Le concert
de Panic! At The Disco avait une saveur spéciale en ce 1er mars 2023.
En effet le frontman et leader du groupe, Brendon Urie, a annoncé fin janvier
de cette année mettre fin au groupe à la fin de la tournée "Viva Las Vengeance
Tour", soit le 10 mars 2023. Il ne restera plus que 5 dates après le concert de
Paris. Le choix de l’Accor Arena Bercy est probablement lié à cette annonce, un
Zénith qui en temps normal aurait été probablement plus approprié, risquait d’être
un peu juste pour le dernier concert parisien du groupe. Et en effet, même si
Bercy n’est pas complet ce soir, le public est néanmoins venu en nombre et seuls
ceux qui sont venus très tôt prendre place dans la file d’attente ont pu
accéder à la barrière.
La première partie est assurée par Fletcher, une jeune
chanteuse pop. Même si ce n’est pas vraiment notre style de musique préféré, le
set est agréable, et les fans sont visiblement venus en nombre lui font le meilleur accueil.
Pendant la pause entre les sets les écrans affichent le
compte à rebours pour le début du concert de Panic! At The Disco, et c’est donc
un peu avant neuf heures que celui-ci débute. C’est « Say Amen (Saturday
Night), titre de l’avant dernier album, qui assure l’ouverture. Et c’est le
début de la déferlante d’énergie de Brendon Urie qui ne faiblira pas jusqu’à la
fin du show. La première partie du concert est consacrée à une sélection parmi
les meilleurs titres des 3 derniers albums sortis avant « Viva Las Vengeance ».
Le public est comblé par ce choix et montre son enthousiasme à chacun des
titres joués. La seconde partie est, elle, dédiée au dernier album de Panic! At
The Disco, et l’ensemble des titres seront joués dans l’ordre. Certainement que,
du fait de la dissolution du groupe, Brendon Urie souhaitait que chaque morceau
de leur dernier album soit joué en live. Avant chacune des chansons, le trio à
cordes placé à côté de la batterie fait une jolie petite introduction. Et il
faut avouer que l’ensemble de l’album passe plutôt bien en live, certains
titres faisant un peu penser à du Queen. Côté qualité et richesse du son, il n’y
a vraiment rien à redire : nous avons les instruments rocks classiques,
mais aussi le trio de cordes déjà cité, ainsi qu’un ensemble de cuivre du plus
bel effet sur certains titres. De quoi ravir les cages à miel !
Brendon Urie lui démontre tout au long du set ses formidables capacités vocales. De ce point de vue-là, il aura rempli son contrat avec brio. On aurait cependant aimé de la part du frontman, un peu plus d’interaction avec le public. Certes il remerciera à plusieurs reprises le soutien du public pendant ces dix-huit années. Mais il aurait pu être plus loquace, notamment lorsque les spectateurs à l’unisson allumaient les flashs de leurs smartphones, particulièrement sur le tubesque « Girls/Girls/Boys ». Brendon Urie a été impressionné par cette marque d’amour du public, et on aurait apprécié qu’il fasse un petit speech d’adieu, mais il n’en fut rien, tant pis !
Après
la page « Viva Las Vengeance », la troisième partie du concert est de
nouveau consacrée aux tubes du groupe, de « Girls/Girls/Girls » à « Victorious »,
en passant par les incontournables « Nine In The Afternoon » et « I
Write Sins Not Tragedies ». De quoi combler le public qui,
systématiquement, reprend en chœur les paroles des chansons. Sur chacune des chansons,
on apprécie les light-shows ainsi que les images projetées sur les écrans derrières
les musiciens, qui les accompagnent parfaitement. Sur certaines d’entre elles,
on aura aussi droit à quelques jets de flammes. Une scénographie convaincante
tout en n’étant pas « too much », un bon équilibre pour un excellent
show au final.
C’est « High
Hopes » qui clôture le concert qui ne comporte pas de rappel. On a eu tout
de même 1h45 de show ininterrompu ! Sur la fin de la chanson les canons à
confettis finissent en apothéose ce qui sera le dernier concert parisien de
Panic! At The Disco, en tout cas pour quelques années, car on ne désespère pas assister
à une reformation dans le futur. En tout cas l’excellente soirée que nous avons
passée nous le fait espérer ! Viva Panic! At The Disco et viva le Viva Las
Vengeance Tour !
Klone, groupe incontournable de la scène métal et rock progressif français vient de sortir son nouveau chef-d'œuvre "Meanwhile" ce 10 février, nou avons eu la chance de rencontrer Yann et Guillaume du groupe pour leur poser quelques questions avant la sortie de ce nouvel opus.
Salut les gars comment allez-vous ?
Yann : Bonjour Gian, tout va bien merci !
Guillaume : Tout roule pour moi aussi , impatient de defendre notre nouvel album sur scène !
Votre nouvel album Meanwhile sort le 10 février. Pouvez nous dire comment se sont déroulées les phases de création et de compositions de l'album ?
Yann : Guillaume a composé la majorité des morceaux. Aldrick a également apporté sa pierre à l'édifice et a composé le morceau 'Apnea' . Au début du processus, on s'envoie des maquettes. Par la suite, je vois comment la voix va occuper l'espace, afin d'avoir une vue d'ensemble. On échange alors sur les structures et les longueurs instrumentales à définir. Puis j'entame la composition de mes lignes de chant, avec dans un premier temps les notes et le rythme, avec une sorte de yaourt. Puis les paroles viennent se greffer à la fin.
Guillaume : J'accumule toujours pas mal d'idées que je met de coté , que je laisse reposer , ça s'étale pas mal dans le temps . Je maquette pas mal de choses que j'envoie aux restes du groupe , puis on se met à travailler dessus à distance , mais aussi en repetant !
Il faut dire aussi qu'avec le confinement on a eu le temps de prendre notre temps:)
Quels sont les sujets abordés sur ce nouvel album ?
