mercredi 2 février 2022

[INTERVIEW] : Grunge Pop Records ... the grunge revival is coming (VF/EV)


🇫🇷 Lorsqu'on évoque le nom de Seattle on pense tout de suite à cette scène grunge de la fin des années '80s jusqu'à la moitié des '90s avec des groupes comme Nirvana, Soundgarden, Mudhoney, Tad, Melvins et bien d'autres. Depuis la moitié des '90s et surtout depuis la disparition de Kurt Cobain, les yeux et surtout les oreilles du monde entier se sont dirigés vers d'autres contrées où de nouvelles vagues musicales émergeaient telle que l'Angleterre et sa Britpop ou la Californie et son nu metal. Mais depuis la perte de notre regretté Chris Cornell, il est vrai que cette nostalgie des '90s revient au goût du jour, et une belle bande de gars vient de lancer l'année dernière un nouveau label dans la cité émeraude, et ils sont bien décidés à remettre le grunge sur le devant de la scène. Son nom : Grunge Pop Records. Nous avons rencontré l'un d'eux pour en savoir un peu plus sur leur détermination à relancer la machine grunge, vieille d'une bonne trentaine d'années, mais toujours aussi agréable à écouter pour tous les anciens qui ont connu les '90s.

🇺🇲 When we mention the name of Seattle we immediately think of this grunge scene from the late '80s to the mid' 90s with bands like Nirvana, Soundgarden, Mudhoney, Tad, Melvins and many more. Since the mid-90s and especially since the demise of Kurt Cobain, the eyes and also the ears of the entire world turned to other countries where new musical waves emerged, such as England and its Britpop or California and its nu metal sound. But since the loss of our late Chris Cornell, it is true that this nostalgia for the '90s is back in fashion and a great bunch of guys have just launched a new label last year in the Emerald City, and they are determined to bring grunge back to the forefront. Its name: Grunge Pop Records. We caught up with one of them to find out more about their determination to revive the grunge machine that is over thirty years old but still so enjoyable to listen to, for all the veterans who knew the '90s.




🇫🇷 Salut Grunge Pop Records comment ça va à Seattle en ce moment ? 

🇺🇲 Hi Grunge Pop Records. How are you in Seattle right now?


🇫🇷 Il pleut. En fait, nous gérons ce label depuis le monde entier. À cause du COVID, nous avons décidé de ne pas avoir de vrai bureau afin que tout notre personnel puisse travailler depuis leur domicile, quelle que soit la ville ou le pays où ils se trouvent, et cela a bien fonctionné pour tout le monde, semble-t-il.

🇺🇲 It’s raining. Actually we run this label from all over world. Because of COVID, we decided to not have an actual office so all of our staff can work from their homes in whatever city or country they are in, and this has worked well for everyone it seems.




🇫🇷 Vous venez de lancer un nouveau label grunge, qu'est ce qui vous a donné l'envie de monter ce nouveau projet ? Qui sont les fondateurs du label ?

🇺🇲 You just launched a new grunge label, what made you want to start this new project? Who are the founders of the label?


🇫🇷 Nous étions là au début de l'explosion originale du grunge et avons regardé ce qui est proposé aux jeunes d'aujourd'hui - et ce n'était pas aussi bon que les groupes que Sub Pop et d'autres labels sortis à l'époque glorieuse du grunge. Nous avons donc simplement dit qu'il était temps de ramener ce ROCK UNDERGROUND BRUYANT ET DISTORDU; et de rechercher des groupes qui ont ce nouveau son grunge. Et nous avons cherché et cherché, et écouté des centaines de groupes. Et puis nous avons commencé à en trouver qui nous ont époustouflés. Quant aux fondateurs du label, nous restons anonymes comme la plupart du personnel. La seule chose publique est que nous avons embauché Bruce Pavitt en tant que conseiller et consultant. Pour ceux qui ne le connaissent pas, il est le fondateur du légendaire label Sub Pop Records de Seattle et il a découvert et signé Nirvana, Soundgarden, Mudhoney, Tad, etc. etc., avec son partenaire Jonathan Poneman. La vision de Bruce a changé le monde entier, pas seulement le paysage musical. C'est une légende vivante et c'est un immense honneur de l'avoir impliqué dans ces deux fonctions pour Grunge Pop Records.

🇺🇲 We were there from the start of the original grunge explosion and looked at what’s being pushed to the youth today - and it wasn’t as good as the bands that Sub Pop and other labels released back in the glory days of grunge. So we just said it was time to bring back that LOUD, DISTORTED, UNDERGROUND ROCK; and search for bands that have that new grunge noise. And we searched and searched and listened to hundreds of bands. And then we started finding ones that blew our minds. As for the label founders, we remain anonymous as most of the staff. The only public knowledge is that we hired Bruce Pavitt as our label advisor and A&R consultant. For someone that doesn’t know who he is, he is the founder of Seattle’s legendary Sub Pop Records and he discovered and signed Nirvana, Soundgarden, Mudhoney, Tad, etc etc along with partner Jonathan Poneman. Bruce’s vision changed the whole world, not just the music landscape. He’s a living legend and it’s the hugest honor to have him involved in these two positions for Grunge Pop Records.




🇫🇷 Grâce à internet votre label ne se focalise pas seulement sur les groupes de Seattle et sa région, mais sur le monde entier. Comment faites vous pour les recruter ? 

🇺🇲 Thanks to the internet your label does not only focus on groups in Seattle and its region, but on the whole world. How do you go about recruiting them?


🇫🇷 Il n'y a pas de secret pour trouver de bons groupes. Il suffit d'avoir les oreilles dans la rue et de passer des heures à écouter de nombreux groupes jusqu'à ce que quelque chose vous saute aux yeux. Nous passons environ deux heures chaque matin à écouter des démos. Nous avons reçu environ un millier de propositions depuis que nous avons commencé le label il y a à peine un an.

🇺🇲 There’s no secret to finding great bands. You just have to have your ears on the street and spend hours listening to lots of bands until something blows your mind. We spend approximately two hours each morning listening to demo submissions. We’ve received about one thousand submissions since we started not even a year ago.




🇫🇷 Quel conseil donneriez vous pour qu'un groupe puisse signer chez vous ? 

🇺🇲 What advice will you give so that a band can sign with you?


