La nouvelle figure de proue du rock indie est anglaise, s’appelle Sorry et a sorti son 1er LP intitulé “925” le 27 mars dernier chez Domino Records, le label qui a découvert des artistes comme Franz Ferdinand ou The Dirty Projectors. Ce quatuor de morveux originaires de North London - Asha Lorenz & Louis O'Bryen à la guitare & au chant, Lincoln Barrett à la batterie et Campbell Baum à la basse - nous rappelle forcément certains des meilleurs groupes britanniques, de Tears For Fears à Oasis et vient de signer l'un des premiers albums les plus incroyables de l'année jusqu'à présent.
Mélange ludique de rock indie, d’électro, de jazz, de pop et de musique expérimentale, “925” s’amuse de la vieille maxime selon laquelle on fait toujours du neuf avec de l’ancien. Prenez par exemple le 1er single - et titre d’ouverture - sexy et élégant “Right Round The Clock”... Il est rempli de sensations captivantes, de sarcasmes et d'une référence joyeuse au titre “Mad World” du groupe des années 80, Tears For Fears. C’est tellement effronté que cela fait avancer le message de la chanson et que ça la rend vraiment excitante.
De même, “Rock N’ Roll Star” doté d’une section de cuivres dissonants et de paroles entonnées paresseusement constitue certes un clin d’oeil évident à Oasis, mais ne ressemble en rien aux productions des frères Gallagher. Dans cette piste, Sorry se moque ouvertement de cette génération de sales gosses des années 90. Ils connaissent pertinemment tous les clichés ridicules qui entourent les groupes de rock et en jouent allègrement. Ici tout baigne dans une certaine ironie, mais l'album est si brillamment réalisé, la production si soignée et raffinée, la musique si inventive et incroyablement imprévisible, que vous leur pardonnerez aisément ce petit écart.
Vous retrouverez ainsi de magnifiques choeurs sur le titre “Ode To Boy”, tandis que “Starstruck” est ponctué par les onomatopées crachées par Asha Lorenz sur un riff entêtant. L’intro de guitare Blondie-esque de ce titre, associés aux paroles évocatrices et ironiques font que Sorry apparaît comme un cousin germain de The XX, en plus audacieux toutefois. Malgré l’aspect ironique évoqué précédemment, de tels moments de sincérité trahissent le désir du groupe de s’inspirer de l’héritage de leurs aînés pour proposer quelque chose de nouveau.
Si l’on se fie à certaines de leurs paroles sarcastiques, Sorry pourrait nous rappeler The Kinky Wizards, le groupe fictif d'adolescents chapardeurs dans le film de Stephen Frears, “High Fidelity”. Pourtant, “Lies (Refix)”, plus proche que jamais du monde des esprits, tire sa révérence avec l’aspiration émouvante : “Le ciel attendra... c'est ce pour quoi j’ai prié”. Il faut peut-être y voir le son d’une génération qui hérite des névroses de ses prédécesseurs et qui tente de faire feu de tout bois… mais qui connaît réellement le sens profond de cette complainte ?
Avec des paroles comme “J'étais nerveux comme l’enfer, une fosse sans fond… Les serpents ne m'ont même pas fait peur comme vous l'avez fait”, Sorry pourrait presque apparaître même comme un Smashing Pumpkins plus mélodique, avec des lignes de basse constantes et un chant caractéristique, mi-chuchotant, mi-gémissant, presque à la manière d’une confession, comme dans “Snakes”, la 3ème piste du disque. On retrouve également des caractéristiques typiques de l’indie-electronica dans chaque morceau, ainsi que quelques accointances grunge tamisées, mais aussi une grande influence shoegaze / dream pop qui renforcent le paysage sonore varié voulu par le combo.
D’autres titres aussi changeants - et complexes - que “In Unison” et “Rock N’ Roll Star” offrent une production complexe et fluide, poursuivant la sensation jazzy de l'ensemble du disque, ce qui correspond à leur influence avouée : Tony Bennet. L’impression globale qui s’en dégage est un disque mélancolique, sophistiqué et cohérent, qui démontre les capacités impressionnantes du quatuor, tant sur le plan sonore que des textes. Prenez l’émouvante “As The Sun Sets” et vous en serez convaincu(e)...
Une énergie presque fiévreuse se dégage de certaines chansons de l’opus, comme “Wolf” ou “Perfect”, qui lorgne du côté de l’indie rock US avec une pointe de Pavement. Et tandis que le son oscille de façon fluide entre doux-amer et ambiance infernale, il devient évident qu’avec Sorry, on se trouve face à une sorte de Dr Jekyll & Mr Hyde du rock indépendant, entretenant cette ambivalence grâce à ce disque distinctif, émotionnel et hyper sophistiqué. Evidemment, la voix grave et langoureuse de Asha Lorenz rappellera à certain(e)s Alison Mosshart du groupe The Kills et son chant aux intonations désinvoltes évoquera la classe absolue de Kim Gordon de Sonic Youth, mais cela va bien au-delà…
Véritable pépite, “925” est un album qui valait la peine d'attendre, un 1er disque abouti, voire carrément extraordinaire, gorgé de rock suave, chanté comme une complainte, soutenu par des rythmiques d’outre-tombe et une guitare incisive, mais aussi débordant d’une énergie innovante et délicate qui pourrait rivaliser avec celle de Bon Iver, tout en proposant l'un des disques les plus singuliers que vous serez amené(e)s à découvrir cette année.
La Note de Manu : 9/10
Pochette de "925" du groupe Sorry (sortie le 27 mars 2020)
“925” de Sorry, LP 13 titres sorti le 27 mars 2020 chez Domino Records.