Yann : « Meanwhile » parle d'évènements qui se déroulent au même moment, mais dans des lieux différents. Les textes évoquent notamment les choix que l'on fait ou que l'on subit, et qui peuvent changer le court de nos histoires. L'écriture découle toujours de ce que m'inspire la musique, la pochette et le titre de l'album. C'est la dernière étape de composition. Mais j'aime bien l'idée de ne pas trop les expliquer et de laisser le choix à l'auditeur / lecteur de se les approprier.
Vous avez déjà donné plusieurs concerts depuis plusieurs mois. Avez-vous testé les titres du nouvel album en live? Et comment a réagit le public ?
Yann : Oui, on a travaillé 3 nouveaux morceaux en résidence qu'on a pu joué sur les derniers concerts de l'année dernière. Même si les gens decouvraient plus ou moins 2 de ces morceaux ( 'Within Reach' et 'Bystander' sont sorti fin 2022), ils ont très bien été acceuilli.
Guillaume : Il faut toujours un ptit temps d'adaptation pour qu'on les interprète bien en live et c'est pareil pour le public , il faut aussi leur laisser le temps de digerer l'album . Il faut parfois du temps pour bien entrer dans notre musique . Je pense que les morceaux du nouvel album sont vraiment bien taillé pour le live !
Depuis votre album Here Come The Sun de 2015, vous nous aviez habitué à un rock progressif aérien, voir stratosphérique avec Le Grand Voyage accompagné de sa magnifique artwork. En regardant la pochette de Meanwhile, j'ai l'impression que l'on regarde toujours vers le ciel mais avec les pieds sur terre et qu'une tempête est sur le point d'arriver ?
Yann : Il n'y a pas forcément de réponse toute faite mais ton 'explication' me va très bien ! Effectivement, musicalement on revient vers des sonorités plus 'métal ' avec une production plus massive que sur « Here Comes The Sun » et « Le Grand Voyage ». Mais concernant la pochette, libre cours à l'imagination de chacun de voir ce qu'il a envie de voir.
Que s'est-il passé depuis la sortie de votre dernier album studio de 2019 ?
Yann : Beaucoup de choses ! On a pas mal touné à la sortie du « Le Grand Voyage », notamment une tournée en Europe avec Leprous. Puis le confinement est arrivé quelques jours après. Alors comme tout le monde, on a passé quelques semaines chez nous. Puis on a repris tranquillement le travail une fois le confinement levé et on a enchainé la composition et l'enregistrement de «'Meanwhile'. A cela s'est ajouté quleques mois plus tard une tournée aux Etats-Unis avec Pain of Salvation, la croisière« Cruise to the Edge » et le « Prog Power Fest » à Atlanta.
Peut-on dire que Meanwhile est une suite logique et naturelle de votre album studio Le Grand Voyage ?
Yann : Ce que je peux dire c'est qu'on ne voulait pas reproduire un 'Grand Voyage' bis. On a donc bosser pour proposer quelque chose de différent. D'ailleurs on revient un peu aux sources avec des compositions plus directes et un son massif signé Chris Edrich. Finalement, je pense que 'Meanwhile' est un condensé de notre côté metal qui peut se retrouver sur 'Black Days' ou 'The Dreamer's Hideaway' et le côté plus éthéré de 'Here Comes The Sun' et 'Le Grand Voyage'.
Êtes vous autant impliqué et engagé à la cause écologique que vos amis de Gojira par exemple ?
Yann : Non, pas directement. Nous proposons une musique et des paroles plutôt oniriques, sans délivrer de message précis sur l'écologie, même si nous nous sentons évidement tous concerné. Nous ne sommes pas des consommateurs frénétiques, nous avons besoin de peu de choses finalement. Notre engagement se situe peut être ici, dans notre quotidien et nos vies privées. Pour revenir à Klone, il y a des métaphores dans les textes qui peuvent se raccrocher à cette thématique, mais j'essaye toujours de laisser une porte ouverte pour que chacun puisse s'approprier son interprétation.
La sensibilisation à l'écologie peut aussi passer par la musique ?
Yann : Oui, si l'artiste est sincère, qu'il assume pleinement son engagement et le message qu'il veut faire passer. Tu parlais de Gojira, c'est un très bon exemple, notamment par les actions qu'ils mènent comme leur opération Amazonia.
Comment avez vous vécu le confinement avec l'arrêt des tournées et de tout ce qui allait avec ?
Yann : De mon côté, je l'ai plutôt bien vécu. J'ai pu passer du temps avec ma famille, profiter du calme de la campagne, prendre le temps de ne rien faire.. c'était comme un moment suspendu, un peu intemporel, ça nous a beaucoup plu, malgré le contexte sanitaire.
Etant intermittent du spectacle, on a pu également bénéficier de l'année blanche mise en place par le gouvernement. Ca nous a clairement aider financièrement à surmonter cette période.
Guillaume : Pareil je l'ai super bien vécu , c'était un peu comme des vacances forcées et j'ai pu me concentrer sur d'autres choses . J'ai pris le temps de prendre mon temps , faire des choses simple , ralentir le rythme de vie aussi … Après l'impacte sur la tournée du Grand voyage , c'était quand même chiant … Mais on final nous nous en sommes bien sorti car on a pu le defendre pas mal en live , que ce soit avant ou apres cette periode etrange . Ce qui est cool aujourd'hui c'est que nous sommes bien reparti pour jouer à fond sur cette année 2023 et ça fait bien plaisir !
En 2021, vous avez sorti votre premier album live Alive. Est-ce que sa sortie était prévu avant l'arrivée de la pandémie ?
Guillaume : Non pas dutout , on avait de coté les enregistrements de quelques concerts … A vrai dire on avait pas envie de rester là sans rien faire et cette periode était une bonne occasion pour sortir un album live alors qu'on était privé de pouvoir en faire . C'est notre 1er album live et il est bien représentatif de notre discographie . Nous sommes content du travail de Chris Edrich sur le mixe et on a eu de super retours dessus !
Était-ce un besoin ou une envie de sortir cet album live ?