🇫🇷 Leur musique doit être aussi géniale que n'importe quel grand groupe de la grande époque de Seattle. Nous ne cherchons pas à introduire un nouveau genre de rock, nous voulons simplement ramener la réalité de cette époque. La mission de notre label est d'être le « nouveau son du rock » et de voir nos groupes devenir le son « rock » grand public par rapport à ce qui se trouve actuellement au sommet des charts mondiaux, qui sont principalement des artistes solo qui portent un surnom de groupe, et dont la musique est une sorte de rap surproduit, de la daube à nos oreilles. Nous ne voulons que de vrais groupes de rock qui écrivent leur propre musique et peuvent ramener le nom du rock à la place qui lui incombe. Les jeunes s'ennuient avec le rap et de plus en plus écoutent des groupes comme Nirvana et ils sont enfin ouverts à découvrir de nouveaux groupes qui portent cette flamme du grunge. Les jeunes n'ont jamais fait partie de la scène grunge des années 90's et c'est là leur chance de faire partie d'un nouveau mouvement qu'ils peuvent appeler le leur.

🇺🇲 Their music has to be as great as any great band from that original Seattle era. We’re not looking to introduce a new genre of rock, we just want to bring back the realness of that era. Our label’s mission is to be the “new sound of rock” and to see our bands become the mainstream “rock” sound as compared to what’s on the top of the global charts now, which is predominantly solo artists that go by a band name moniker and their music is over-produced rap style garbage to our ears. We only want real rock bands that write their own music and can bring back the name of rock as it should be. The youth are finally getting bored with rap and more and more are listening to bands like Nirvana and they’re open finally to finding new bands that carry that grunge flame. The youth never got to be part of the ‘90s grunge scene and this is there chance to be a part of a new movement that they can call their own.




🇫🇷 Combien de groupes avez vous sur votre label pour l'instant ? 

🇺🇲 How many bands do you have on your label so far?


🇫🇷 Nous avons dix groupes en ce moment depuis le début en mars 2021.

🇺🇲 We have ten bands at the moment since starting in March of 2021.




🇫🇷 Toujours pas de groupe français en vue ?

🇺🇲 Still no French band in sight?


🇫🇷 Nous sommes ouverts à tous les groupes de tous les pays. Nous n'avons pas encore trouvé de groupe français aussi génial que Nirvana ou Soundgarden, mais tout est possible. Des recommandations ?

🇺🇲 We’re open to any band from any country. We just haven’t found a French band yet that is as great as Nirvana or Soundgarden, but it’s all possible. Any recommendations ?


🇫🇷 Je vais t'envoyer quelques groupes alors. Le premier album du label a être sorti est celui des Prince Of Lilies, qui a été produit par Steve Albini ? Qu'est ce que ça fait d'avoir le premier album de son label à être produit par le légendaire Steve Albini ? 

🇺🇲 I'll send you some bands then. The first album of the label to be released is that of Prince Of Lilies, and it was produced by Steve Albini? How does it feel to have his label's first album to be produced by legendary Steve Albini?


🇫🇷 C'est très cool car Albini représente de vrais groupes faisant de la vraie musique. C'est une légende vivante qui est devenue synonyme des mots "respect absolu".

🇺🇲 It’s very cool since Albini stands for real bands making real music. He’s a living legend who has become synonymous with the words “utter respect”.




🇫🇷 Quand on parle de Seattle, on pense bien évidemment à toute la vague des années 80 et début 90 avec Nirvana, Mudhoney, Mother Love Bones, Melvins, Alice In Chains ... Pensez vous qu'une scène aussi riche et percutante que celle des '90s peut refaire surface après toutes ces années, mais surtout avec un nouvel élan de fraîcheur ? 

🇺🇲 When we talk about Seattle, we obviously think of the whole wave of the ‘80s and early ‘90s with Nirvana, Mudhoney, Mother Love Bones, Melvins, Alice In Chains ... Do you think that a scene as rich and impactful than that of the '90s can resurface after all these years, but especially with a new burst of freshness?


🇫🇷 Oui. Ce ne sera pas la même chose parce que les gens ont l'esprit fermé pour accepter quelque chose de nouveau à moins que cela ne leur soit imposé sans arrêt, mais il y a des scènes qui grandissent chaque jour partout dans le monde et qui tournent autour de ce son grunge original de Seattle. Même le BritGrunge est devenu une réalité, le renouveau du grunge étant actuellement le plus fort au Royaume-Uni.

🇺🇲 Yes. It won’t be the same because people have closed minds to accepting something new unless it’s forced down their throats non stop, but there are scenes growing bigger each day all around the world that are revolving around that original grunge Seattle sound. Even BritGrunge is become a reality with the grunge revival being strongest out of the UK at the moment.




🇫🇷 Un journaliste britannique du NME avait entendu parler dans les années '80s qu'une scène était en train de se former à Seattle et il est venu directement voir sur place si ce qu'il entendait depuis l'Angleterre était vrai. En plus d'avoir été époustouflé par les groupes de l'époque, ce qui l'a aussi marqué c'est le public qui se rendait au concert. Est ce que le public est toujours aussi dingue et présent à chaque concert que dans les années '80s ?

🇺🇲 A British journalist named Everett True from Melody Maker magazine had heard in the '80s that a scene was forming in Seattle and he came directly to see if what he was hearing from England was true. In addition to being blown away by the bands of the time, what also marked him was the public who went to the concert. Are the public still as crazy and present at each concert as in the '80s?


🇫🇷 Oh oui. Mais seulement dans les shows underground DIY ou dans les shows mineurs qui permettent aux jeunes de venir. Aux États-Unis, il faut avoir 21 ans et plus pour entrer dans la plupart des salles, donc les jeunes ne peuvent pas voir de groupes en live, mais les fêtes et les spectacles à la maison permettent aux mineurs de se déchaîner. Extrêmement sauvage comme à l'époque.

🇺🇲 Oh yes. But only in the DIY underground shows or at underage shows that allow the youth to come. In the USA, most venues are 21 and over so the youth can’t see live bands, but the house parties and shows that allow underage kids go wild. Extremely wild like back in the day.




🇫🇷 Quels sont vos objectifs pour 2022 ?

🇺🇲 What are your goals for 2022?


🇫🇷 Voir l'industrie de la musique grand public, de la radio et de la presse, mettre de vrais groupes de rock au sommet et voir nos groupes être au sommet des palmarès mondiaux, là où ils doivent être. Nos groupes ont des auteurs-compositeurs qui méritent une reconnaissance massive, et ils sont aussi excellents en live. Nous prévoyons que dans quelques années, certains de nos groupes seront les plus grands groupes du monde et les têtes d'affiche de grands festivals.

🇺🇲 To see the mainstream music industry, from radio to press, put real rock bands on top and to see our bands be on the top of the charts globally where they belong. Our bands have some songwriters that deserve massive recognition and they are great live too. We expect that in a few years some of our bands will be the biggest bands in the world and headlining major festivals.


🇫🇷 Est-ce qu'un concert est à venir avec les groupes du label à Seattle ? Et pourquoi pas inviter un groupe des années '80s '90s comme les Mudhoney ou les Melvins par exemple ? 

🇺🇲 Is a concert coming up with the label's bands in Seattle? And why not invite a band from the '80s' and ‘90s like the Mudhoney or the Melvins for example?