En ce jeudi 5 mars pluvieux, retour à La Maroquinerie qui
décidément continue de nous abreuver d’artistes intéressants. Ce soir il s’agit
d’Algiers, le groupe américain politiquement engagé qui vient de sortir son
troisième album « There Is No Year ». Nous avions vu pour la première
fois le combo d’Atlanta en première partie de Depeche Mode au Stade de France en
juillet 2017, et avouons-le noue n’avions pas été convaincus par la prestation
dont nous ne gardions d’ailleurs pas un souvenir précis. C’est finalement
l’écoute du dernier album qui nous a conduit à venir les voir dans une autre
ambiance que celle d’un stade. La Maroquinerie nous semblait en effet plus
appropriée à cette musique pour laquelle la proximité avec les musiciens peut
réellement faire la différence. Et bien nous en a pris comme la suite de la
soirée nous le montrera. Du coup nous savions que quelques jours avant la date,
le concert n’était pas sold out. Cela se confirmait au moment de l’ouverture
des portes par la présence d’un public un peu clairsemé. Bon la salle finira
par se remplir correctement avec, c’est ce qu’on peut se dire, un public de
fins connaisseurs de musique non conventionnelle et non commerciale, ce n’est
finalement pas plus mal parfois.
C'est à un peu plus de 20h que la chanteuse Esya fait son
apparition sur scène de façon très discrète. Elle est entourée de claviers et
machines électroniques et vient armée d’une basse. Il s’agit en fait de Ayse
Hassan la bassiste des Savages. Elle concocte une musique électronique sur
laquelle elle chante, plutôt bien, certains titres pouvant faire un peu penser
à Bjork. Mais c’est lorsqu’elle s’empare de sa basse que sa musique est la plus
intéressante, dommage qu’elle ne l’ait pas fait plus souvent.
Vers
21h ce sont Ryan Mahan, le bassiste/claviers, et Lee Tesche, le guitariste qui
s’est pour le moment emparé d’un saxophone, qui investissent la scène pour une
longue intro de musique electro/industrielle je dirais, avant d’être rejoints
par leur deux compères, le batteur Matt Tong et par le frontman Franklin James
Fischer, chanteur multi-instrumentiste. Et le set commence par une version
quasi méconnaissable, si ce n’est la rythmique, de la chanson « There Is
No Year », suivie de « Black Eunuch » une chanson de leur
premier album. Le concert commence doucement, mais ira crescendo tout au long
de la soirée. Et la tension monte d’un cran avec « Walk Like A
Panther », cette fois issue du second album. Franklin s’adresse au public
dans un français impeccable, sans accent, et utilise les phrases qu’il vient de
prononcer en tant que samples avant d’entamer la chanson suivante « The
Underside of Power ». Vient ensuite la fabuleuse soul électronique de
« Dispossession », une de mes chansons préférées du groupe, qui ne
nous déçoit pas en live où elle garde tout son pouvoir évocateur. On aurait
aimé que les chœurs gospels soient présents. Le groove de cette chanson est
incroyable et le plaisir à ce moment est intense dans le public, on peut le
sentir.
Et le
plaisir continue puisque c’est le tour de l’autre titre des plus prenants, toujours
issu du dernier album, « The Hour Of The Furnaces » qui tient lui
aussi toutes ses promesses en nous embarquant complètement avec toutes ses
boucles fabuleuses enregistrées en live par Franklin. Après un « Hymn For
An Average Man’ loin d’être moyen, Algiers nous assène son presque punk, teinté
de gospel, « Void », titre rageur hyper efficace qui soulève
l’enthousiasme du public. Le groupe enchaîne ensuite avec une reprise bien
sentie des The Make Up « Born On The Floor ». Le petit détail qui tue
c’est que, comme Ftanklin n’a pas écrit les paroles, il n’arrive pas à s’en
souvenir et devra s’aider d’un smartphone pour les chanter. Bon nous ne
comprenons pas vraiment parce que l’essentiel des paroles est ‘Born on the
floor’ … Retour au dernier album avec « We Can’t Be Found », chanson
rock, simple, dans laquelle la tension mais aussi l’âme sont palpables, qui
passe très bien en live. Franklin enregistre ensuite quelques samples avant
d’entonner la chanson aux fabuleux accents soul « Cleveland », qui
nous prend vraiment aux tripes.
Le
concert depuis le début ne fait que monter en puissance et le public est de
plus en plus transporté par cette musique qui ne ressemble à aucune autre,
quelque peu inclassable, mais qui, dans la salle de la Maroquinerie, a un
impact dingue, on se prend toutes les good vibes dans la figure. Et ça continue
avec un « Wait For The Sound » plus électronique et bruitiste, mais
tout aussi soul, que la version de l’album. On écoute religieusement tout
d’abord, puis la puissance de la fin de la chanson nous fait chavirer. Quelle force
évocatrice !
Le set
se termine par « Cry Of The Martyrs » au groove impeccable, puis
“Death March » pendant laquelle Franklin descendra dans la fosse pour y
interpréter une bonne partie de la chanson, non sans avoir lancé quelques
petits messages à caractère politique bien placés. La fin du set est parfaite
avec des musiciens qui maîtrisent totalement leur art. Je suis complètement
conquis comme le reste du public d’ailleurs. Franklin quitte alors la scène,
laissant les autres musiciens terminer la prestation.