Yann : C'est une idée que nous avions en tête depuis un moment. On avait réussi à enregistrer 2 concerts en multi pistes, à Barloo (NE) et Audincourt (FR). L'opportunité de sortir un album live s'est alors présentée et nous avons pu la concrétiser.
Le 11 septembre 2001 a été marqué par les attentats aux États-Unis, la sortie du dernier album Des Visages Des Figures de Noir Désir, mais aussi du lancement de votre label La Klonosphère. Comment va-t-il depuis toutes ses années ?
Guillaume : Ecoute tout se passe très bien , c'est toujours un plaisir de pouvoir découvrir des nouveaux projets en zic , et ça me permet de continuer à être au courant de ce qui se passe sur notre scene française qui est plus productives et qualitatives que jamais ! Je ne pensais pas que cette histoire durerait aussi longtemps quand j'ai commençé à l'époque ! Personnellement ça me fait toujours autant plaisir de pouvoir aider des groupes à avançer , donner des conseils aussi par rapport à mes experiences .
Klone,
qui vient de sortir son nouvel album « Meanwhile », avait donné
rendez-vous à son public parisien au Tradendo le samedi 11 février 2023. Le
groupe avait eu la bonne idée de demander de les accompagner à deux excellents
groupes français The Old Dead Tree et Patrón. Nous
ne pouvions donc pas rater ce rendez-vous.
C’est
Patrón qui ouvre le bal. On ne vous les présente plus car
ils ont déjà fait l’objet d’articles sur Rock Alternative News, car c’est un
groupe que nous apprécions particulièrement. Bon, pour ceux qui n’auraient pas
été assidus à la lecture de R.A.N. (ce n’est pas bien ça !), on reprend
depuis le début. Patrón
donc, avec un accent sur le o et qu’il faut prononcer à l’espagnole, est un
groupe français (oui, oui !) fondé par Lo, le frontman de Loading Data que
certains connaissent peut-être. En tout cas, ce nouveau projet de Lo a été une
vraie réussite avec la sortie en 2020, en pleine pandémie, du premier album
éponyme, produit, excusez du peu, par Alain Johannes (Queens of the Stone Age,
Them Crooked Vultures, Chris Cornell or Mark Lanegan). L’album distille un
stoner rock de première classe. Nous avions vu Patrón en mars 2022 au Backstage By The Mill qui nous avait
alors confirmé tout le bien qu’on pensait d’eux.
C’est
donc Lo, accompagné de Aurélien Barbolosi à la guitare, Guillaume Theoden à la
basse et Simon Lemonnier à la batterie qui arrivent sur scène pour nous
balancer en pleine poire le riff bien stoner de « Room With A view »,
le titre qui ouvre d’ailleurs aussi l’album. Et Lo, qui arbore une magnifique
chemise noire constellée d’icônes de la Sainte Vierge, nous fait le grand jeu
avec sa voix de velours, à la tonalité grave si particulière. Ceux qui le
connaissent déjà jubilent, les autres se font séduire et en redemandent. Lo est
impérial, et enchaîne donc quatre titres de l’album, jusqu’à « Very Bad
Boy », le titre qui fait se pâmer le public, avec son riff imparable et sa
voix magnifiquement caverneuse. Le frontman annonce ensuite, la fin du set avec
les deux derniers morceaux « Next Stop », un titre de 2021, et
« Vega$ » un des derniers morceaux en date que nous connaissions pour
l’avoir déjà écouté lors du concert au Backstage BTM. C’est déjà terminé, et le
public totalement conquis, n’arrive pas à cacher sa déception, la prestation
ayant été vraiment trop courte. Pas grave, on est sûrs que des concerts de Patrón il y en aura d’autres ! Et nous y serons bien
évidemment, car incontestablement nous savons qui est le patron !
C’est
ensuite The Old Dead Tree qui prend le relais. Le groupe a l’air de s’être
définitivement reformé, après une existence un peu chaotique qui ne nous
laissera depuis 2007 qu’un EP sorti en 2019. Ils sont maintenant annoncés au
prochain Hellfest. Des micros bardés de branches d’arbres sont disposés sur la
scène qui donnent une petite ambiance metal gothique. Les compositions sont de
bonnes factures, avec ce qu’il faut de mélancolie pour les titres issus du
dernier EP « The End », et des titres plus énervés. Le chant est
agréable, avec des alternances de chant clair mélancolique et de growl désespéré.
La prestation du groupe est appréciée par l’audience, qui comporte d’ailleurs
probablement des fans de la première heure venus pour assister à la
consolidation de la reformation du groupe. En tout cas le set est convaincant
et TODT aura toute sa place au Hellfest.
Après ces deux excellents sets, c’est au tour de Klone d’investir les lieux. Le public est venu en nombre pour eux ce soir. Le titre qui ouvre le set des poitevins est « Elusive » tiré du dernier album « Meanwhile ». Les riffs sont lourds, mais le chant clair, presque aérien, de Yann Ligner rend le tout d’une légèreté bienvenue. Le ton se durcit avec la second titre « Rocket Smoke », il faut dire qu’il a plus de 10 ans ce titre et date de l’époque metal du groupe. Retour au metal plus léger, plus aérien, avec des titres des deux derniers albums « Le Grand Voyage » et « Meanwhile », notamment « Sealed » et son riff qui rappelle Alan Parson Project. Une sorte de communion s’installe entre le groupe et le public, presque en apnée sur ces morceaux qui lorgnent plus sur le rock progressif que le metal. Les titres du dernier album sont néanmoins plus nerveux, les riffs plus lourds, que ceux du précédent opus, faisant ainsi une sorte de synthèse du metal et du rock progressif qui devient la marque de fabrique de Klone.
Ce retour à quelque chose d’un peu plus rugueux est finalement une bonne chose et rend les prestations live plus vivantes et intéressantes. Klone nous embarque dans son voyage musical, et il est impossible de résister à la montée en puissance de la musique qui vous contraint à headbanger… mais de façon incroyablement légère. Rien à voir avec certaines formations metal bas du front ici. Nous avons affaire à de la dentelle métal, ciselée par des musiciens qui connaissent leur ouvrage, Guillaume Bernard en tête.
