, ce qui montre bien le regain d’intérêt depuis une quinzaine d’année pour les groupes pionniers du post punk.

Crédit photo Jean O Rock Alternative News

Le retour sur scène du groupe commence par la lecture d’un message de Peter Hook qui rend un vibrant hommage à Ian Curtis, le chanteur de Joy Division, disparu il y presque tout juste 42 ans, mais aussi aux victimes du Bataclan il y a plus de six ans. Le message de Peter souligne avec justesse qu’il est heureux de constater que ces événements terribles ont fait place à la joie et le plaisir retrouvé de la musique dans cette salle mythique. Et cette fois-ci, pour cette 3ième partie de concert, c’est au tour de l’album « Closer » d’être joué en intégralité. Et ce sont à nouveau de superbes interprétations que Peter Hook & The Light offre à une assemblée totalement conquise. Peter Hook met tout son cœur et son énergie à relever le défi de combler l’absence de Ian Curtis. C’est vrai qu’on aimerait que celui-ci soit parmi nous au Bataclan, car il est tout de même irremplaçable. Mais le groupe s’en sort finalement très bien. Petite déception cependant, sur « Passover » Peter Hook ne joue pas de basse 6 cordes comme sur l’enregistrement. Il ne joue pas du tout d’ailleurs, laissant Jack Bates assurer l’intégralité des riffs de basse. C’est pourtant un des titres préférés de Peter Hook… Après le dernier titre « Decades », un des meilleurs de Joy Division même s’il n’est pas le plus joyeux, joué avec une présence beaucoup plus importante de la guitare ce qui n’est pas désagréable, au contraire cela rejoute encore plus de puissance au morceau, le groupe quitte de nouveau la scène.


Crédit photo Jean O Rock Alternative News

C’est maintenant le rappel. Et Peter décide de nous offrir un final aux accents punks, en nous servant les premiers morceaux de Joy Division, comme « Failures », titre résolument punk. Il faut dire que Peter Hook aux débuts de Joy Division ne jurait que par des titres rapides et joué fort, dans la plus pure tradition punk. C’est Martin Hannett, l’ingénieur du son, et Ian Curtis qui avaient apporté le son plus « trafiqué » qui fera le succès des deux albums de Joy Division. Depuis Peter a reconnu le génie et l’intérêt de ces mixages. Mais là, on le sent heureux de reprendre les titres plus crus de leurs débuts. Second titre emblématique de cette période, le controversé (à l’époque) « Warsaw » qui commence par « 3 5 0 1 2 5 Go ! » le matricule donné à Rudolf Hess (!). C’est bien sûr l’ébullition dans la fosse où les pogos vont bon train. C’est ensuite « Transmission » le premier succès de Joy Division, puis « Love Will Tear Us Apart », le dernier succès qui vont clore la soirée de 2h20 tout de même. Les regards des spectateurs se croisent et sans se parler, tout le monde est unanime, Peter Hook & The Light viennent de nous faire revivre des moments, certes nostalgiques, mais tellement bons ! Carton plein, Hooky, avec cette tournée ! L’hommage a été à la hauteur, et a dépassé les attentes que nous pouvions avoir. Et dire qu’on avait un peu hésité à revenir… les regrets auraient été de ne pas être venus !


Crédit photo Jean O Rock Alternative News

Setlist:

1. Ceremony

2. Age of Consent

3. Regret

4. True Faith

5. Crystal

6. Temptation

Part 1

7. Atmosphere

8. Disorder

9. Day of the Lords

10. Candidate

11. Insight

12. New Dawn Fades

13. She's Lost Control

14. Shadowplay

15. Wilderness

16. Interzone

17. I Remember Nothing

Part 2

18. Atrocity Exhibition

19. Isolation

20. Passover

21. Colony

22. A Means to an End

23. Heart and Soul

24. Twenty Four Hours

25. The Eternal

26. Decades

Rappel:

27. Failures

28. Warsaw

29. Transmission

30. Love Will Tear Us Apart

 


Jean O - Rock Alternative News