Les
applaudissements sont nourris et les musiciens ne tarderont pas à revenir pour
le rappel. Celui commence avec « Unoccupied » titre à la dynamique
parfaite pour nous remettre en selle. Changement de style avec le titre très
punk ‘One Chord » interprété avec le concours d’Esya pour l’occasion. Le
rappel se termine avec « Old Girl » sur laquelle Franklin finira
allongé sur le sol pour mieux en scander les paroles. Le public applaudit avec
chaleur et reste en place. Bien lui en prend car Algiers nous octroie un second
rappel inattendu, les titres ne figure d’ailleurs pas sur la setlist.
C’est
la dernière date de la tournée européenne et les musiciens ont visiblement
envie de terminer en beauté. Et c’est le cas, tout d’abord avec l’incroyable
chanson «The Cycle/The Spiral: Time to Go Down Slowly » et son groove
imparable, et enfin pour terminer « But She Was Not Flying ». Après plus
de 1h50 d’excellente musique, de merveilleuses vibrations, d’intelligence
artistique, le groupe tire sa révérence, nous laissant comblés et certains
d’avoir assisté à une des meilleures prestations live de ce début 2020. Algiers
parvient à nous envoyer une musique électronique totalement organique, pleine d’âme,
loin de la froideur ou l’absence de feeling que ce style de musique peut
parfois revêtir. Une sacrée fusion des genres, de la soul, du rock, du punk, du
jazz progressif, de l’electro, …, dans une alchimie parfaite qui vous prend aux
tripes et vous transporte pendant tout le set.
Vous
l’avez compris cette 2ieme expérience avec Algiers n’aura rien eu à voir avec
la première au Stade de France. Peut être que le groupe d’Atlanta devra se
cantonner aux salles modestes et oublier les stades, ou peut être que le groupe
a tellement progressé qu’il est maintenant en mesure de vraiment vous embarquer
dans son voyage musical. Toujours est-il que nous renouvellerons l’expérience
c’est certain !
Comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule. Les fans de Noir Désir ont eu le bonheur de voir un album live acoustique arriver le 24 janvier, intitulé Débranché. Et quelques semaines auparavant, le 29 novembre -pour être précis-, est sortie la biographie la plus complète à ce jour sur le groupe de Bordeaux. Mais l'histoire ne s'arrête pas à la fin du groupe, et continue bien au delà, en vous expliquant les différents chemins pris par les 4 membres de Noir Des depuis le milieu des années 2000. Léonel Houssam, auteur et biographe, ex-Andy Vérol de '93 à 2013. Nous a accordé un peu de son temps pour en savoir un peu plus sur cette biographie si particulière d'un, voire, le plus grand groupe de rock que la France ait connu.
Noir Désir "Débranché" sortie le 24 janvier 2020, et "Post Mortem" sortie le 29 novembre 2019
RAN : Bonjour Léonel, le titre Post Mortem est vraiment bien trouvé, et annonce la couleur à propos du livre. As-tu eu peur de la réaction des fans avec ce titre?
Léonel : Je suis d'accord avec toi. J'ai choisi ce titre à dessein, mon éditeur Camion Blanc ayant validé celui-ci, j'avais plusieurs raisons d'ajouter ce "post-mortem" au titre. Il ne s'agissait pas pour moi de provoquer même si j'ai un esprit taquin. Cette biographie est effectivement celle qui vient après les événements de Vilnius mais aussi après le split du groupe. Je voulais appuyer sur ce point, que l'on sache qu'un groupe est composé de plusieurs membres, et pas simplement d'un chanteur-star. Quatre membres qui, après leur séparation, ont continué à créer, à jouer, à se produire. Quant à la réaction des fans, soyons clair, quoi que j’aie pu utiliser comme titre, une partie d'entre eux m'aurait sauté à la gorge. Tu parles des fans, mais il y a aussi des détracteurs. Nous vivons une époque marquée par les réseaux sociaux, surtout depuis 2008 alors que le groupe était encore officiellement prêt à retourner sur scène et à composer un album. Les réseaux sociaux agrègent des groupes d'intérêts communs. Parfois ces groupes sont composés de personnes cohérentes, d'autres fois, on est face à des sortes de cafés du commerce puissance dix-mille. Je ne me suis donc pas soucié de ça. Si nous devons craindre le fanatisme, la bêtise et l'esprit de horde de certains internautes, nous ne pouvons plus rien dire, écrire, publier.
RAN : Ta biographie est sortie à l'origine en 2008, dans quelles conditions, et comment s'est faite l'écriture ?
Léonel : En mars 2008, Patrick Eudeline, chroniqueur, journaliste et musicien m’a contacté via Myspace. A l’époque, mon premier roman allait sortir en avril et je publiais pas mal de textes sur internet. Il a repéré que j’avais Noir Désir dans mes playlists et que, je présume, j’avais un style qui correspondait à son projet. Il était directeur de collection aux Editions Scali qui avaient le vent en poupe. Je n’avais encore jamais écrit de bio de ma vie mais durant les années 90-2000, j’avais été chroniqueur musical pour divers fanzines et magazines. Je me suis lancé sur le projet à corps perdu. En fait, Scali avait déjà fait appel à deux auteurs avant moi qui avaient rendu des manuscrits catastrophiques, plus mauvais que jamais. Ils m’ont donné cinq semaines pour écrire cette bio ! Sans à-valoir. Mais j’étais assez fou pour le faire. J’y ai bossé nuit et jour, sept jour sur sept et j’ai rendu cette première version dans les délais pour une publication en juin 2008. Etant donné les conditions, ça n’était pas si mal que ça.
RAN : Pourquoi y avait-il une telle urgence à l'époque?