🇫🇷 C'est en cours. Nous discutons avec ces groupes pour inclure certains de nos groupes dans leurs tournées et il va se passer des choses.

🇺🇲 It’s all happening. We’re talking with those bands to include some of our bands on their tours and things are happening.




🇫🇷 Avez vous des contacts avec tous ces groupes de l'époque ? 

🇺🇲 Do you have contact with all these bands of the time?


🇫🇷 Nous pouvons contacter presque tous les groupes. C'est qui vous connaissez dans ce métier malheureusement mais c'est bon pour nous aussi je suppose.

🇺🇲 We can contact most any band out there. It’s who you know in this business unfortunately but it’s good for us too I guess.





🇫🇷 Merci d'avoir répondu à mes questions. Longue vie à Grunge Pop Records. Grunge Is Not Dead.

🇺🇲 Thank you for answering my questions. Long live Grunge Pop Records. Grunge Is Not Dead.




🇫🇷 Retrouvez Grunge Pop Records sur Bandcamp, Spotify, You Tube, Instagram et Facebook.

🇺🇲 Join Grunge Pop Records on Bandcamp, Spotify, You Tube, Instagram and Facebook.



Gian, février 2022.

mardi 28 décembre 2021

Live Report: THE JESUS AND MARY CHAIN au Bataclan Paris le 05/12/2021


 Dimanche 5 décembre 2021, un dimanche froid et humide. Nous avons rendez-vous avec The Jesus And Mary Chain qui jouent ce soir au Bataclan. Le temps est de circonstance avec cette tournée qui s’articule autour de l’album « Darkland », dans lequel Jim Reid clame qu’il est heureux quand la pluie tombe. Nous arrivons un peu avant l’ouverture des portes et la file d’attente ne comporte que quelques personnes suffisamment motivées pour se geler un peu dehors. Heureusement il ne pleut plus. Nous sommes dans les premiers, nous serons donc au premier rang, c’est une bonne chose.




La première partie est assurée par un groupe écossais Rev Magnetic. Leur musique oscillant entre shoegaze et dream pop avec quelques textures R&B est ma foi intéressante. On apprécie particulièrement les nappes de guitares et l’incursion du violon. Seul point noir à ce tableau musical, les balances ne sont pas parfaitement réalisées et ne mettent pas en valeur les subtilités de la musique proposée par le groupe de Glasgow. Après les quelques minutes nécessaires pour apprivoiser ce style de musique, le public semble être convaincu et apprécier. Luke Sutherland s’étant blessé lors d’un précédent concert, une rupture du tendon d’Achille, il a une jambe dans le plâtre qui l’oblige à faire son concert assis, ce qui ne l’empêche pas d’assurer ses parties de guitare et de violon. C’est donc la bassiste, Audrey Bizouerne, une Française installée à Glasgow, qui assure le show sur scène, le second guitariste adoptant la posture shoegaze. Petite mention spéciale au batteur, Sam Leighton, qui lui aussi aura assuré sa partie avec brio. Certains rythmes nous rappellent d’ailleurs l’âge d’or du post punk, autre influence qu’il faut ajouter à Rev Magnetic, notamment celui de la nouvelle chanson (dédicacée à Hélène). Une belle première partie donc, d’un groupe à suivre (en plus ils sont écossais).




Les Jesus And Mary Chain pénètrent sur la scène bien évidemment plongée dans une quasi-obscurité et les nappes de fumée. Jim Reid, maintenant qu’il s’adresse au public, nous annonce le programme. Le concert est composé de deux sets. Dans le premier, c’est l’album Darklands, le second album du groupe qui date de 1987, qui sera joué en intégralité. Le second set sera lui composé de titres de divers albums qui devraient rappeler des souvenirs aux plus anciens de l’audience. Ce premier set est sans surprise, mais on redécouvre cet excellent second album du groupe, un de leurs meilleurs, parfaitement interprété ce soir. Jim et William Reid, les deux frères, ont changé depuis leurs débuts, mais la musique elle est toujours aussi intéressante, même s’il n’y a plus la découverte qui accompagnait celle-ci dans les années 80, les Jesus And Mary Chain ont été les précurseurs de ce qui sera ensuite le shoegazing. Mais l’attitude a changé. Fini l’arrogance des débuts, Jim s’adresse au public, certes de manière encore parcimonieuse, et finalement on préfère ça. Le son est impeccable, ni trop fort, ni trop faible, on distingue bien tous les instruments. Les riffs et solos de William sont fidèles à ce qu’on a toujours connus et finalement appréciés : simples mais terriblement efficaces, on le réalise de nouveau avec l’intégralité de Darklands.




 

La voix de Jim Reid, qui n’a jamais été très puissante, a gardé sa clarté malgré les années qui ont passé. Bon, Jim garde tout de même certains vieux réflexes comme celui de tourner régulièrement le dos au public, mais il n’y a plus de défi dans ce comportement. On s’achemine donc dans une atmosphère tranquille vers la fin du set, l’album « Darklands » privilégiant les atmosphères et les mélodies. Après un petit break de cinq minutes les musiciens reviennent sur scène pour le second set. Nous observons un changement, plus de rythme dans ce second set. Le groupe a choisi pour cette tournée 2021, des titres de toutes les époques, mais capables de faire bouger le public.




 
On débute avec « Happy Place » que les JAMC n’avaient pas joué depuis 1988, avant d’enchaîner sur le rythmé « Everything’s Alright When You're Down » datant de 1987 mais pas joué depuis 1992. Sur « Taste of Cindy », tiré de Psychocandy, ça commence à remuer dans la salle, et tout le monde reprend en chœur les ho ho ho. Puis nous avons droit à deux titres, anciens mais jamais joués en live avant cette tournée de 2021, « Drop » de 1989 et « God Help Me » de 1994. On voit que le public est moins familier avec ces chansons. Le titre le plus récent est « Up Too High ». « I Love Rock n’ Roll » remet la pêche, et le set se termine en apothéose, le public se déchainant de plus en plus sur les derniers titres comme « Moe Tucker », « Come On » et le strident « Kill Surf City », des chansons qu’on avait plus entendues depuis les années 90 en live. On sent les coups dans le dos. Bon, cela reste tout de même très raisonnable, on a déjà beaucoup plus souffert en fosse. Mais ça bouge enfin. Et Jim Reid se fend de remerciements au public pour être venu les voir.





Le rappel commence par le classique «Just Like Honey» pour lequel Jim est rejoint au chant par Audrey des Rev Magnetic, et le concert se termine par une de leur toute premières chansons « Never Understand ».