Nous aurons
bien sûr aussi droit à l’incontournable reprise de Bjork « Army of Me »,
superbe version de cette excellente chanson. Nous arrivons doucement vers la
fin du set, le rappel ne comportera qu’un titre, et Klone nous aura fait voyager
dans leur univers mélancolique et puissant à la fois, et aura réussi son retour
sur la scène parisienne. Klone s’inscrit définitivement comme un groupe
incontournable du rock/metal progressif français.
C'est en 2020, année de l'arrivée du Covid et de sa tournée mondiale qui a paralysé la quasi totalité de la planète en 1 mois que le groupe SEUM, lancé par 3 frenchies expatriés à Montréal voit le jour avec un premier EP intitulé “Summer Of Seum”: "On avait juste démarré SEUM et le confinement nous a coupé en plein élan, en tant qu’expats on ne connaissait personne à Montréal et on ne pouvait pas faire de concerts. Mais avec le recul ça a eu un impact positif, on a dû sortir des sentiers battus pour nous faire connaître en faisant des streams vidéos, en sortant les morceaux de notre EP Summer of Seum séparément comme autant de singles et en connectant avec des groupes et illustrateurs du monde entier. Et puis cette période difficile nous a inspiré un nom de groupe marquant, SEUM!", nous explique Piotr dans un premier temps, bassiste du groupe.
Donc, nous voilà tout juste arrivé en 2023, là où la vie aurait presque reprise son rythme normal, que le trio nous livre son deuxième album intitulé Double Double, un nom qui fait une nouvelle fois référence au café (après la pochette de Winterized, le premier album de SEUM) et Piotr continue de nous expliquer: "Le premier album était noir comme la periode et le café qu’on avalait durant son enregistrement. DOUBLE DOUBLE tire son inspiration de la période beaucoup plus positive qui a suivi: les nombreux concerts en France et au Canada, les rencontres avec les groupes et le public, les excellents retours des médias. On a voulu faire un clin d'œil à ce changement d’ambiance avec le titre de l’album, un double-double au Québec c’est un café avec 2 sucres et 2 crèmes."
Un café super calorique pour un album survitaminé, voici la solution pour faire face aux rudes hivers nord-américains. Avec cette nouvelle galette, le groupe a voulu revenir à un son plus brut avec un groove imposant mené par Piotr à la basse et Fred à la batterie suivis de Gaspard au chant écorché et sauvage qui s'est dépassé sur l'album, et ils ont été accompagnés par John Golden, producteur légendaire des Melvins pour le mastering de l'album, Piotr enchaîne: "Winterized sonnait lourd et étouffant, avec DOUBLE DOUBLE on a voulu un son plus ouvert à l'image des nouvelles compos. Pour que le disque sonne quand même puissant on s’est dit qu’il nous fallait un grand nom au mastering. John Golden semblait une évidence, c’est la légende derrière le son des Melvins - un groupe qui nous inspire beaucoup dans sa démarche, toujours imprévisible - mais aussi Sleep, Weedeater ou encore, dans un registre différent, Soundgarden. En comparaison avec ces noms-la, on est un tout petit groupe mais John nous a super bien traités comme le grand professionnel qu’il est et a donné une vraie identité sonore à l'album."
Double Double est composé de 8 nouvelles bombes avec des titres ravageurs tels que "Dollarama", "Snow Bird" et "Dogs Days" où Gaspard partage le micro avec Noureddine El Ouarite : "Nono est une légende de la scène métal Parisienne, si tu vas à un concert dans le coin, tu peux être sûr de le rencontrer. Il a commencé à chanter dans les années 90's dans des groupes hardcores comme Guilty, Darkdawn ou encore 6-DTC avant de fonder le groupe stoner Mlah!. Nous nous sommes rencontrés au Ventre de la Baleine, dans les studios qu’on partageait avec mon ancien groupe Lord Humungus. Noureddine nous avait entendu répéter de l'extérieur et est rentré dans notre local, le joint aux lèvres, souriant, pour nous écouter et nous encourager. On a ensuite enchaîné les concerts ensemble jusqu’à notre départ pour le Canada. Dog Days est un morceau rétrospectif sur cette époque et c’est tout naturellement que nous avons invité Nono sur ce titre." nous raconte Gaspard, chanteur du groupe.
Nono et Gaspard. Paris, juin 2022.
Avec DOUBLE DOUBLE, le combo de Montréal fait un big middle finger à la fameuse malédiction du 2ème album :"Ça aurait été facile de refaire un album dans la lignée de Winterized mais on a voulu sortir de notre zone de confort. Les réactions qu’on a reçues en concert, notamment lors de notre tournée en France, ont inspiré la composition des morceaux: ceux-ci sont beaucoup plus narratifs, écrits pour être vécus en live. On s’est aussi nourris de notre expérience double d’expats français lâchés en Amérique du Nord pour les thèmes. On est un peu à l'image de Double Boy, la créature de la pochette, paumés en plein centre-ville de Montréal, les yeux écarquillés." nous dit Piotr.