Léonel : Il s’agissait de la biographie qui sortait après la libération de Bertrand Cantat. Scali y a vu l’opportunité d’en faire un événement autant commercial qu’artistique. Noir Désir était toujours « vivant » et la perspective d’un nouvel album en faisait un groupe dont il fallait parler. En ce qui me concernait, je venais de sortir mon premier roman et l’idée de sortir une biographie majeure me faisait plutôt triper.
RAN : Malheureusement ton premier éditeur a mis la clé sous la porte, et cette première bio n’a plus été distribuée et tu la mise de côté. Pensais-tu à l’époque l'a ressortir un jour?
Léonel : En fait j’ai récupéré les droits en 2009. Elle a donc été rééditée par mon éditeur historique après quelques remises à jour. Seulement d’autres biographies sont arrivées dans les librairies et les ventes ont été moins bonnes, même si elles étaient très très correctes. En 2011-12, les invendus sont partis au pilon. Pour moi, cette histoire était derrière moi. J’avais d’autres livres qui paraissaient, d’autres en cours d’écriture. Il faut d’ailleurs prendre conscience qu’à cette époque-là, les « haters » étaient beaucoup plus rares qu’aujourd’hui. J’ai bénéficié d’une belle exposition médiatique (télés, radios, journaux, webzines) plus qu’enviable et très peu de propos infects de la part d’internautes. Il y en a pourtant bien eu : « Tu te fais du fric sur la mort de quelqu’un », « Tu n’es qu’un collabo », « soutien d’assassin », et j’en passe. Je ne vais pas dire que ça m’a usé, mais j’ai parfois été affecté par ces maboules. Pour les moins fanatiques, j’ai tenté d’expliquer que j’étais le biographe d’un groupe, que j’écrivais l’histoire de types qui avaient marqué la scène rock française, que l’on aime ou pas. J’ai vite cessé. J’ai un parcours universitaire initial qui s’inscrit dans l’étude de l’Histoire : antiquité, moderne, contemporaine, etc. Ecrire un livre sur la vie d’Hitler fait-il de l’historien un hitlérien ? Ian Kershaw appréciera.
Ma démarche a toujours été d’éviter de racoler. Cette biographie ne remue pas la merde, depuis sa première version en 2008. Elle ne contourne pas non plus la réalité de l’histoire de chacun de ses membres et particulièrement Bertrand Cantat. Les fans ou détracteurs m’ont souvent balancé qu’il ne fallait pas qu’un livre soit publié sur Cantat. Ce n’est pas un livre sur lui ! C’est une biographie d’un groupe dont il a fait partie. Mais alors, à chaque fois que quelqu’un est banni médiatiquement, condamné ou moralement incorrect, il faudrait s’interdire d’écrire ? Nous ne serions donc plus dans un monde libre ? Quelle police de la pensée, qu’elle soit étatique ou « populaire », est en droit d’interdire, de faire interdire ou de saboter la sortie d’un livre ? Cette biographie, dès le départ, a toujours respecté les lois et je me prévaux d’avoir une approche équilibrée sur le sujet.
Camion Blanc, l'éditeur qui véhicule le rock.
RAN : Pour cette nouvelle édition, tu as eu la chance d'être chez Camion Blanc, "l'éditeur qui véhicule le rock", aux côtés de très bons ouvrages sur énormément de groupes (comme le "Pearl Jam Pulsions Vitales" (que vous pouvez retrouver ici) de notre ami Cyril Jégou, également chanteur/guitariste du groupe Rennais Reagann). Comment es-tu arrivé chez Camion Blanc?
Léonel : Entre 2017 et 2019, j’ai organisé des soirées dites « Acharnistes » dans des bars parisiens. C’était des événements mêlant lectures d’auteurs underground, de musiciens, et de photographes. C’est là qu’une spectatrice m’a accosté. Nous avons parlé un bon moment et elle m’a appris qu’elle était directrice de collection chez Camion Blanc. C’est Faustine Sappa. Ça a tilté dans ma tête. Pour moi cet éditeur est culte. J’ai acheté le premier livre qu’ils ont publié au début des années 90. Faustine avait lu ma première version de la bio et elle avait beaucoup aimé. Je lui ai dit que j’avais récupéré les droits et qu’on pourrait en faire quelque chose à condition de tout remettre à jour. Le contrat était signé quelques semaines plus tard.
RAN : Tu as co-écrit cette nouvelle partie en collaboration avec les membres du groupe et plus particulièrement avec Serge Teyssot-Gay. Cela a dû être un moment privilégié pour toi, non?
Léonel : Quand j’ai commencé à réactualiser la bio, je me suis dit qu’elle n’avait plus beaucoup d’intérêt. J’avais déjà en tête une seconde partie, la première étant une mise à jour de la bio de 2008. Pour moi, ça ne prendrait que trois-quatre mois de travail. Ça m’a pris deux ans ! J’ai osé contacter Serge qui n’avait absolument plus envie de s’exprimer sur le sujet. J’ai exposé le projet, lui expliquant que je souhaitais parler de la vie artistique de chacun des anciens membres « post-mortem ». Nous avons beaucoup parlé au téléphone au préalable. Il a été rassuré par mes intentions et par ma façon de travailler. Il a pris la peine de lire l’un de mes livres, Datacenter, qu’il a adoré. La première interview, j’étais forcément un peu stressé, mais au bout d’une heure d’échange, c’est devenu naturel, un moment agréable entre deux personnes qui avaient des atomes crochus et un respect mutuel. Nous avons ensuite été très souvent au téléphone ensemble mais aussi des rencontres ont eu lieu après certains de ses concerts. C’est un type formidable. Mais je ne souffre pas d’un syndrome de Stockholm ! J’ai écrit librement, sans être consensuel. Je tiens à le préciser.