Rien de neuf donc dans ce concert en termes de musique, mais une plongée un peu nostalgique dans cette décade de la fin des années 80 à 90. Un groupe et un public apaisés, qui ne cherchent plus qu’à se faire plaisir sans excès. Hé bien, moi j’achète, car on en sort finalement contents, on a passé un très bon moment, avec de la bonne musique, un excellent light show, et dans une bonne ambiance. Les excès seront pour l’après pandémie !

Setlist:

  1. Darklands
  2. Deep One Perfect Morning
  3. Happy When It Rains
  4. Down on Me
  5. Nine Million Rainy Days
  6. April Skies
  7. Fall
  8. Cherry Came Too
  9. On the Wall
  10. About You
Second set
  1. Happy Place
  2. Everything's Alright When You're Down
  3. Taste of Cindy
  4. Drop
  5. God Help Me
  6. Up Too High
  7. I Love Rock 'n' Roll
  8. Moe Tucker
  9. Come On
  10. Kill Surf City
Rappel:
  1. Just Like Honey (avec Audrey Bizouerne)
  2. Never Understand

Jean O de Rock Alternative News



Live Report: AND ALSO THE TREES à La Maroquinerie Paris le 29/10/2021



Enfin! La maroquinerie est ouverte. Quelques jours après la réouverture de la salle de concert que nous affectionnons particulièrement chez RAN, nous avions rendez-vous avec le groupe de post punk And Also The Trees. Quel bonheur de fouler de nouveau la (petite) salle parisienne que nous avions quitté en mars 2020 après le superbe concert d’Algiers. Et qui plus est pour voir le quintette britannique And Also The Trees que nous attendions de pied ferme depuis le 5 juin 2020, date initiale maintes fois reportée. Mais nous y voilà, nous étions présents, le public aussi, le concert est sold out, ainsi que le groupe, ce qui n’est pas si évident à cause de la pandémie et du brexit qui conjuguent leurs efforts pour faire avorter les tentatives de concerts des groupes britanniques de ces derniers mois. Nous retrouvons aussi avec bonheur les habitués des concerts que nous n’avions pas vus depuis un moment pour certains d’entre eux.





Pas de première partie pour ce concert, ce qui nous permet de papoter gentiment pendant presque une heure et demie avec ceux qui nous ont accompagnés ou ceux que nous n’avions pas vus depuis quelque temps. La Maroquinerie a fait peau neuve, mais il faut avouer que nous ne percevons certainement pas tous les changements tellement les souvenirs sont maintenant anciens.
Le concert commence avec l’arrivée de Justin Jones, le guitariste, qui commence à nous emmener sur les chemins un peu austères de la musique du groupe anglais en bricolant les sons de sa guitare comme il sait si bien le faire. C’est ensuite Simon Huw Jones, le chanteur et leader de la formation, qui apparaît, s’avançant lentement sur la scène de manière très théâtrale. Ils sont bientôt rejoints par Colin Ozanne qui les accompagne au saxophone.  Le concert est lancé, le ton est donné, nous aurons droit à tout ce qui fait la saveur de And Also The Trees, à savoir un concert conçu comme une vraie pièce de théâtre composée de mélodies imparablement belles, ponctuées par les textes poétiques écrits par le chanteur. C’est particulièrement vrai avec le premier titre qui suit l’intro, « My Face Is Here In The Wild Fire », déclamée plus que chantée, nous sommes dans la poésie romantique et sombre d’un mois de novembre.




Pendant, donc, que Simon nous joue sa pièce, toujours aussi habité par son rôle, Justin Jones, lui, nous distille les multiples sonorités de sa guitare, passant du son de la mandoline à celui plus aérien obtenu par son ebow. Les autres musiciens ne sont pas en reste, le bassiste Grant Gordon, aux faux airs de Peter Hook (quelques kilos en moins cependant), nous assène ses phrasés typiques du post punk et de la new wave, tandis que le batteur nous abreuve de ses frappes sèches et ses froissements de cymbales. Colin Ozanne, quand il n’accompagnera pas ses compères à la guitare, habillera tout cela de ses touches de clarinette envoutantes, qui nous charmeront comme si nous étions des serpents à sonnettes, ou l’enveloppera de ses nappes de claviers brumeuses comme les matins d’automne. C’est une pièce tout en introspection qui se joue devant les spectateurs, une tension intérieure communiquée par Simon, même si parfois la musique se termine dans le plus beau des fracas. Le public, majoritairement des fans de la première heure, est en pleine communion avec les musiciens, accompagnant les changements de rythmes de leurs encouragements, et ponctuant chaque fin de morceau par un tonnerre d’applaudissements. Les musiciens seront sensibles à cette ferveur et Simon remerciera le public à de nombreuses occasions. 



Le dernier acte du set sera de toute beauté avec la parfaite « Dialogue », à la Stranglers, la magnifique et très dark, à la Bauhaus, « This Is Silence », une des premières chansons du groupe, et la gothique, à la Sisters of Mercy, « Virus Meadow ». Les musiciens quittent la scène, le public réclame bien évidemment un rappel à grand bruit. Après les deux premières chansons du rappel, Simon s’inquiète de l’heure et vient vérifier celle-ci auprès d’un des spectateurs du premier rang, et fait signe au reste du groupe de lancer le titre qui clôturera la soirée « Slow Pulse Boy ». 40 ans après leur formation, les And Also The Trees savent toujours nous offrir des moments de pure beauté artistique et une émotion largement partagée par le public. On ne pouvait espérer mieux pour retrouver La Maroquinerie !






Setlist :

  1.   Intro
  2. My Face Is Here in the Wild Fire
  3. Vincent Craine
  4. Shantell
  5. Your Guess
  6. Maps in Her Wrists and Arms
  7. The Suffering of the Stream
  8. Wallpaper Dying
  9. Rive Droite
  10. Boden
  11. (in a bed in) Yugoslavia
  12. Brother Fear
  13. Missing
  14. Dialogue
  15. So This Is Silence
  16. Virus Meadow
Rappel:
  1. Prince Rupert
  2. Bone Carver(s)
  3. Slow Pulse Boy


Jean O de Rock Alternative News


mardi 16 novembre 2021

Live Report : Last Train/Bandit Bandit live à Troyes le 13.11.21

 