Mais SEUM n'est pas qu'un simple groupe, c'est une équipe voir même une famille qui gravite autour du groupe avec à l'enregistrement depuis ses débuts en 2020 un certain Marteau au son : "Marteau est l’alias ingé-son de Fred. On bosse en petit comité! Mais le boulot de Marteau est de plus en plus apprécié, c’est lui qui a mixé le dernier album de Fátima, Fossil, par exemple." nous dit Piotr avant que Fred, alias Marteau prenne la parole: "Depuis le début, c'était important pour nous de faire un très gros son pour SEUM, tout en gardant l’aspect “do it yourself”. Le challenge étant de bien capturer le son baveux et massif d’une basse et de garder une bonne image stéréo, le tout sans utiliser d’autres instruments… Aucune guitare électrique donc. On a développé pas mal d’astuces, par exemple l’utilisation de plusieurs amplis, plusieurs pédales… et le résultat est au rendez-vous, on arrive à faire un rendu épais mais avec notre propre signature sonore, vraiment différent de la production de Doom typique a deuxguitares plus basse. Pour DOUBLE DOUBLE comme pour nos précédentes sorties, on a tout enregistré dans notre studio (la Seum-Cave). J’ai mixé l'album, mais cette fois, on a fait masteriser le tout par John Golden qui a fait un travail monumental. Quelle expertise! John est une légende, et pour lui donner le maximum de liberté, on lui a fourni un mix très dynamique et peu compressé. Et ça s'entend sur l’album: la batterie est impactante, les instruments sont bien séparés, la voix ressort… ça groove et ça rebondit, parfaitement en accord avec l’esprit de l’album un peu plus “rock”... On est super satisfait! Maintenant, on est assez rodé et on a été capable d’enregistrer l’album en un temps record. On a hâte de se mettre au boulot pour la suite!".
Piotr, Fred et Gaspard.
Gorka alias Cosmogol666 sur Instagram, dessinateur inspiré par la bd des 80's signe une nouvelle collaboration en offrant ses services au groupe en réalisant un autre artwork incroyable après le split avec Fátima, il s'explique en détail: "Le groupe a été très clair dès le début, pour leur nouvel album SEUM ne voulait pas d'un truc à l'esthétique "métal". Zut! Adieu les chateaux maléfiques, perspectives sataniques et autres démons éviscérés, ou éviscérant. Ils m'ont plutôt évoqué les pochettes d'albums comme “Houdini” des Melvins, “Dookie” de Green Day, etc. Le trio voulait quelque chose de dessiné qui pourrait être la pochette d'un groupe de n’importe quel style.
Comme toutes les cartes plus ou moins blanches, c'est à la fois très intéressant et stimulant, mais aussi un peu intimidant. Un "double-double" à Montréal, c'est une façon très classique de commander du café. Je souhaitais m'inspirer de ce titre sans trop non plus rester englué dans sa définition exacte. L'idée du personnage est venue un peu toute seule en gribouillant sans trop y penser, en laissant filer la main. En échangeant sur l'idée, Piotr m'a proposé d'inclure des éléments de la ville de Montréal dans le dessin et ça m'a parlé tout de suite.
Depuis le début, SEUM inscrit son univers dans leur réalité canadienne et je trouve ça super malin. Se servir ainsi d'éléments de la scène et de la ville dont on est issu, dans laquelle on baigne, ça permet à la fois de s'imprégner de son ambiance, de ses spécificités, et de s'y inscrire, d'y graver son nom. Il y a un vrai échange qui se fait entre le groupe et son public local, ça crée des liens grâce à des éléments de référence quotidiens communs, ça rend hommage et à la fois on peut s'y abreuver pour en imprégner sa personnalité. J'ai proposé de non seulement dessiner des buildings réels de Montréal, mais en plus de les déformer... Demandez aux dessinateurs, les décors c'est l'enfer, c'est chiant, ça prend du temps et de la discipline, alors en plus les tordre dans tous les sens? Pfff la galère… Ces satanés immeubles j'aurais pu les dessiner puis les déformer sur GIMP (la version freeware de Photoshop), ça aurait rendu le résultat final plus "propre", plus "exact", mais le défi personnel était de jouer le vrai. Je voulais que le dessin réalisé soit le plus proche possible de la pochette finale. Le groupe était complètement en phase avec cette idée donc le nom du groupe, le tracklisting, la tranche du digipack, etc… ont tous été intégrés dans le concept et dessinés entièrement à la main.
L'album sort aussi en version vinyle (miam!) chez Electric Spark, du coup, histoire de me compliquer encore un petit peu la tâche, j'ai proposé de faire deux versions couleurs différentes qui se répondent, ça colle bien avec le titre de l'album. Ainsi sur la version digipack c'est la pochette de la version vinyle qui apparaît sur le panneau publicitaire qui sert à afficher la liste des chansons au dos de l'album, et inversement. Pour la sortie du single Snow Bird, je me suis amusé à concocter une mini pochette en reprenant des éléments de l'illustration. Ce qui est cool c'est que comme pour la pochette, le résultat final est le fruit d'un échange constant avec le groupe.
Quelque temps après, le label américain Riff Merchant a proposé de sortir l'album en cassette, et bien pourquoi ne pas faire une troisième version de l'artwork nous sommes nous dit? J'ai concocté une nouvelle version, un peu ambiance vieille bande dessinée, avec les lignes un peu décalées, des trames de points pour les couleurs, ça colle bien avec le côté old-school du format cassette.
(Si vous aimez voir l'envers du décor, rendez-vous sur mon Instagram @cosmogol666 sur lequel je vais poster les brouillons et étapes intermédiaires. Ca baignera au milieu de mon projet actuel, ma bédé autobiographique Le Ninja de Place de Clichy que je publie en anglais sur mon instagram au fur et à mesure. La version française est publiée par un journal associatif du 18ème arrondissement de Paris, je pense aussi bientôt l'auto publier avec des bonus. Si vous n'avez pas Instagram, je posterai aussi des news sur mon site www.gorkauztarroz.com. Ha oui, les groupes qui veulent des pochettes bien funky contactez-moi, et les groupes de métal aussi hein, j'ai envie de les dessiner et peindre ces châteaux maléfiques!)".
Sortir un album ne suffisait pas au groupe proche de ses fans car il a réalisé une chasse au pochoir Seum 2X2 dans tout Montréal en offrant un concert privé dans la Seum-Cave à celui qui trouverait le plus de pochoirs, et Fred, batteur du groupe conclu l'interview : "Depuis nos débuts, on fait tout nous-même, DIY à 100%, c’est aussi le cas pour la promo. On s’est demandé comment promouvoir l’album sans budget et on a décidé de lancer un jeu de piste dans Montréal à l’aide de pochoirs. Notre public était invité à reposter chaque pochoir trouvé et les gagnants nous rejoindront pour un concert privé. C’est une manière fun d’inclure le public mais aussi d’inscrire l’album, au sens propre, au sein de la ville qui nous inspire tant."