RAN : Dans quel état d'esprit est-il actuellement par rapport à Noir Désir?
Léonel : Serge a lu la bio et l’a vraiment appréciée. Je n’étais pas peu fier. Il m’a dit que le livre restituait bien la vérité de l’histoire du groupe et mettait en valeur, dans le chapitre qui lui est consacré, l’ensemble de ses projets actuels. Ce mec regarde devant. Ce sont les projets à venir qui l’intéresse si bien que Noir Désir, c’est pour lui une grande partie de son histoire, mais il regarde devant.
RAN : Peu ou personne n'ose écrire de livre ou de bio sur ce groupe à la fin si tragique, il faut une sacrée paire de c******* pour écrire et publier une bio de cette qualité avec toutes les polémiques qui gravitent, malheureusement, autour de Bertrand Cantat et le groupe. Ecrire aujourd’hui un livre sur Noir Désir ne reviendrait-il pas à se coller une cible dans le dos?
Léonel : A ceux qui me prennent pour leur cible, qu’ils ajustent bien leurs flèches et m’éliminent pour voir… Sérieusement, je pense qu’à l’heure d’une rétraction de la liberté de créer, de la liberté de s’exprimer, d’écrire et d’aller visiter les zones d’ombre, les fêlures, les tiraillements, les souterrains de l’Humanité, il ne faut pas lâcher. Camion Blanc est garant de cette liberté, et c’est pourquoi j’ai signé avec eux. Le problème n’est pas tant cette masse informe de moralistes et de petits juges sans titres, c’est une forme de soumission de certains circuits de diffusion des livres. Même si beaucoup jouent le jeu, des libraires ont refusé de mettre cette bio dans les rayonnages. Je peux comprendre la libération de la parole des femmes victimes de violences sexistes et sexuelles, mais quel rapport avec un livre consacré à un groupe ? Je le répète, il ne devrait pas y avoir de listes noires des livres édités. Un ouvrage qui ne respecte pas la vie privée, qui calomnie, qui incite à la haine, qui pousse au crime, c’est un ouvrage qui tombe sous le coup de la loi. Ce n’est absolument pas le cas de mon livre. Il contient, entre autres, un chapitre sur l’œuvre de Serge Teyssot-Gay, une œuvre colossale qu’il a réalisé en solo ou avec une multitude d’autres artistes. Est-il condamnable lui ? N’a-t-il pas le droit qu’on lise un livre qui le met en exergue. De même pour tous les autres membres. Sans exception. Je n’évite aucun sujet.
RAN : As-tu été contacté ou remercié par Bertrand Cantat? Est-il au courant pour cette bio?
Léonel : La bio lui a été envoyée par mon éditeur. Je n’ai pas eu de retour.
RAN : On parle un peu musique? A quelle époque as-tu découvert Noir Désir ? Et comment ?
Léonel : Honte à moi, mais j’étais très jeune, un ado boutonneux, j’ai entendu Noir Désir à la radio : « Aux sombres héros de l'amer ». Par la suite pourtant, bien que j’étais punk puis raver, j’étais attentif à leurs sorties d’album. Je les ai vus en 1991 en concert. Cantat était à fond, énergique, bondissant. J’ai toujours gardé ce concert en souvenir. Par la suite, c’est avec Tostaky que j’y suis revenu avant de m’en désintéresser jusqu’à leur dernier album que j’ai adoré (du moins une bonne moitié des morceaux). Si j’ai écrit une bio équilibrée, c’est aussi parce que je n’ai jamais été un fan pur et dur de ce groupe. J’aimais certains morceaux et ça s’arrêtait ça. J’avais tout de même trois de leurs albums dans ma discothèque perso.
RAN : Quelle est ta période préférée du groupe, s’il y en a une bien sûr ?
Léonel : Comme je l’ai dit plus haut, c’est l’époque de Tostaky puis le dernier album qui sont pour moi les deux périodes-phare du groupe. Mais en écrivant la bio, je me suis plongé dans des albums que j’avais zappés. Il y a des pépites tout au long de leur carrière en fait.
RAN : Cantat a lancé Détroit, et s'est aussi lancé en solo avec son album « Amor Fati ». Comment trouves-tu son retour artistique?
Léonel : Le projet Détroit est d’un très bon niveau mais Amor Fati est sans doute au-dessus. Il y a de la maturité, un lissage de ses paroles qui tend à les rendre plus profondes. J’ai trouvé cet album très bon même si pour moi, ça n’est pas ce que j’écoute tous les jours.
RAN : Après avoir parlé de Post Mortem, on va parler un peu de toi. Tu vas lancer cette année ta propre maison d'édition, Burn Out. Peux-tu nous en parler ?
Léonel : Les éditions Burn-Out seront une structure associative. L’objective est de publier des auteurs plutôt underground et qui portent en eux et dans leurs textes cette sensation étrange que nous vivons une époque qui a des airs de fin des temps. Nous limiterons les publications à deux-trois livres par an et j’espère pouvoir porter cet état d’esprit lors de soirée Burn-Out organisées à Paris dans un premier temps. C’est Pascal Dandois, un écrivain et un dessinateur exceptionnel qui sera à l’honneur pour commencer. Concernant mes projets personnels, je suis à l’écriture d’un gros livre sur la musique, encore une fois, mais je n’en dirai pas plus pour l’instant. J’ai deux romans en cours d’écriture et un recueil de nouvelles à paraître. Et d’autres projets à gogo !