Il m'aura fallu 1 an, 8 mois et 10 jours avant de remettre les pieds dans une salle de concert (soit 620 jours pour être exact). Vous allez me demander si il n'y avait pas de concert intéressant à voir avant ? Si bien sûr, mais je voulais absolument recommencer à ressortir  en concert avec le groupe qui me fait le plus vibrer depuis 2015 ... Last Train. Et c'est Nos Rêves Font Du Bruit qui a exaucé mon souhait le plus cher en organisant son premier festival à Troyes ce 13 novembre 2021 (date hautement symbolique et chargée en émotions). Et cerise sur le gâteau de la taille d'une pastèque (si vous me permettez l'expression), ils ont également réussi à faire venir les Bandit Bandit que je suis et soutiens depuis le jour de la sortie de leur premier single "Maux". J'ai eu la chance de voir ces deux groupes au Trianon à Paris en novembre 2019, et j'arrive encore à me mettre les poils rien qu'en repensant à cette soirée plus que mémorable. Donc, il m'était impossible de rater cet événement. Et j'ai appris pendant la soirée que c'était Matthis des Balcon 76 qui avait eu l'idée de lancer ce festival à Troyes, et bien merci mec !!! Car toutes les personnes présentes en sont ressorties avec des étoiles plein les yeux. J'ai malheureusement raté les Balcon 76 qui ont ouvert la soirée, mais les quelques vidéos que j'ai vu passé sur les réseaux étaient vraiment excellentes. Je suis arrivé une quinzaine de minutes avant que les Bandit Bandit arrivent sur scène, et lorsque que je suis entré dans la salle, le public était présent et avait l'air d'être heureux de se retrouver après cette sombre période que nous venons de traverser tous ensemble.



Ça y est les lumières s'éteignent. Antho (le batteur), Ari (le guitariste/bassiste) et Hugo (guitariste) arrivent sur scène et entament les premières notes du single "Néant", extrait de leur 2ème ep Tachycardie sorti en juin dernier, avant de voir Maeva arrivée sur scène. Le set du groupe est excellent et envoie à la perfection leur rock teinté de néo-psyché (comme me le disait Hugo dans l'interview qu'il m'a accordé cet été, qui est à lire ici), au public Troyen qui est littéralement conquis. Le groupe a gagné en assurance sur scène, et est en pleine forme ce soir, et le public est bien réactif. Le quatuor était venu jouer la première fois à Troyes au The Message (disquaire que je vous conseille si vous passez dans ce coin) en octobre 2019, et n'a pas oublié de l'évoquer pendant son concert, et j'avais eu l'immense honneur de les interviewer avant ce show case (interview à lire ici). La casi intégralité des titres du groupe est jouée, et le set a une dynamique incroyable. Nous avons eu "Fever", "Siamesse Love", "Maux", "Tachycardie" ... sans oublier le magnifique "Désorganisée" introduit par un petit message de Maeva évoquant le #morewomenonstage, lancé par Lolla des Pogo Car Crash Control qui motive les filles à prendre une guitare et à monter sur scène. Le set du groupe ainsi que les jeux de lumières sont juste incroyables, et ils sont répartis sous une avalanche d'applaudissements plus que méritée.




Mon histoire avec Last Train a commencée avec la diffusion du titre "Fire" dans l'émission Pop Rock Station de notre cher Tonton Zégut. Après avoir entendu 2 ou 3 fois le titre passé dans sa cultissime émission, je me suis procurer leur premier ep, et c'est là que je suis tombé littéralement amoureux de leur musique, mais aussi de leurs concerts endiablés, car Last Train est un groupe de scène avant d'être un groupe de studio, et toutes les personnes les ayant vu jouer en live vous le diront. 




Contrairement à leurs amis de Bandit Bandit, les lumières se sont misent à nous éblouir avant l'arrivée de Tim (le bassiste) et Antoine (le batteur) pour entamer les premières notes du très endiablé "Dissapointed" avant de voir arriver Julien (le guitariste) et Jean-No (le chanteur/guitariste/frontman) sous une ovation digne de ce nom. Le groupe ayant repris les concerts depuis 2 jours est au taquet et heureux de pouvoir se reproduire sur scène dans le cadre d'une nouvelle tournée qui passe par de nombreuses villes en France, mais aussi en Hollande, Belgique et Allemagne. Le set est différent de celui qu'ils avaient avant la pandémie et fonctionne à merveille avec de nouvelles choses apportées sur plusieurs de leurs chansons comme ce magnifique medley entre "Jane" et "Beetwen Wounds" avec un Jean-No marchant sur la foule tel Jésus sur la mer avant de se jeter dedans avec sa guitare à la main.



Le groupe n'est pas resté à ne rien faire pendant l'année écoulée car en plus de nous avoir offert un magnifique documentaire intitulé "The Big Picture" (à voir ici), ils ont composé un titre de 20mn où se mêlent calme et tempête que l'on devrait voir arriver si leur label leur donne le feu vert pour le sortir. Et comme leurs amis de Bandit Bandit étaient présent ce soir là, Hugo et Maeva sont remontés sur scène pour nous interprèter le magnifique "Fragile" chanté en français par Maeva avant de clôturer par le très touchant "The Big Picture" qui clôture le 2ème opus des alsaciens. Ce qui me fera toujours halluciner avec Last Train,  c'est qu'ils n'en reviennent toujours pas des ovations qu'ils reçoivent à la fin de chaque concert. Ce groupe est pur et authentique, et d'une gentillesse incroyable si vous les croiser au merch après les concerts.




Donc, si vous voyez ces deux groupes passer près de chez vous, ne les ratez surtout pas, et vous pouvez retrouver les Bandit Bandit le 10 décembre à la Maroquinerie de Paris, et le prochain arrêt à bord du Last Train se fera pour moi le 22 mars pour une date unique à L'olympia qui s'annonce déjà comme une date à ne pas rater,  et un concert qui restera gravé dans les mémoires de ceux qui y seront.

Ce que vous venez de lire n'est pas réellement un live report, mais plus un carnet de bord d'un aficionado passionné par notre incroyable scène française. Soyez curieux et sortez aux concerts. 
Merci de m'avoir lu. Et merci encore à Nos Rêves Font Du Bruit.

Enjoy 🤘😜



Gian, novembre 2021

lundi 12 juillet 2021

[Interview] : Hugo des Bandit Bandit

photo : Olivier Olland

"La vie est faite de rencontres". Voilà la phrase parfaite qui résume en quelques mots le destin improbable du groupe Bandit Bandit. D'une rencontre pas si banale sur Tinder, et d'un producteur sur la route du Printemps de Bourges, voilà comment tout a démarré pour ce groupe lancé il y a quelques années, et qui vient de sortir son 2ème ep Tachycardie ce 25 juin. Entre glam des '70s, psychédélisme et gros riffs de guitares, la recette et la mécanique bien huilée du groupe lyonnais, font de nos braqueurs préférés l'un des groupes les plus en vue du moment. Après 2 premiers concerts donnés depuis bien longtemps, nous avons rencontré Hugo le 8 juillet, la veille de leur concert donné au Transbordeur de Lyon pour lui poser quelques questions au sujet de l'actu des Bandit Bandit.


Salut Hugo, comment ça va ?

Ça va super, et toi ?