Depuis ses débuts en 2020 avec 2 EPs, une cover de Prince, un split vinyl avec Fátima, un mini album live enregistré à la Seum-Cave et 2 albums, le groupe nous a toujours surpris et ne s'est jamais reposé sur ses acquis en repoussant toujours ses limites et continue de nous surprendre à chaque nouvelles sorties. Bref, le défi est hautement réussi avec ce 2ème album et le groupe ne finit jamais de nous surprendre.
Arrivée le 29 août sur RTL2, Marjorie Hache remplie toutes les cases du tableau : animation au top, bonne humeur, programmation d'enfer et un accent écossais dont vos cages à miel (comme nous dirait Tonton Zégut) vont en tomber amoureuse dès les premières secondes d'écoute. La radio n'est pas un métier mais bel et bien une passion et un amour certain pour la musique. Voici le premier entretien pour son arrivée dans Pop Rock Station avec également les participations de Francis Zégut, Éric Jean-Jean et Pierre Janaszak de RSTLSS pour une interview 100% radiophonique autour de Marjorie Hache. Enjoy !
Salut Marjorie comment tu vas ?
Hello, pas trop mal. Je n'ai pas vu passer ces trois derniers mois.
Début août, on apprenait sur les réseaux que tu allais tenir Pop Rock Station du lundi au jeudi sur RTL2. Qu'elle a été ta réaction lorsque l'on t'a proposé cette place ?
"Wow no way?! Dream job." J'étais super contente. Présenter une émission radio régulièrement, et qui plus est une musicale, me manquait. J'étais un peu inquiète après le rythme bizarre de ces dernières années où, je pense comme beaucoup de personnes, j'ai vu pas mal de choses tomber à l'eau. Je n'osais pas trop y croire et du coup j'en ai parlé à très peu de personnes jusqu'à l'annonce officielle par Tristan Jurgensen.
T'as pas eu d'appréhensions sur le fait de passer après Tonton Zégut qui a tenu l'émission pendant 20 ans du lundi au jeudi ?
Bien sûr. Zégut est une figure mythique du rock et de la radio en France. J'ai beaucoup d'amis pour qui sa présence sur les ondes a été salvatrice question musique. Il a fait beaucoup pour la ou plutôt les scènes métal en France mais pas que... Big shoes to fill ! Après, la tranche du lundi au jeudi était devenue une tranche de flux depuis quelques temps donc je ne suis pas arrivée sur une tranche qu'il venait de quitter . Le fait qu'il fasse une grande messe de rock'n roll le dimanche soir m'a aussi rassuré.
Comment t'ont accueillie les fidèles auditeurs de Tonton Zézé ? Quelles ont été leurs réactions en écoutant tes premières émissions sur RTL2 ?
Vraiment chaleureusement. J'avais un peu peur de me prendre des tacles parce que je n'étais pas Francis Zégut et des commentaires lourds sur mon apparence (Et oui, on ne peut pas tous avoir une aussi belle barbe que Francis) et non sur le contenu musical… mais que nenni ! Les auditeurs d'RTL2 et les fidèles de Pop Rock Station ont étés super accueillants, curieux, bon esprit surtout au début alors que je cherchais mes marques à l'antenne et autour de mes playlists d'émissions. Ça m'a vraiment fait chaud au cœur de recevoir des messages de vrais fans de musique.
J'imagine que tu connais Francis Zégut depuis pas mal de temps. Te souviens-tu de ta première rencontre avec ce grand monsieur de la radio française ?
Et bien figure toi qu'on ne s'est pas encore rencontrés en personne !! Lui est sur la French West Coast et moi à Paris. Je fais aussi des chroniques chez Eric Jean-Jean dans le Drive RTL2 et je présente régulièrement une émission musicale "Encore" pour la chaîne internationale France 24. La rentrée 2022 a donc été intense. Mais on s'écrit au moins une fois par semaine pour échanger sur des groupes qu'on aime où des choses qu'on va faire dans nos émissions. On va essayer de se rencontrer en personne début 2023. Watch this space.
Quel rôle a-t-il avec toi depuis que tu as rejoint RTL2 ?
Repose-moi la question dans un an. Je n'ai pas encore assez de recul. En revanche je peux te dire que depuis que j'ai commencé il a été super cool avec des messages bienveillants et encourageants. Il me laisse ma place pour que je puisse développer ma version de Pop Rock Station en semaine. On échange sur la musique et c'est cool parce que fondamentalement, c'est elle la star de l'émission.
Tu nous viens de ce magnifique pays qu'est l'Ecosse. Comment es-tu tombée amoureuse de la musique ?
Haha très tôt. Il parait que je donnais des coups de pieds dans le ventre de ma mère en rythme lors d'un concours de cornemuse "Young Piper Of The Year" dans les Hébrides Extérieures. Toute petite j'étais très fan de Yellow Submarine (Beatles) et Barbara Ann (Beach Boys). Je pensais que c'était des comptines pour enfants. Je suis née à Edimbourg mais j'ai grandi entre la France et l'Ecosse. A la maison on avait surtout droit à de la musique traditionnelle Écossaise, du classique et du Jazz. Mais quasiment pas de rock ou musique moderne. J’ai dû construire ma culture musicale en flânant sur les ondes et en enregistrant pleins de morceaux et en achetant des magazines musicaux. J'ai fait quelques années de piano et quand on partait en vacances scolaires dans les Hébrides, tous nos voisins étaient de supers musiciens traditionnels donc il y avait toujours des jam sessions. Mon frère, ma sœur et moi faisions une semaine de stage de musiques traditionnelles avec les enfants locaux. Les amis que je me suis faite là-bas font toujours partie de mes meilleurs. J'ai aussi eu des grosses phases de hip hop quand j'étais ado et qui plus est hip hop français, métal of course et c'est en allant vivre et étudier à Glasgow que j'ai découvert mon amour pour l'électro et la techno.