Léonel Houssam
Merci Léonel d'avoir répondu à nos questions.
Retrouvez "Post Mortem" de Léonel Houssam, aux éditions du Camion Blanc, ici, au prix de 32€, pour 458 pages de bonheur.
Moins d'une semaine après la sortie de leur premier album intitulé "Who Are The Girls?", les anglaises de Nova Twins sont parties à la conquête de l'Europe, et ont commencées cette tournée en nous offrant 11 dates en France, dont une à la Cartonnerie de Reims le 05 mars dernier.
Formé à Londres en 2014, par Amy Love au chant/guitare et Georgia South à la basse, les Nova Twins n'ont pas peur de mélanger différents styles comme le punk, le rap, le ragga, et nous balacent des sons synthétiques, qui feraient penser à de la drum and bass ou même à du dubstep. Si vous êtes fan de gros sons fracassants, vous allez adorer les Nova Twins et leur premier album, et nous vous conseillons vivement d'aller les voir sur scène si elles passent près de chez vous.
Le début de soirée a été ouvert par les Hermectic Delight, le concert était sympa, et ils nous ont offert une belle cover de Mark Lanegan en fin de set. Mais, c'est belle et bien les Nova Twins qui étaient attendues ce soir, et il aura fallu attendre le dernier single en date, Taxi, pour que le public rémois s'embrasse. Les gros sons de basse envoyés par Georgia tout au long du concert, nous ont vraiment régalés en nous scotchant littéralement avec un jeu de basse fluide mais puissant à la fois, avec des effets de ouf contrôlés avec une batterie de pédales montées les unes sur les autres.
Le concert a vraiment été énergique et a passé à une vitesse folle, tellement l'énergie était positive entre les anglaises et le public. Les Nova Twins nous ont offerent tout leur répertoire en intégralité ce jeudi 05 mars 2020 à la Cartonnerie de Reims. Rythmique en béton, guitare acérée, chant rap agressif et un son de basse vraiment énorme, font de ce duo un groupe explosif de punk afro urbain ultra moderne, qu'il faut voir absolument en concert. Et ce qui est sympa avec ces concerts là, c'est que vous pouvez vous retrouver au merchandising à discuter avec le groupe après le concert.
L'after show a été assuré par Dj Bad Apache, avec un bon très bon dj set passant des Clash avec Guns Of Brixton, aux Breeders avec leur méga hit Canon Ball, et nous a même passé le Toxic de Britney Spears qui s'est très bien mélangé au set. Bref, une bonne soirée comme on les aime.
Tel le premier voilier de Jack London, le premier album des bordelais de Blackbird Hill se nomme "Razzle Dazzle", et vous fera voyager à travers ses 10 titres qui, à la fin de l'écoute, vous amèneront dans un univers unique, celui des Blackbird Hill et de leur blues teinté de rock. Passionnés de littérature, épris de liberté et bien évidemment de blues, Maxime - guitariste / chanteur - et Théo à la batterie sauront vous conter leurs nouvelles en musique.
Photo : Bac Chus
Sorti en avril dernier, le single "On The Rocks" - dont le clip a été filmé sous un ciel bleu comme l'azur dans le cadre exceptionnel des Carrières de Frontenac - ouvre l'album avec un bon blues/rock bien fuzzy comme on les aime.
S'ensuit le magnifique "Watery Eyes" qui vous plonge directement au coeur de l'univers des Blackbird Hill avec ses guitares slydantes, que vous pouvez découvrir en live session ci-dessous.
Le duo enfonce le clou avec "Smoke And Mirrors", qui est peut-être mon titre préféré de l'album, avant de nous envoyer le très épuré "Wreckage", avec Maxime et son banjo. Puis l'album enchaîne sur "Cut The Boards", qui nous fait revenir sur un titre dans la même veine que "Watery Eyes" et "Smoke And Mirrors", avec un très bon blues/rock, et un magnifique solo en fin de piste, qui se termine en fondue, et qui, malheureusement, vous laissera sur votre fin. Pour connaître la fin de "Cut The Boards", il faudra donc, se rendre à l'un de leurs concerts.
Voici pour la première face du vinyle, ou première partie du cd. Cela dépendra du format que vous allez choisir pour votre exemplaire de ce très bon album. Donc, nous vous laissons découvrir cette 2ème partie par vous-même, qui est toute aussi sublime que la première, et le single "To & Fros", sorti l'année dernière, en fait évidemment partie.
"Razzle Dazzle" est un album sensible et sauvage à la fois, dégageant des émotions fortes qui vous prendront aux tripes tout au long de ses 40mn d'écoute magnifiquement orchestrées. Donc, si vous aimez la musique chargée en émotions, "Razzle Dazzle" est un album que vous devez posséder à tout prix dans votre discothèque.
Photo : FB Blackbird Hill
Les Blackbird Hill étaient en novembre dernier à la Boule Noire de Paris en première partie de Brother Dege, dont vous devez sûrement connaître le titre "Too Old To Die Young", qui figure sur la BO du film de Tarantino, "Dgango Unchained". Ils seront en concert le 7 mars, chez eux au Krakatoa de Mérignac, mais aussi, le 3 avril au Supersonic de Paris, pour leur release party en compagnie de Steve Amber et SBRBS en premières parties.
Après avoir sorti deux EP, le premier "Songs To Keep The Devil Busy" en 2015, et "Midday Moonlight" en 2017, sous une première formation, les Blackbird Hill nous gâtent avec un album 10 titres qui n'est pas prêt de vous lasser. "Razzle Dazzle" est décidément un grand album digne de ce nom illustre.