Ça va bien, merci. La dernière fois que l'on s'est vu, c'était en novembre 2019, après le triomphe de cette magnifique soirée passée au Trianon en première partie de Last Train (live report à lire ici). Je pense que cette soirée restera à jamais gravée dans les mémoires de tous ceux qui étaient présents dans le public, mais aussi à ceux qui étaient présents sur scène ?

A fond ouai. On en a un très bon souvenir, même si on a eu une dose énorme de stress et de trac. C'était notre 10ème ou 15ème concert, et jouer devant 1500 personnes, c'était hyper impressionnant. Surtout pour Maeva, elle avait passée son après midi à pleurer. C'était une superbe expérience avec beaucoup d'émotions, tu passes par pleins de phases différentes pendant la journée, et quand tu montes sur scène, et bien c'est parti ... Rock 'n roll.

Bandit Bandit sur la scène du Trianon

Vous venez de sortir votre 2ème ep Tachycardie, le 25 juin dernier. Même si les 5 titres de l'ep datent des débuts du groupe, je trouve que le son est un peu plus "dur" et rentre dedans que le premier ep, et plus psychédélique aussi ?

Ouai, comme tu viens de le dire, c'est des morceaux qui vieillissent et on les joue depuis le début avec Bandit Bandit en concert, et la seule différence c'est que ces morceaux ont put mûrir avec le live contrairement à ceux présents sur le 1er ep. Et Lionel Buzac qui a fait la prod sur ces 2 ep's commence à bien nous connaitre, et on voulait un son plus fat, donc on est allé plus loin dans la démarche et au bout des idées. Et effectivement, il en ressort un son plus psychédélique pour  "Désorganisée" ou néo psychédélique avec de gros riffs. Ce nouvel ep est la suite logique du 1er ep, et avec Maeva on considère ces 2 premiers ep's comme un 1er chapitre à Bandit Bandit. Ceux qui ont aimé le 1er ep, vont aimé le 2ème. On fait que confirmer ce qu'est le son de Bandit Bandit avec ce rock lourd, psychédélique et en français.

En tout cas, cet ep est parfait pour la bamboche ?

(rire) Bah ouai là on est d'accord, quand on écrit des morceaux on pense directement au live et indirectement à la bamboche.


Vous jouez encore plus sur l'image glam des '70s comme avec le clip "désorganisée" par exemple, dirigé une nouvelle fois par votre ami Théo Sauvage à la Villa Benkenoum. Vous n'avez pas peur de devenir le couple le plus beau et le plus talentueux depuis des décennies en France ?

C'est très flatteur merci. Mais non, on ne fait pas ce groupe pour les photos mais pour la musique. Mais oui avec Maeva, pour les photos et les clips, on avait l'idée de s'inspirer de nos duos iconiques qu'on admire, mais sans prétention évidemment. Et on avait envie de quitter ces clichés rock avec la rue humide, les néons ... mais plus se diriger sur ces duos iconiques. Et c'est une façon aussi de s'assumer à 100% et de ne plus avoir peur, et ça nous va bien je trouve.


En peu de temps vous avez énormément gagné en assurance ...

Ouai, tout ça est lié. Ça se ressent aussi sur scène. Même si le covid nous a stoppé en plein vol, on donnait plein de concerts et je voyais Maeva évoluer de date en date, parceque pour elle c'était nouveau tout ça. C'est quand-même elle qui est au centre de l'attention et elle a pris ses repères et elle m'impressionne beaucoup sur scène. Et même pour les séances photos, elle est ultra professionnelle et elle va très vite à tout capter, et elle me bluffe.

En parlant de glam et des '70s, on vous a vu apparaître dans l'émission hommage pour les 30 ans de la disparition de Gainsbourg. Pour cette occasion, vous avez enregistré et clipé votre terrible reprise du titre "Bonnie And Clyde", qui vous va si bien . C'est étonnant que le titre n'a pas été ajouté au 2ème ep ?

C'était un hommage et un cadeau avant la reprise. C'est un single #0, et comme on nous appelait les Bonnie And Clyde du rock français, la boucle était bouclée. On l'avait retiré de notre setlist et on vient de redonner 2 concerts et on nous l'a réclamé, donc je pense qu'on va le rajouter à la setlist.


Lors de notre première interview d'octobre 2019 (à lire ici), avant votre show case au The Message de Troyes, vous m'aviez confié que votre album était prévu pour 2022, mais la crise sanitaire en a malheureusement décidée autrement, et à tout décalée de 1 an. Ce n'est que partie remise ?

On avait balancé une date comme ça à l'époque, mais on ne savait pas en fait (rire). En tout cas, ce que je peux te dire c'est qu'on a beaucoup écrit avec Maeva pendant la crise et qu'on a beaucoup de titres dont on est ultra fier. Et je te parlais du premier chapitre de Bandit Bandit avec les 2 premiers ep's, et là on va ouvrir le nouveau chapitre avec plus d'assurance et on va proposer quelque chose de nouveau, et on va aller plus loin. Que ce soit dans les textes, les propos, la musique dans tout en fait, et on a senti que c'était une période où on était ultra prolifique, et ça fait un bien fou. Et là on bosse dessus et on test déjà quelques titres sur scène, et je pense qu'il y a moyen que l'on sorte l'album fin 2022. Va falloir juste trouver le temps d'aller en studio parceque ce que je déteste et detesterais faire, c'est d'aller 2 3 jours en studio par ci par là pendant la tournée. Je préfère prendre 10 jours et qu'on se concentre que sur ça.

Comment ça se passe lors de l'écriture d'une chanson chez Bandit Bandit ?

J'ai un petit bureau chez moi à Lyon où il y des guitares, des claviers, cartes son, monitoring ... en gros je m'amuse là dedans et Maeva valide ou non. Dès fois elle rentre carrément pour me dire : "ça ca défonce". Donc c'est cool quand c'est comme ça et on en parle ensemble. Ça peut prendre une plombe ou une matinée. Et ensuite ça évolue en répète avec le reste du groupe. Ça dépend des morceaux, j'en ai qui sont ultra aboutis ou non, et des fois je me dis que c'est Ary ou Antho qui trouveront la petite idée qui va bien. Ça part de Maeva et moi, mais il n'y a pas vraiment de formule en fait. On s'est surpris récemment avec Maeva, d'habitude on part de la musique et après les textes, et là on a fait l'inverse et on attache encore plus d'importance aux textes. On parlait d'assurance et bien là c'est pareil, on a des choses à dire et on se sent légitime à les dire. On a beaucoup appris avec les 2 premiers ep's, et on a envie d'aller plus loin et de proposer un rock avec le therme chanson à l'intérieur.

Le 11 juin est sorti une pépite en vinyle avec vos amis de Last Train. Vous avez repris en français le magnifique titre "Fragile" de Last Train, mais aussi votre terrible premier single "Maux" en anglais. Comment vous est venue l'idée de cette collaboration qui a été directement gravée sur vinyle ?