Quels sont les artistes qui auraient changé ta vie ?
Ha! Les Spice Girls, elles ont littéralement été mon gateway drug/ drogue de passerelle vers la pop musique et très vite le rock et le hip hop. Les clips et leurs looks étaient incroyables sans parler des titres efficaces qui prônaient loyauté et sororité. Même si c'était une appropriation commerciale du Girl Power des Riot Grrrls ce n'était pas une mauvaise chose. Du coup les spice girls m'ont amenées à regarder MTV / MCM où je guettait leurs clips et ca m'a exposé à plein de rock en fin de compte: Garbage, Skunk Anansi, les Smashing Pumpkins, Beck, Blur, No Doubt, ou encore Björk et NIN dont les clips me retournaient un peu la tête. Il y'avait aussi plein de choses un peu moins cools. Disons que la période Nu Metal était sur le point d'exploser. Tout n'était pas glorieux. A travers MTV, je suis tombée sur le clip "Sabotage" des Beastie Boys et je me souviens que les poils de mes bras se sont hérissés. Moment marquant. Après je cherchais les musiques qui me feraient cet effet. Mais je ne pouvais pas passer ma vie devant la télé. La radio était une façon plus intime et sincère (on est pas biaisé par la qualité d'un clip) pour avoir de fortes sensations musicales . C'est arrivé entre autres avec des titres d'Ideal J, Chemical Brothers, Eminem, Nas, Offspring, System Of A Down ou le premier album du 113. Puis j'ai eu une grosse phase 60's rock et Techno. I know...
Comment es-tu devenue animatrice radio ? Quels sont les "grands" animateurs qui t'ont donné l'envie de te lancer dans cette magnifique aventure ?
J'ai voulu faire de la radio vers 13/ 14 ans. Les radios libres ont été un élément déclencheur mais très vite j'étais fan d'émissions de musique. En France, il y avait Yann Zitouny et Vali (Stereo Press) ou encore Mélanie Bauer (Ketchup & Marmelade). A l'époque il n'y avait pas de « Replay » donc j'étais vraiment dépitée lorsque je ratais leurs émissions mais sinon j'écoutais plein de radios différentes et je voulais écouter le plus de musique possible. Ce n'est pas forcément un animateur, mais j'admire beaucoup Jean-Patrick Laurent, le programmateur de OÜI FM qui m'a beaucoup appris en termes de programmation musicale quand je faisais une émission qui s'appelait UK Beats. Mon parcours : J'ai fait des stages à Londres à LBC et au NME quand j'étais au Lycée. Puis j'ai passé plusieurs années à animer des émissions sur Subcity Radio, une radio associative de la fac de Glasgow où j'ai appris énormément en parallèle pendant mes études d'Histoire et Science Politique. J'ai fait des stages à Xfm et Radio Nova et une école de journalisme avant de devenir une "serious news journalist" avec des passages à RFI, France Info, BBC 5 live etc... Mais au bout de quelques années. L'appel de la musique a été plus forte...
Pour toi, quel est le rôle d'un animateur radio ? Et comment s'écoute une émission radio pour être au plus près de l'animateur ?
C'est vraiment une relation intimiste. Je préfère personnellement écouter la radio seule ou en silence si je veux écouter ce que dit l'animateur ou l'animatrice. J'ai envie d'entendre quelqu'un qui me raconte des choses intéressantes et en qui je peux avoir confiance ou qui me fait rire. C'est encore mieux si c'est les deux. Mais ça n'engage que moi.
A l'heure où les plateformes de streaming nous offrent des milliers de playlists faites sur mesures pour leurs abonnés. Penses-tu que la radio a encore de beaux jours devant elle ?
Difficile à dire. Les playlists ne sont pas vraiment la même chose. La radio et le côté répétitif que peuvent avoir certaines playlists sont à double tranchant. Dans le temps, il y avait quelque chose d'unifiant... On écoutait tous une émission en même temps il y avait un vécu commun " Tu as entendu ça à la radio hier soir?" Maintenant c'est plus t'a vu sur Tik Tok ou tu as vu sur netflix?. Je ne sais pas si beaucoup de jeunes écoutent encore la radio planqués sous la couette comme moi et bien d'autres avant le faisaient.... Mais je pense qu'une programmation musicale faite à la main comme on essaye de faire avec Pop Rock Station sur RTL2 c'est autre chose que la playlist d'un algorithme aussi indé ou spé soit-elle. Surtout si on l'accompagne de petites anecdotes et qu'on n'oublie pas que la musique est ce qu'il y a de plus important. C'est certain qu'aujourd'hui la radio doit s'adapter et créer une plus grande offre spécialisée en format podcast.
Tu écoutes quoi en ce moment ?
Plein de choses ... J'ai l'impression d'être constamment en retard sur mes écoutes. J'ai très hâte que sorte les nouveaux Iggy Pop et Gaz Coombes. Spoiler: They are both really good.
Quel est ton coup de cœur du moment ?
Les nouveaux Yeah Yeah Yeahs, Weyes Blood, un jeune Français expatrié à Montreal qui s'appelle Alias. J'ai le nouveau Lee Fields à me mettre sous la dent et je trouve vraiment chouette Tropical Gothclub le projet de Dean Fertita (guiatriste QOTSA, Raconteurs...)
Comment préfères-tu écouter la musique ? Vinyle, Cd, Streaming ... K7 lol ?
Honnêtement c'est le bordel en ce moment. Je suis entre deux appart et je n'ai pas encore eu le temps d'importer ma bibliothèque itunes sur mon ordi (ça fait deux ans que je dois le faire, je n'ai vraiment pas d'excuses à part le fait que je sois technologiquement paresseuse). Mon téléphone est vieux et mon Ipod est mort (obsolescence programmée..,) du coup quand je suis dans les transports j'écoute soit des podcasts soit de la musique via soundcloud/ bandcamp. J'essaye de ne pas utiliser les plateformes de streaming tant qu'elles ne rémunèrent pas correctement les artistes ce qui fait de moi une boomeuse ou une rebelle. Who knows... J'aime écouter des vinyles et des CDs et j'ai toujours toutes mes K7. Franchement je suis ringarde. On dit que les cordonniers sont les plus mal chaussés...