Bref, on adore !!!
L'artwork remarquable, est signé par Vincent Hébet, et il vous faudra avoir le précieux sésame entre les mains, pour découvrir toutes les subtilités de la pochette.
"Voici comment se cacher à la vue de tous,
Exister maintenant et disparaître à la fois"
La note de Gian : 9/10
"Razzle Dazzle" des Blackbird Hill sort le 21.02.2020 chez Lagon Noir
Tracklist :
On The Rocks Watery Eyes Smoke And Mirrors Wreckage Cut The Boards Wade In Black Water To & Fros Two Wolves The Tide Breezing Away
Après des concerts à La Boule Noire, à Rock en Seine et au Nouveau Casino en 2019, le groupe dublinois The Murder Capital donnaient un nouveau rendez-vous au public parisien au Café de la Danse.
Une première partie surprenante mais hyper sympathique avec l’original Junior Brother. On s’amuse d’abord des dissonances puis on en vient à les apprécier finalement. Junior passe son temps à accorder(désaccorder) sa guitare. Sa façon de chanter aussi est particulière. Une prestation pas banale par un personnage pas banal et attachant. En tout cas elle a suscité l’intérêt et l’approbation d’une partie du public, l’autre s’employant à discuter bruyamment sans respect pour l’artiste et les autres membres de l’auditoire. Petit message à ceux qui discutent en parlant fort pendant une prestation : si ça ne vous plaît pas, dégagez et n’emmerdez pas les autres, c’est un tel manque de respect que vous méritez des coups de pied au cul ! Bon c’est dit et ça fait du bien !
Après la traditionnelle pause et sa bande son très éclectique, les roadies terminent la mise en place de la scène par la mise sous tension des instruments qui, judicieusement placés devant les amplis, génèrent des effets larsen visiblement, ou plutôt auditivement, bien étudiés. Cela augure du meilleur. Sur cette harmonieuse cacophonie, les musiciens de The Murder Capital déboulent sur scène et, sans plus de procès, empoignent leurs instruments et commencent une curieuse danse avec ceux-ci avant d’entamer les premières notes de « More Is Less ».
James, en dernier comme à son habitude, débarque alors sur scène. Les musiciens sont en constant mouvement, tournoyant sur scène. James McGovern nous jette les paroles de la chanson à la figure comme il sait si bien le faire. C’est puissant, fort, sans concession. Et ça fait mouche. Le regard de James, intense, ferait presque peur, tout comme la façon dont Gabriel Paschak Blake, le bassiste, vient se planter devant le public. Tout cela est probablement un peu joué, mais c’est aussi ce qui fait le charme et l’intérêt du groupe. Nous avons affaire à des personnes adorables qui, sur scène, ressembleraient presque à des psychopathes. James finira la chanson parmi le public. C’est ensuite Diarmuid Brennan qui débute à la batterie un de mes titres préféré du seul album sorti par The Murder Capital, « Green And Blue ».
C’est incontestablement Diarmuid le centre d’intérêt sur ce titre très post punk pour le coup, avec ce riff de batterie sublime, qui n’est pas sans rappeler Joy Division. C’est d’ailleurs lui qui clôture le titre comme il l’avait commencé, presque seul. Le rythme ralenti un peu, mais tout devient atmosphère assez fascinante sur les deux titres qui s’enchaînent et n’en font qu’un en fait, « Slow Dance 1 » et « Slow Dance 2 », pendant lesquels on passe de l’ombre à la lumière dans un crescendo musical qui prend aux tripes. On se laisse porter par cette musique envoûtante. James et Gabriel sont tête contre tête. La connivence entre ces deux musiciens est flagrante. James prend alors la parole pour introduire la chanson suivante « On Twisted Ground ». Cette superbe chanson, pleine d’émotion, n’est en effet interprétée quasiment qu’à la basse. Elle a été composée par James en souvenir d’un de ses amis qui s’est suicidé. James y met donc toute son âme et on le ressent. On n’ose pas perturber, faire de bruit, on retiendrait presque son souffle là où je suis, quasiment au pied de James. Le public reste silencieux au point qu’on entend parfaitement le souffle de James dans le micro qui ponctue la chanson. Le public est sous le coup de l’émotion qu’ont transmis les musiciens. Mais on n'a pas le temps de redescendre car le groupe enchaîne avec « Love Love Love ».
On est dans l’expérimentation sonore, presqu’à la Blixa Bargeld, les deux guitaristes sont parfois plus affairés sur leurs pédales d’effet que sur les cordes de leurs guitares. Indéniablement, tout cela est vraiment travaillé et fait l’originalité incontestable de ce groupe. Même s’il peut faire penser au post punk, et notamment à Joy Division par moment, le son est finalement très personnel au groupe, et ne ressemble pas forcément à des choses déjà entendues. Après ce moment d’accalmie, place à nouveau aux chansons qui pulsent bien. Et ça commence avec « For Everything » qui remet le public en mouvement, suivie de « Don’t Kling To Life » qui le fait s’agiter plus sérieusement. Le final du set sera « Feeling Fade ».