Pour te raconter l'histoire, chaque année Session Unik propose à un artiste de rencontrer un autre artiste, et ils proposaient ce projet à Last Train depuis plusieurs années, et ils refusaient à chaque fois. Et cette année, il y a Jean-No (le chanteur de Last Train) qui nous a proposé ce projet car ils voulaient le faire mais qu'avec nous en fait, et on a été hyper flatté et ce sont de très bons copains, on se voit souvent avec Last Train. Et je trouvais ça cool l'idée de Jean-No de permuter les textes, ça a dû sens avec une vraie démarche derrière. C'était pas évident et chacun s'est chargé de faire sa traduction, parceque faire la traduction mot à mot ça ne fonctionne pas. Donc, j'ai réécris "Maux" en anglais avec Maeva, et Jean-No a fait sa traduction lui-même aussi, parcequ'on avait du mal à toucher aux textes des autres. Et après c'était trop bien de se retrouver en répète avec eux à Lyon. J'en garde un souvenir énorme, on s'est retrouvé dans une salle magnifique où ça a été gravé. C'était hyper excitant parceque t'as pas le droit à l'erreur lors de l'enregistrement, mais entre les prises c'était la colonie de vacances, on rigolait comme des gamins, on était juste des potes qui faisaient du rock 'n roll et j'en garde un souvenir vraiment génial, pareil pour Last Train et c'est pour ça qu'on fait de la musique.


Étant aussi un grand fan de Last Train depuis la sortie de leur premier ep en 2015, je ne m'étais jamais penché sur les textes de Jean-Noël. Et écrire des textes de cette qualité à même pas 20 ans, c'est vraiment fort ?

Pareil, ça fait longtemps que je les suis et quand je les vu arriver j'ai halluciné, que ça soit dans la composition, l'écriture, la prod ... ils ont une grande maturité et on ne peut pas leur enlever ça, ça c'est sûr.

Est ce que cette collaboration vous a donné des idées ? Peut-on espérer voir arriver un ep ou un album Last Train/Bandit Bandit dans un futur plus ou moins proche ?

Ça n'est pas dans l'actualité pour le moment, mais avec Maeva on aimerait bosser avec d'autres artistes en live par exemple. Tu bosses un petit titre pour le concert du soir, c'est le genre de trucs que j'aimerais voir en tant que public et de proposer un événement unique à chaque soir, ça fait un vrai cadeau pour les gens qui sont là. Par exemple, on va jouer avec Mademoiselle K en août, et là on bosse un titre avec elle pour ce soir là. Même si ce n'est pas parfait,  il y a un truc de spontanéité tu vois, c'est ça aussi la musique et j'inspire à fond de faire ça pour le live en tout cas.


Je serais présent sur votre concert à Troyes le 13 novembre prochain avec vos copains de Last Train pour la soirée Nos Rêves Font Du Bruit. Peut être que l'on aura cette version de "Fragile" pour ce soir là alors ?

Ah mais à fond. On avait une date de prévue avec eux qui a été annulée à cause du covid et on avait prévu de le faire. Je ne peux te promettre à 100%, mais il y a moyen oui.

Pour parler une dernière fois de cette collaboration, Maeva a réussit à sublimer "Fragile" qui est déjà un titre magnifique à la base ...

On était tous bluffé, et surtout Jean-Noël. Il ne pensait pas faire sa musique en français un jour et il en était sur le cul. Et je pense que si il nous l'a proposé, il savait que Maeva en était capable, elle a cette voix suave avec de jolis graves et ça a matché direct. Et c'est pour ça que j'en suis tombé amoureux, quand elle prend une guitare et quelle chante, il y a un truc qui se passe, c'est chargé d'émotions.

Même si les conditions sont assez particulières en ce moment, vous venez de redonner vos premiers concerts depuis pas mal de temps. Qu'est ce que ça fait de remonter sur scène et de retrouver son public après tout ce temps ?

Bah à la fois c'est énorme et en même temps on a peur, et on se demande si on va pouvoir faire toutes nos dates. On te donne une liberté et on a l'impression que ça va durer très peu de temps avec le variant delta qui arrive. On voit semaine après semaine en fait, on a joué à Metz et Savigny Le Temple c'était énorme, les gens étaient assis et ils se sont levés, on sent une énergie et on a envie de rester sur scène. Demain on joue à la maison au Transbordeur de Lyon, la semaine prochaine aux Francopholies et on a trop hâte. Quand je suis sur scène je me dis "profite, parceque la semaine prochaine tu seras peut être encore bloqué sur ton canapé". Et pendant le premier confinement, j'étais hyper nostalgique, je regardais des vidéos de live sur mon canapé a essayé de me rappeler des sensations de live, parceque c'est ma raison de vivre. Et quand on te l'enlève comme ça aussi longtemps, c'est hyper dur. Là ça revient et on sent qu'on est pas rouillé et pareil avec le public il se passe ce truc que tu n'as pas en répète et ça défonce.


Finalement cette belle mauvaise idée comme tu la décrivais lors des débuts de Bandit Bandit, tourne à un compte de fée version rock 'n roll 2.0 ?

(rire) Bah ouai, comme quoi il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis, j'ai bien fait de changé d'avis. T'as raison ouai, nous sommes dans une période très prolifique artistiquement, et avec Maeva nous sommes les plus amoureux du monde, et ça se passe hyper bien. Même pendant le premier confinement, on ne s'est pas engueulé. Nous sommes bien veillant l'un envers l'autre que ça soit pour nous ou pour le groupe. On s'ecoute, on discute beaucoup, et j'ai extrêmement de chance de faire se projet avec Maeva qui est clairement la femme de ma vie. On verra où tout ça va nous emmener, mais en tout cas on a plein de choses à dire et à faire.

Photo : Bobby Odieux

Je verrais bien votre histoire adaptée au cinéma dans quelques années ?

(rire) Ouai, mais laisse nous sortir quelques disques avant.

Merci Hugo d'avoir répondu une nouvelle fois à mes questions. Pour ma part, je vous dis au 13 novembre à Troyes en compagnie des copains de Last Train et Balcon 76 pour la soirée Nos Rêves Font Du Bruit. A bientôt.

Avec plaisir mec, à bientôt.

Si vous voyez passer les Bandit Bandit près de chez vous, n'hésitez pas une seconde, allez les voir.





Écoutez ou procurez vous le 2ème ep Tachycardie des Bandit Bandit, ici.