Merci Marjorie de nous avoir consacré un peu de ton temps pour cette interview. On se donne rdv dans 20 ans pour une interview bilan ?
Avec plaisir. Merci à toi.
Et si on partait maintenant sur la French West Coast à la rencontre de Francis Zégut pour nous parler de Marjorie Hache ?
Salut Tonton Zézé, comment tu vas ?
Je vais bien je te remercie.
Début août, on apprenait que Marjorie Hache allait tenir Pop Rock Station du lundi au jeudi sur RTL2. Comment ce choix s'est dirigé vers Marjorie ?
C'est avant tout un choix de la direction de RTL2 pour remettre plus de rock dans les soirées.
Quel est ton rôle auprès de Marjorie depuis qu'elle a rejoint l'aventure ?
Je n'ai aucun rôle précis, je suis heureux qu'il y ait plus de musiques énervées sur RTL2. Quand j'ai écouté un bon truc je lui envoie un mail, le dernier coup de coeur c'est Meryl Streek.
Elle a su bien évidemment garder l'esprit de l'émission tout y amenant un vent de fraîcheur avec un petit renouvellement de la programmation. Peut-on dire qu'elle a passé et relevé le défis avec brio ?
Je la trouve fraîche, passionnée, intelligente de quoi faire un bon bout de chemin, je valide.
Finalement, comme tu nous disais il n'y a pas si longtemps que ça sur tes réseaux : "La radio, c'est une histoire de transmission" ?
De transmission mais aussi d'échange, avec le temps qui passe je rencontre beaucoup d'hommes et de femmes qui ont écouté à une époque ou une autre, pour un animateur c'est la plus belle des récompenses.
Merci pour ta participation, on se dit à dimanche soir à partir de 22H pour la grande messe du rock sur RTL2, mais aussi sur ton byzegut.fr.
Et Éric Jean-Jean, il en pense quoi de Marjorie Hache ?
Salut Éric, Marjorie tient sa rubrique "Le Journal De La Musique" dans le Drive RTL2. Quel effet ça fait d'avoir Marjorie Hache à côté de soi avec son sourire et sa bonne humeur ?
Marjorie est une "bonne camarade". Toujours souriante, arrangeante, elle est aussi cool dans les couloirs de la station qu'à l'antenne. C'est important des gens comme elle dans une équipe.
Elle est la spécialiste du chocolat et nous en amène tout le temps, j'aime ce coté gourmand qui se traduit aussi par ses gouts en musique.
Ajoutons ce délicieux accent et cette immense appétence à la musique et tu comprendras que je suis très heureux qu'elle ait accepté de rejoindre RTL2, d'ailleurs, RTL2 est une vraie petite famille qui peut parfois être un "gang". La greffe avec des nouveaux ne fonctionne pas toujours, avec elle, ce fut immédiat. A titre personnel, et dans mes mots c'est le plus grand des compliments, c'est vraiment une fille sympa et "Gentille". J'aime plus que tout cette qualité.
Elle a aussi une culture musicale incroyable.
Ça, c'est le moins qu'on puisse dire. Et c'est cool de bavarder avec quelqu'un qui situe immédiatement John Paul Jones ou Allan White. J'adore bavarder 'musique' avec elle, parfois un peu trop, nous avons presque parfois des débats à l'antenne. J'admire et respecte beaucoup ses connaissances. C'est rassurant de l'avoir dans une équipe quelqu''un qui maitrise aussi bien son sujet.
Comment la trouves-tu dans Pop Rock Station ?
Fraiche, intelligente, brillante et cool. Parfaite.
Merci Éric de nous avoir consacré un peu de ton temps pour cette petite interview. On te retrouve tous les jours à partir de 16H dans Le Drive RTL2. A bientôt.
Mais que pense aussi Pierre Janaszak, animateur sur RSTLSS (et ami de longue date avec Marjorie) sur son arrivée dans Pop Rock Station.
Salut Pierre, quelle a été ta réaction lorsque tu as appris que Marjorie allait tenir Pop Rock Station sur RTL2 ?
Eh bien j'ai eu une double émotion. Tout d'abord et évidemment, j'ai été très heureux qu'elle accède à une grande radio nationale, elle le mérite amplement. Marjorie est une personne foncièrement gentille, ultra cultivée, à l'écoute et surtout, elle est rock ! En même temps comment ne pas l'être lorsqu'on est liée à l'Ecosse. Tout au long de sa carrière, elle a pu croiser, interviewer et sympathiser avec des artistes et des groupes internationaux. Ma deuxième émotion a été de la jalousie, haha, elle va travailler avec celui qui m'a bercé, qui a fait l'animateur que je suis aujourd'hui, FRANCIS ZEGUT ! Ça fait 2 personnes extraordinaires sur cette émission. Pincez moi, je rêve !
Tout ce que je peux vous dire, c'est que Marjorie on ne peut que l'aimer et que ça fait du bien d'avoir des femmes animatrices qui parlent de rock.
Retrouvez Pierre à partir de 18H sur RSTLSS du lundi au jeudi avec son émission Les Nouveautés Rock.
Décidément tout le monde aime Marjorie Hache, et nous aussi d'ailleurs.
Rdv de 22H à minuit pour Pop Rock Station avec Marjorie Hache du lundi au jeudi et avec Francis Zégut tous les dimanches, même endroit même heure.
Merci à Marjorie Hache pour cette interview, mais aussi à Francis Zégut, Éric Jean-Jean et Pierre Janaszak.
Crédits photos : RTL2, BY ZÉGUT, RSTLSS et Marjorie Hache.