Au début de la chanson, James fait s’accroupir tout le monde, écarte les bras pour que nous restions ainsi jusqu’au moment libérateur ou tout le monde saute. Et c’est la folie dans la fosse. Le premier crowd surfing fait son apparition, Gabriel fait mine de jeter sa basse, tous les musiciens semblent rentrer en transe. Le public aussi du coup. Et finalement James se jette dans le public et se laisse porter jusqu’à la fin de la chanson. C’est là que réside l’intérêt de The Murder Capital, de mélanger une musique atmosphérique avec des soubresauts de violence à la limite du punk. Mais rappelons-le, The Murder Capital n’est pas un groupe punk, il a son indéniable originalité qui le rend difficile à classer. Ce qu’on peut affirmer par contre, c’est que les sets sont d’une puissance, d’une force émotionnelle incomparables. Il n’y aura bien évidemment pas de rappel. Et l’ensemble de l’auditoire prend un peu de temps pour redescendre et se remettre de cette expérience d’un peu moins de cinquante minutes. Court mais intense ! Nous avions déjà été impressionnés lors de leur prestation à Rock en Seine, mais rien à voir avec ce set dans une salle qui se prête bien mieux à leur musique et l’ambiance qu’ils créent. Nous serons là pour leur prochain concert, c’est une certitude!
Setlist :
1. More Is Less
2. Green And Blue
3. Slow Dance 1
4. Slow Dance 2
5. On Twisted Ground
6. Love Love Love
7. For Everything
8. Don’t Cling To Life
9. Feeling Fades
Les 9 psychopathes échappés d'un hôpital psy de Des Moines au milieu des 90's, sont arrivés en Europe pour la promo de leur dernier album We Are Not Your Kind, avec une tournée de près de deux mois, qui a débuté le 14 janvier à Dublin, et qui s'achèvera le 24 février à Helsinki.
Ce soir, nous sommes à la Rockhal, salle mythique du Luxembourg, d'une capacité de 6500 places, et le concert de ce soir est sold out.
Les polonais de Behemoth ont été invités à ouvrir tous les concerts de Slipknot sur la tournée européenne. Et, il est vrai que même si vous n'êtes pas fan de Black Metal, le groupe ouvre parfaitement la soirée avec un set gavé de Satanisme et d'effets en tout genre, qui en ferait frissonner plus d'un.
21H, le For Those About The Rock d'AC/DC résonne dans les 2 colonnes de plusieurs dizaines de milliers de watts de chaque côté de la scène qui a été dissimulée derrière un grand drap pendant le démontage du matos de Behemoth. Le morceau n'ayant pas eu le temps de se terminer qu'une déflagration résonne et fait sursauter pas mal de spectateurs, le grand drap portant le nom du groupe tombe avant de s'envoler en 3 secondes. Le concert commence comme le dernier album avec le Insert Coin et enchaîne bien évidemment sur le méga single Unsainted, le groupe arrive petit à petit sur une scène remplie d'écrans. Il aura fallu attendre le premier refrain pour que le public commence à se déchaîner sur les premiers pogos.
Avec une journée de repos entre le concert donné à Paris le 30 janvier et celui de ce soir, Slipknot est en grande forme, et la voie de Corey est parfaite. A peine Unsainted terminé qu'ils enchaînent avec Disasterpiece et Eeyore, titre particulièrement violent de moins de 2mn qui nous envoie une cascade de colère au travers de la voie de Corey et les autres membres du groupe qui sautent dans tous les sens.
Retour sur le dernier album avec un Nero Forte survitaminé et un Tortila Man complément disjoncté, qui rempli son rôle à merveille derrière ses fûts mais aussi aux choeurs. A peine le temps de souffler que Before I Forget résonne dans la Rockhal.
Le temps d'une intervention entre deux morceaux, Corey souhaite la bienvenue à tous les nouveaux qui voient Slipknot pour la première fois en concert : "Now, you are in fucking Slipknot family", et nous annonce que le groupe sera là encore pour de très nombreuses années.
Après deux morceaux pour se reposer (si on peut le dire) avec Sloway Firth et Vermilon, Slipknot nous remet encore une grosse claque avec Birth Of Cruel et enchaîne avec deux titres de leur premier album (qui a fêté ses 20 ans l'année dernière), Wait And Bleed et Eyeless avant de terminer le set avec All Out Life, titre sortie l'année dernière et qui se trouve juste sur la version japonaise de We Are Not Your Kind avant le magnifique Duality.
Le groupe joue tout à fond ce soir, et mention spéciale à Tortila Man et Gaz Man #0 qui me met sur le cul avec sa gestuelle et son nouveau costume. Jay (fils du batteur de Springsteen, pour ceux qui ne le savent pas), d'à peine 29 ans et membre de Slipknot depuis 2014 défonce tout sur son passage avec une frappe millimétrée et plus rapide que son ombre.
Le son a l'air mieux que celui entendu à Paris deux jours auparavant, mais il est vrai qu'il manquait un peu de basse. Chose qui sera rectifiée pour un rappel grandiose, avec Sic, People = Shit et Surfacing.
Qui aurait cru que Slipknot aurait toujours été toujours présent 25 ans après sa formation en 95? Pas même le groupe. Il est vraie qu'ils nous montrent avec cette tournée qu'ils sont l'un des groupes de metal les plus importants de ces 20 dernières années, et pour ma part c'était peut-être mon premier concert du groupe mais sûrement pas le dernier, comme le disait Corey, je fais partie de leur Fucking Family maintenant.
Setlist :
For Those About to Rock (We Salute You)(AC/DC song)
Insert Coin
Unsainted
Disasterpiece
Eeyore
Nero Forte
Before I Forget
New Abortion
Psychosocial
Solway Firth
Vermilion
Birth of the Cruel
Wait and Bleed
Eyeless
All Out Life
Duality
Encore:
742617000027
(sic)
People = Shit
Surfacing
'Til We Die
Merci à la Rockhal de m'avoir transmise la setlist via setlist.fm