Tachycardie tracklist :
"Néant"
"Dimension"
"Désorganisée"
"Siamese Love"
"Tachycardie"


Gian, juillet 2021.

jeudi 10 juin 2021

Album Review : Seum Winterized


Ces 3 français expatriés au Canada séparément il y a quelques années, et qui ont décidés de lancer un groupe de doom 'b bass, après leurs rencontres à Montréal, viennent de nous sortir en ce 11 juin 2021, le premier album tant attendu de leur groupe Seum, intitulé Winterized, qui est un véritable uppercut en pleine dent. Alors, serrez bien les dents, car ce premier opus 7 titres commence très fort avec l'énorme titre "Sea Sick Six", qui ravage tout sur son passage, surtout quand la voix de Gaspard (le chanteur) arrive au bout de quelques secondes. Et l'album enchaîne rapidement sur "Life Grinder", sorti il y a quelques semaines en guise de 1er single de l'album, mais aussi en clip animé avec Lisa Simpson en guest star. Ce titre est le plus rock 'n roll de l'album, mais aussi le plus rapide, et son groove risque bien de vous rester en tête. Apparemment, nos trois français, ne se sont pas encore fait au climat nord-américain, car la troisième piste de l'album parle des hivers canadiens avec le titre "Winter Of Seum", et à entendre la sauvagerie du chant et les paroles de Gaspard : "Cold, it's fucking cold, winter is fucking back", les hivers doivent être vraiment rudes chez nos cousins québécois. La piste suivante "Broken Bones", super punchy, parle des péripéties arrivées malheureusement l'année dernière à Gaspard, avant d'arriver à la piste 5 intitulée "666" pour un superbe titre instrumental à la basse de 1mn39s, avec Piotr (le bassiste) qui se fait plaisir, et son jeu de basse nous rappelle celui de Geezer Butler de Black Sabbath sur quelques passages, avant de laisser la place au sauvage et très méchant "Black Snail Volcano". Et l'album se clôture sur la reprise des Ramones "Pet Semitary" intitulé pour le coup "Red Sematary", en référence au quartier rouge de Montréal pendant la pandémie. L'artwork de cette cover est signée par l'incroyable graphiste Gorka, que vous pouvez suivre sur Instagram sous le nom de Cosmogol666. Il n'en est pas à son premier coup avec Seum, car en plus d'avoir dessiné le logo du groupe, il a aussi participé au split vinyl Seum/Fàtima, en réalisant l'artwork avec un magnifique pop up à l'intérieur du skeud. Deviendra t'il le 4ème membre du groupe avec le temps ? Affaire à suivre.



L'album a été enregistré à la Seum Cave en avril 2021 à Montréal, et le trio a mis le paquet sur la qualité du son, et le challenge est particulièrement réussi pour un album DIY.



Os brisés dans un accident de voiture pour certains, travail perdu pour d'autres, pandémie, confinement, hiver rudes. L'album de Seum résume en 7 titres la vie de nos 3 français au Canada, qui ne se seraient jamais connu si ils ne s'étaient jamais expatriés.

Seum n'a pas le temps.

Winterized succède au premier ep Summer Of Seum sorti en septembre 2020, et le groupe a aussi sorti une cover du titre "The Marriyng Kind" de Prince pour l'Halloween qui suivait la sortie du premier ep. Mais ils ont également collaborés avec nos parisiens du groupe de grunge Fàtima pour s'échanger chacun un titre que l'autre repris à sa sauce sur un split '7 sorti le 21 décembre, et le résultat est juste stupéfiant.





Chez Seum, pas de gratte. Le groupe est composé de Gaspard au chant (au centre de la photo), Fred à la batterie (à gauche) et Piotr à la basse (à droite).


Digne héritier de Black Sabbath, Seum a énormément de choses à nous dire, et ils sont là pour un moment. 



Seum Winterized tracklist : 

Sea Sick Six
Life Grinder 
Winter Of Seum 
Broken Bones 
666
Red Snail Volcano
Red Semetary


Retrouvez Seum sur Bandcamp, ici.


Gian, juin 2021.

mardi 1 juin 2021

Nouvelle cover pour la Pearl Jamily avec Dave Abbruzzese

 


La Pearl Jamily, créé il y a 3 ans en support de cette fameuse pétition pour faire revenir le dernier groupe rescapé du big 4 de Seattle chez nous en France, et qui a fait le tour du monde grâce à une bande de fou furieux déterminés, s'est terminée avec plus de 4800 signataires. La Jamily (comme on l'appelle sur ce groupe fb) c'est aussi 2 compils de covers incroyables de Pearl Jam, reprises par des zikos français, sorties toutes les deux en cd en 2018 et 2020, et qui ont finalement rapportées 600€ à l'association Pour Le Sourire D'Isaac. Et en 2020, ce fan club non officiel et hyper productif, a voulu marquer le coup pour les 30 ans du groupe, en sortant en clip la cover du titre Alive avec tous les membres de cette Jamily, qui sont tous passionnés de zik et sont tous devenus potes avec le temps, et pour eux, le mot partage n'a plus aucune limite. Cette cover de l'hymne de Pearl Jam comptabilise aujourd'hui près de 8000 vues sur You Tube, et a été diffusée et relayée par les plus gros médias telle que Zégut ou Classic 21, pour ne citer qu'eux. Et aujourd'hui la Jamily frappe fort, très fort même, en reprenant le titre Rearviewmirror tiré du magnifique 2ème album de Pearl Jam sorti en 1992, avec en gest star, le 2ème batteur du groupe, monsieur Dave Abbruzzese lui-même. Dave a rejoint Pearl Jam peu après la sortie du premier album Ten sorti en 1991, et a joué sur les albums Vs et Vitalogy jusqu'en 1994. On félicite Alex, l'administrateur passionné de la Jamily, membre des groupes Megalow et du tribute de Soundgarden Ultra Mega Ok, d'avoir dirigé le projet. Mais aussi Mymy grande fan du groupe au grand coeur. Et tous les musiciens et  membres du groupe fb, qui ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui sans eux. Et bien évidemment, leur rêve est de tous se rencontrer au concert événement de Pearl Jam qui se déroulera au Lollapoolza de Paris, le 17 juillet 2022. Et gros big up pour cette cover à Dave Abbruzzese.


Rearviewmirror 



Alive


A noter que le dernier album de Pearl Jam, a été nommé comme meilleur album 2020, dans la catégorie blockbuster par les lecteurs du magazine Rolling Stone, et le groupe n'a pas oublié de remercier les fans sur ses réseaux.




Une autre cover de Pearl Jam a vue le jour pour fêter les 3 ans de la Pearl Jamily en février. Elle est signée par le groupe Megalow d'Alex. Et elle est plutôt osée, car le titre All Or None, extrait de l'album Riot Act, a été reprise en français. Attention, frissons garantis.



Retrouvez Pearl Jam et la Jamily au Lollapoolza Paris, le 17 juillet 2022. 




Et si vous êtes fan du groupe, et que vous voulez partager votre passion du groupe avec d'autres fans, rejoignez la Pearl Jamily France, ici.


Gian, juin 2021.